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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 12:28

11 Mai 2011


Journellement les spécialistes de la spécialité nous entretiennent du futur catastrophique de notre civilisation à cause de l’extinction des sources d’énergie.


Ce pessimisme ambiant est créé grâce à une confusion abusive entre les réserves d’énergie disponibles et l’usage qui en est fait. Confusion que certains entretiennent pour en tirer profit.


Il est temps de rectifier cette imposture.


Il n’y a pas, et il n’y aura jamais pénurie d’énergie.


L’énergie solaire annuelle moyenne rayonnée sur notre territoire est de


1 300 KWh/m2/an ( source ADEME ).


La technologie actuelle de capteurs hybrides permet de transformer cette énergie avec un rendement opérationnel de 50%.


Il est donc, dès aujourd’hui, possible de recueillir 650 KWh/m2/an en moyenne annuelle ( partie en électricité, partie en chaleur).


Les documents d’urbanisation du ministère nous indiquent que la superficie totale des sols bâtis en France dépasse 10 000 Km2, soit 1,8% du territoire.


L’équipement de ces surfaces en panneaux hybrides permettrait donc de recueillir, en moyenne annuelle,  6 500 TWh, soit plus de trois fois la consommation finale totale de la France toutes énergies confondues ( 155 Mtep).


Ce pactole étant réparti, selon la technologie choisie ( Power-Therm ou Power-Volt ), entre électricité et chaleur. En optant pour une partition 50/50 il serait donc possible de récolter plus de 3 000 TWh électriques par an, ce qui représente six ( 6 ) fois la consommation française d’électricité.


Où est donc la menace de pénurie ?


Cette menace est dans les esprits.


Notre civilisation, fondée sur le progrès technique, lui-même conditionné par la disponibilité de l’énergie, a développé une technologie, des structures logistiques, des moyens de communications, des habitudes de vie, étroitement dépendants du type d’énergie disponible.


Le charbon, le pétrole, et le gaz, ont permis l’essor de nos sociétés, et constituent encore au XXIè siècle plus de 80% de nos sources d’approvisionnement. L’électricité n’est qu’un sous-produit puisque 90% des centrales électriques fonctionnent avec les combustibles fossiles cités.


( Le cas français est unique au monde et ne constitue donc pas une référence ).


On comprend donc très bien que l’abandon, même progressif, de ces sources d’énergies fossiles bien commodes, représente un bouleversement majeur de l’environnement technologique, des structures logistiques et des habitudes de vie.


On ne peut pas demander aux industriels, aux investisseurs, aux exploitants, aux utilisateurs, à un monde qui vit de, et par, l’énergie fossile, de remettre tout en question au profit d’un système entièrement nouveau, qui n’a pas fait ses preuves, et qui va exiger des investissements colossaux pour la reconversion de la technologie.


Le problème n’est donc pas de trouver de l’énergie, il y en a à profusion, sans même faire appel à l’éolien.


Le challenge est d’adapter notre technologie au type d’énergie disponible, ce qui est complètement différent.


Un quart environ de notre technologie fonctionne à l’électricité. Mais les trois-quarts restants devront être convertis. Ce n’est pas impossible, mais cela demande du temps et beaucoup d’argent.


Aucun des acteurs économiques, aucun des responsables industriels, ne souhaite casser son outil de travail pour plonger dans l’inconnu.


La mutation ne peut se réaliser qu’à l’échelle du demi-siècle au mieux.


La crise de l’énergie n’est pour l’instant qu’une menace. Il en faudra beaucoup plus pour amorcer la révolution énergétique.


Les grands acteurs de l’énergie sont assis sur une technologie qui leur donne satisfaction et leur assure des rentes confortables, le produit est présent, ce n’est pas la frénésie des gaz de schiste qui apportera un démenti.


Le CO2 n’empêche plus personne de dormir.


La première « victime » de la révolution énergétique pourrait bien être le nucléaire.


Cette énergie ne représente que quelques pourcents des fournitures mondiales, elle pourrait être aisément remplacée par du solaire pour peu qu’on se donne la peine de résoudre les problèmes d’adaptation ( stockage de l’électricité ), et tout les ennuis qu’elle nous procure ne valent pas le maigre bénéfice qu’on en retire à l’échelon mondial, sauf pour les fournisseur de réacteurs bien entendu.


D’autant plus que le fameux gaz de schiste est prêt à prendre la relève du nucléaire, et pour bien moins cher….


La mutation vers le solaire exigera de profonds aménagements des structures technologiques:


- L’énergie solaire est disponible de manière intermittente, et doit pouvoir être stockée pour assurer une disponibilité opérationnelle acceptable. Il subsistera toujours un risque d’insuffisance d’approvisionnement dont il faudra tenir compte en adaptant la consommation au flux disponible, et en établissant des règles de priorités. C’est une philosophie nouvelle de la consommation et de l’organisation du travail qui doit être inventée.


- Les réseaux de distribution doivent être repensés pour tenir compte de la multiplicité des sources et de l’irrégularité des fournitures. C’est là que le concept de réseau intelligent prend tout son sens. Il y aura une énergie produite localement pour les besoins courants, avec un recours à un réseau extérieur pour la demande excédentaire.


- Le basculement du moteur thermique vers l’électrique se généralisera, ce qui aura un impact sur la logistique des transports, notamment routiers longues distances.


- Le réseau ferroviaire devra être démultiplié pour accueillir l’afflux des utilisateurs actuel de la route qui se convertiront au rail.


- Ce réseau devra être étendu à une toile d’araignée de lignes secondaires pour desservir tout le territoire.


- Le recours à la voiture pour les déplacements longue distance sera exceptionnel, sauf si une logistique adaptée peut être mise en place pour gérer les véhicules électriques.


- L’habitat devra évoluer pour s’adapter aux nouveaux réseaux de déplacements.


- Il est possible que les déplacements en avion subissent certaines restrictions, ce qui aurait un impact considérable sur le tourisme.


Le passage à l’énergie solaire ne se fera donc pas sans soubresauts, qui ne seront pas acceptés sans réticence. Il s’agit d’un choix qui entraînera des bouleversements très importants de nos modes de vie, avec un impact économique aujourd’hui imprévisible.


Il faudra bien le siècle pour digérer la pilule…



 


 


 


 


 



 


 


 


 


 


 

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