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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 16:28

23 Avril 2011


le problème énergétique est de plus en plus au cœur des préoccupations politiques. La décennie écoulée a mis en évidence la nécessité d’une redistribution des cartes tenant compte d’un certain nombre d’éléments nouveaux:


- Le changement climatique, directement associé à la consommation sans mesure des énergies fossiles carbonées.


- La remise en question de l’imminence de l’épuisement de ces mêmes énergies, dont la disparition était annoncée pour 2050, et qui se voient prolongées au moins jusqu’à la fin du siècle.


- La découverte des hydrocarbures de roche mère ( gaz et huiles de schiste), dont l’exploitation est un facteur d’indépendance énergétique.


- L’émergence des énergies renouvelables solaire et éolienne, dont la mise en œuvre rencontre des obstacles financiers et environnementaux.


- L’hostilité des populations envers l’énergie nucléaire civile, qui remet en question les projets d’évolution vers les générations III et IV.


- L’augmentation structurelle du prix des énergies fossiles carbonées, liée pour partie à l’accroissement des coût d’exploitation, et pour partie à un accroissement de la demande des pays émergents.


- La perspective de recours massif au charbon pour pallier le manque de pétrole à bas Coût.


- La nécessité de développer la stratégie CSC ( Capture et Séquestration du Carbone) pour limiter l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique.


- La nécessité pour les Etats de minimiser leur dépendance énergétique face à l’accroissement des coûts.


- L’émergence des biocarburants, également facteurs d’indépendance énergétique.


- Le développement des applications modernes de la biomasse et du bois énergie, toujours dans la ligne de la recherche d’indépendance énergétique.


- La généralisation des programmes d’économie d’énergie, par la mise en œuvre de diverses stratégies:


- Isolation thermique des locaux existants.


- Procédés nouveaux de construction de bâtiments peu énergivores.


- Remplacement des systèmes de chauffage anciens peu performants.


- Amélioration des rendements des procédés industriels.


- Gestion intelligente des réseaux ( Smart Grid).


- Modernisation des réseaux de transport.


- Etc….


La prise en compte de ces éléments nouveaux nécessite des investissements colossaux. Il serait inefficace de vouloir tout faire dans le désordre.


Chaque décision comporte des conséquences budgétaires, environnementales, économiques, sociales, dont la prise en compte nécessite une approche globale pour éviter les effets pervers de choix contradictoires et/ou rejetés par l’opinion.


La situation actuelle permet déjà de mettre en évidence certains obstacles auxquels nous seront confrontés dans nos tentatives de réorganisation de la filière énergétique:


- L’Etat avait le projet de développer la filière nucléaire civile afin de garantir au moins nos fournitures électriques. Des programmes importants sont en cours dans ce but, la filière EPR ( Génération III), et les projets internationaux de la génération IV.


Eu égard au mouvement d’opinion anti nucléaire, renforcé par l’effet désastreux de la catastrophe de Fukushima, ce projet risque de se voir remis en question. C’est donc 80% de nos fournitures électriques qui se trouvent plongées dans l’incertitude à moyen terme, avec la perspective de devoir procéder à un changement de portage de l’électricité vers des sources d’énergie comme le gaz naturel, c’est-à-dire en contradiction avec les programmes de réduction du CO2.


Une situation inextricable….


- Le développement des énergies nouvelles se heurte à trois obstacles:


L’éolien, comme le photovoltaïque, utilisent des matériels fabriqués en série, et standardisés au niveau mondial. Pour être compétitifs sur ce marché, il faut donc posséder une assise commerciale mondiale. La France est très mal placée sur ce terrain, et ne peut rivaliser avec la concurrence chinoise ou asiatique ( personne n’ignore la faiblesse de nos industries de consommation). L’importation massive de ces matériels se traduit par un déséquilibre de la balance du commerce extérieur, qui vient s’ajouter à celui des importations d’énergie.


Compte tenu du faible tarif public de l’énergie électrique en France ( nous parlons de tarif et non de coût), les énergies nouvelles ne sont pas compétitives, la parité se situant à un niveau deux à trois fois supérieur. Ces filières doivent donc être aidées pour survivre. C’est une situation qui ne peut être érigée en système, compte tenu de la faiblesse structurelle de nos prix de revient.


Enfin, ces énergies nouvelles, tant vantées dans les médias et les réunions d’écologistes, sont rejetées sur le terrain par les associations de défense de l’environnement. Les fermes éoliennes et les centrales solaires ne sont pas acceptées dans nos campagnes. Encore une situation bloquée.


- La gestion des émissions de CO2 est exigée par les conventions internationales. Des programmes de CSC ont donc été initialisés et certains sont en cours de validation. Mais, comme pour les énergies nouvelles, ces projets sont rejetés par l’opinion au motif que les injections de CO2 dans le sol présentent trop de risques sanitaires. Encore une situation de blocage.


- L’exploitation des hydrocarbures de roche mère représente une possibilité d’améliorer notre indépendance énergétique. Mais l’opinion publique s’oppose fermement à ce projet à cause des effets désastreux sur l’environnement. Encore un dossier litigieux.


Ces quelques exemples montrent que la politique de réforme de la filière énergétique française risque de s’enliser  dans les marécages de l’économie, de l’écologie, de la protection de l’environnement, et de la concurrence asiatique.


Les possibilités budgétaires de la France ne sont pas infinies. Il faudra bien un jour procéder à quelques arbitrages. Gageons que ces arbitrages iront dans le sens d’une certaine continuité, et qu’un temps de réflexion sera ménagé pour laisser aux énergies nouvelles le temps de se décanter et de faire la preuve de leur capacité à répondre aux besoins et à se faire accepter par la population.

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