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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:06

23 Mars 2011


En 2009, la France a consommé 156 Mtep ( Energie finale ), ou encore 1800 TWh en unités électriques, toutes énergies confondues.


Dans ce mix énergétique, les énergies renouvelables participent pour environ 20 Mtep, soit 12,6%.


Encore faut-il remarquer que dans ces 20Mtep figurent les énergies renouvelables traditionnelles qui sont l’hydraulique ( 4,9 Mtep) et le bois-énergie ( 9,1 Mtep).


Les énergies renouvelables « modernes » :


Pompes à chaleur.


Eolien.


Résidus agricoles.


Déchets urbains renouvelables.


Biogaz.


Biocarburants.


Géothermie.


Solaire thermique.


Solaire photovoltaïque.


Ne figurent que pour 6 Mtep, soit 3,75% du total.


( Sources SOeS environnement ).


La prise de conscience du réchauffement planétaire, lié à l’effet de serre, a conduit à un consensus autour de la nécessité de maîtriser les émissions anthropiques de dioxyde de carbone, essentiellement liées à l’utilisation des combustibles fossiles carbonés.


En conséquence logique, le programme de développement énergétique mondial doit intégrer une baisse  progressive de la part de ces combustibles dans le mix énergétique, jusqu’à l’abandon total à une échéance de la fin du présent siècle.


Ce choix vertueux et délibéré nous est par ailleurs imposé par la perspective de  l’épuisement inéluctable des réserves de ces produits.


La France n’échappe évidemment pas à la nécessité d’intégrer ce programme de restrictions dans ses plans de développement énergétique.


La stratégie logique de retrait des énergies fossiles non renouvelables carbonées doit tenir compte de l’importance relative des différents combustibles:


D’abord le charbon, qui est le plus polluant en terme d’émissions de CO2, de suies et de nanoparticules. Malgré des réserves mondiales très abondantes, il serait contraire au consensus planétaire de continuer à l’utiliser.


En France, la consommation annuelle de charbon est inférieure à 10 Mtep, en voie d’extinction.


Ensuite le pétrole, second dans l’ordre des polluants, dont l’abandon sera de toutes manières imposé par l’épuisement des réserves avant la fin du siècle.


Enfin le gaz naturel, car c’est le moins polluant, et qu’il dispose de réserves abondantes. Il aura donc droit à un sursis de quelques dizaines d’années.


A côté de cette nécessaire stratégie d’abandon progressif des énergies fossiles carbonées, une autre stratégie est actuellement en débat de par le monde. Il s’agit de la stratégie à adopter vis-à-vis des utilisations civiles de  l’énergie nucléaire.


Il y a aujourd’hui de par le monde 438 réacteurs nucléaires terrestres civils, auxquels il faut ajouter 400 navires à propulsion nucléaire.


Les centrales nucléaires électriques produisent 14% de l’électricité mondiale ( 2009 ).


En France, cette proportion est de 78%.


Il existe un lobby anti-nucléaire très actif, qui fonde ses revendications sur trois inconvénients de cette filière:


- Le risque d’accident majeur, confirmé s’il en était besoin par les récents évènements.


- L’impossibilité de traiter aujourd’hui les déchets radioactifs.


- Le risque de dissémination de la technologie, augmentant l’éventualité d’attentats terroristes et/ou de contamination de l’environnement.


Ces inconvénients étant bien réels, on peut imaginer que soit prise la décision d’abandon progressif du nucléaire civil.


Dans cette hypothèse extrême, mais envisageable, la totalité des besoins énergétiques devraient être satisfaits par des énergies renouvelables et propres:


- Eolien.


- Solaire thermique.


- Solaire photovoltaïque.


- Hydraulique.


- Géothermique.


- Pompes à chaleur.


- Bois-énergie.


- Déchets renouvelables.


Aujourd’hui , en France, ces énergies représentent 20 Mtep , les besoins totaux d’énergie s’élevant à 156 Mtep.


Cet écart d’échelle montre à l’évidence que le basculement, s’il est possible, ne peut être que très progressif, avec une échéance qui se situerait quelque part autour du milieu du siècle.


En effet, il ne serait pas pertinent de chercher à trop accélérer le basculement car le risque serait grand de déstabiliser les structures de la société, et de remplacer un problème gérable par un autre problème dont la solution nous échapperait complètement.


Le passage du gué sera difficile à négocier. On attend des Etats qu’ils mettent en place des stratégies claires et pérennes, afin de permettre aux industriels de développer les filières de remplacement dans un cadre favorable aux initiatives et à la création d’entreprises.


En France, la stratégie n’est pas clairement définie, l’Etat n’a pas encore choisi le cheval sur lequel il devra parier pour avoir une chance de gagner le grand prix de 2050. Entre le nucléaire et les énergies nouvelles, il faudra pourtant faire le choix.


Aujourd’hui nos responsables donnent l’impression de vouloir jouer en champ total, au moins durant une période d’observation jusqu’en 2020.


Peut-être une sage décision ?



 


 


 


 


 


 


 

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