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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 17:03

25 Mars 2011


Donc nous consommons 156 Mtep d’énergie finale, et les énergies renouvelables n’en fournissent que 20, dont 14 sont l’hydraulique et le bois-énergie.


Deux tâches nous attendent par conséquent:


D’une part, développer fortement la production d’énergies renouvelables, car il ne suffit pas d’en parler pour les voir croître spontanément. Aujourd’hui le mouvement est lancé, mais nous avons beaucoup de retard par rapport à nos voisins, retard dû à de nombreux atermoiements et surtout au mirage du nucléaire.


D’autre part, il serait souhaitable de réduire drastiquement notre consommation, car le niveau actuel dépasse de beaucoup les potentialités des énergies nouvelles. En effet, l’hydraulique et le bois-énergie présentent peu de potentiel de croissance.


Depuis l’année 2 000 , notre consommation annuelle d’énergie finale demeure constante, à 155-160 Mtep.


On n’observe donc aucune tendance à la décroissance, malgré la crise qui est censée exercer un effet modérateur sur les besoins.


Les planificateurs européen ont bien programmé une baisse de 20% de la consommation énergétique pour 2020, mais sans donner la recette pratique.


Et pourtant, de gros efforts ont déjà été entrepris, qui ont porté leurs fruits:


- Réduction de consommation des logements:


   365 KWh/m2 en 1973


   215 KWh/m2 en 2005, soit - 41%


- Généralisation des éclairages basse consommation.


- Réduction ( légère) de consommation des véhicules.


- Démarrage ( timide) des énergies renouvelables.


- Amélioration des rendements industriels.


Par contre, dans le même temps, la société a évolué:


- Généralisation de la climatisation dans les véhicules, et accroissement de leur poids, ce qui annule le bénéfice d’une amélioration des rendements moteurs.


- Augmentation de la surface moyenne des logements (résidences principales), donc besoins supplémentaires d’énergie.


- Accroissement du nombre de propriétaires de leur logement ( On consomme davantage d’énergie qu’en location).


- Multiplication des appareils domestiques, gros consommateurs d’énergie.


- Débauche de consommation de matériel multimédia.


- Débauche de consommation dans l’éclairage public, qui pourrait être fortement réduit.


- Pas de politique volontariste de développement des transports collectifs.


- Peu de covoiturage.


- Généralisation du deuxième véhicule.


A cela bien sûr il faut ajouter les effets de la croissance, même faible, qui tire naturellement vers le haut les besoins énergétiques. Sans oublier l’augmentation  de la population, 0,65%/an en métropole.


Il semble donc illusoire d’attendre une diminution significative et rapide de la consommation d’énergie dans le contexte actuel, c’est un souhait qui relève de la pensée magique. Le monde réel obéit rarement aux incantations.


Les recommandations, les exhortations, les menaces, les règlementations, les diagnostics, la persuasion, ne réussissent manifestement qu’à stabiliser le niveau des besoins, stabilisation en grande partie due à la crise.


Les indicateurs réalistes laissent penser que cette situation perdurera au moins jusqu’en 2020. Le souhait européen d’une réduction de 20% des besoins a très peu de chance d’être exaucé, au moins en France.


Parmi les énergies renouvelables, le solaire thermique et photovoltaïque, et l’éolien, ont un fort potentiel de croissance. En France, l’hydraulique est quasiment saturé, le bois-énergie aussi car son cycle de renouvellement est très long, les biocarburants sont contestés car ils concurrencent les cultures alimentaires, la géothermie est locale. Il reste les déchets renouvelables et les pompes à chaleur.


Le solaire, l’éolien et les pompes à chaleur ont fourni  en 2009 environ 1,7Mtep.


En leur supposant un taux de croissance à la limite du raisonnable, ils pourraient fournir 30 Mtep en 2020.


Il faudrait alors trouver de l’ordre de 130 Mtep supplémentaires pour compléter nos besoins.


Cet apport ne pourra être fourni que par les énergies traditionnelles fossiles et/ou le nucléaire.


Une sortie trop hâtive du nucléaire aurait comme conséquence une augmentation des importations de pétrole et de gaz. Ce qui n’est bon ni pour la balance du commerce extérieur, ni pour les émissions de CO2.


Quoi qu’on puisse penser par ailleurs du nucléaire.


Quant à ce qui se passera après 2020, nous avons quelques années pour nous y préparer….



 


 


 


 

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