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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:04

26 Avril 2011


Dans le précédent article nous avons évoqué la radioactivité naturelle, dans laquelle le Radon joue un rôle important.


Depuis les débuts de l’ère industrielle, d’autres sources de radioactivité sont venues s’ajouter aux rayonnements ionisants naturels cosmiques et telluriques, créant un risque supplémentaire de santé publique, et nécessitant de ce fait une attention particulière des organismes de santé.


Les nombreux produits ou résidus de traitement porteurs de radiations ionisantes sont appelés TENORM ( Technologically Enhanced Naturally Occuring Radioactive Materials).


Il s’agit donc d’éléments traces naturellement radioactifs présents dans la Terre, qui se retrouvent après extraction et traitement, parfois à l’état concentré, dans des produits de consommation et/ou dans des déchets. Ils viennent donc augmenter les taux de radioactivité naturelle, parfois de manière alarmante si leur présence n’est pas détectée et s’ils ne sont pas traités en tant que déchets radioactifs.


La liste des sources possibles de pollution radioactive est longue. Certaines de ces sources sont aujourd’hui interrompues, mais les déchets résultant de leur exploitation subsistent et doivent donc être pris en compte, eu égard à la durée de vie très longue de ces éléments.


Citons quelques-unes des principales sources sur lesquelles nous reviendrons en détail:


- La fabrication des engrais phosphatés.


  Le minerai ( roche phosphatée) est traité à l’acide sulfurique pour obtenir de l’acide phosphorique à partir duquel sont fabriqués les engrais phosphatés. La radioactivité naturelle du minerai est de l’ordre de 5000 Bq/Kg dans le bassin méditerranéen, due aux séries Uranium-Thorium- Radium. Cette radioactivité est donc amenée à la surface et se retrouve dans les produits ( engrais) et dans les déchets. Le déchet principal est le phosphogypse, anciennement rejeté dans la mer et plus récemment stocké à terre sous forme de terrils non sécurisés.


La fabrication d’une tonne d’acide phosphorique donne cinq tonnes de phosphogypse, dont des quantités considérables ont été déversées en mer ou entassées sur terre, constituant des déchets classés très faiblement radioactifs, ce qui est un abus de langage.


- La filière des minéraux lourds et des terres rares.


Thorium, Zirconium, Ilménite, Rutile, leucoxène, Monazite, Cérium, etc..


Ces éléments sont extraits de minerais radioactifs, cette radioactivité se retrouve tout au long de la chaîne de traitement, à des doses non négligeables. Il sont inclus sous forme d’alliages dans de très nombreux produits comme les abrasifs, céramiques, émail, peintures, papier, dentifrices, alliages dentaires, bijouterie, la liste est immense.


Leur nocivité dépend évidemment de l’emploi du produit final qui conditionne l’exposition à des doses plus ou moins fortes.


- La filière du thermalisme.


  La directive 96/29 Euratom identifie le thermalisme comme une activité professionnelle soumise à des sources naturelles et renforcées de radioactivité.


La contamination s’effectue par l’inhalation des gaz radioactifs, l’exposition aux rayons gamma, l’application des boues thermales, l’absorption des eaux curatives.


Le radon est abondant dans les établissement de thermalisme, qui sont normalement soumis à un diagnostic obligatoire.


Sont également concernées:


- La filière des eaux potables.


- La filière des eaux minérales et eaux de sources.


- La filières des eaux usées.


- La géothermie.


- La filière gaz.


- La filière pétrole.


- La filière charbon.


- La filière biomasse.


- La filière papèterie.


- La filière matériaux de construction.


Chacun de ces secteurs contribue, par des petites doses cumulées, à l’élaboration d’un environnement radioactif finalement nuisible à la santé.


Les organismes de santé publique se préoccupent certes de règlementations et de contrôles, mais la tâche est démesurée. D’autant plus qu’au phénomène de radioactivité vient s’ajouter le facteur aggravant des nanoparticules. Les éléments traces radioactifs se présentent la plupart du temps sous forme de nanoparticules, ce qui a pour effet de démultiplier leur facteur de nuisance.


Nous n’avons pas évoqué la filière des centrales nucléaires, qui apporte son lot de rayonnements ionisants, car elle est connue et occupe le devant de la scène.


Mais c’est l’arbre qui cache la forêt….



 

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