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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 10:22

10 Juin 2011

Aujourd’hui, pour se procurer de l’énergie, l’usager se tourne vers l’Etat et/ou des grands groupes industriels. Il dispose ainsi d’un branchement électrique, d’un branchement de gaz, et un livreur lui fournit du fuel à la demande, voire même du charbon. Pour son automobile, des stations services lui procurent du carburant sans limitation autre que la contenance de son réservoir.

Un « Deus ex machina » prend à sa charge tous les problèmes qu’il faut surmonter pour se procurer cette énergie et la mettre à disposition des mortels, qui n’ont plus alors que la peine de signer quelques chèques.

Cette situation va changer.

L’ère de l’énergie d’origine fossile carbonée va s’achever, c’est l’affaire d’un siècle au mieux selon les experts, peut-être beaucoup moins si la consommation mondiale continue d’augmenter au rythme actuel ( et qui peut prétendre réguler la demande mondiale ? ).

La période de déclin des réserves verra de grandes tensions sur les marchés, se traduisant par une envolée des prix, avec menaces de pénuries temporaires.

C’est du moins le scénario sur lequel sont supposées être basées les stratégies énergétiques des pays industrialisés.

Par ailleurs, les énergies fossiles carbonées seront économiquement pénalisées par le surcoût occasionné par l’obligation de réduire drastiquement les émissions de dioxyde de carbone et d’oxydes d’azote.

Enfin, l’énergie devenant rare et chère, les Etats chercheront des moyens d’augmenter leur indépendance énergétique.

Le nucléaire a paru représenter la solution idéale de remplacement des énergies fossiles carbonées, au moins pour produire de l’électricité. Mais l’impopularité du procédé, exacerbée par les évènements récents, paraît condamner cette solution à terme.

Actuellement, la stratégie énergétique Européenne semble s’orienter vers une sortie progressive du nucléaire à l’horizon 2030.

Si cette stratégie est effectivement entérinée, l’Europe devra simultanément réduire considérablement sa consommation d’hydrocarbures et de charbons pour protéger la planète, et se passer de l’électricité nucléaire.

Les énergies nouvelles, essentiellement les énergies solaire et éolienne, seraient donc le dernier recours, pour l’essentiel des sources.

L’hydraulique et la géothermie ne sont pas des énergies nouvelles, et leur participation ne sera pas majoritaire.

Notre tâche du XXIè siècle sera donc de nous adapter à la situation nouvelle qui consistera à produire nous-mêmes notre énergie à partir du soleil et du vent, en complément de l’Hydraulique, de la Géothermie, et de l’exploitation de la biomasse.

Une tâche d’égale importance consistera à convertir à l’électricité 50% de nos besoins énergétiques, puisque les sources d’hydrocarbures fossiles seront taries ( aujourd’hui seulement 25% de nos besoins sont satisfaits par l’électricité ). Le solaire thermique et la géothermie devra prendre le relais pour les applications de chauffage.

Les experts s’accordent à penser que les énergies nouvelles ne pourront pas fournir l’équivalent de ce que nous consommons aujourd’hui toutes énergies confondues. Il sera donc nécessaire de développer des programmes d’économie afin de rendre possible la réussite du changement.

Il s’agit d’un révolution considérable.

Un tel bouleversement ne pourra pas être mené à bien par quelques mesurettes opportunistes. Il faut envisager un changement de paradigme qui bouleversera les concepts habituels.

Le challenge semble à notre portée, eu égard aux progrès accomplis durant les dernières quatre-vingt-dix années, d’autant plus que les technologies pour l’exploitation des énergies solaire et éolienne sont déjà disponibles.

Le véritable problème est donc politique, et on sait que les problèmes politiques ne sont pas les plus simples à résoudre.

Il y a deux objectifs à atteindre:

Le premier est la sortie du nucléaire. L’échéance est fixée à 2030.

En France, un programme de sortie du nucléaire ne peut se concevoir sans un programme parallèle compensatoire de développement des énergies renouvelables, sous peine de mettre le pays en panne de courant. Aucun gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, ne prendra ce risque.

Le pragmatisme le plus élémentaire impose de ne pas lâcher la proie pour l’ombre.

Il faut donc mettre sur pied un projet de substitution crédible capable de fournir en 2030 une production annuelle d’environ 400 Twh.

Dans l’optique du basculement sur les énergies nouvelles, cette production sera principalement éolienne et solaire, par nature intermittente. Il est donc impératif de développer simultanément un programme sophistiqué de gestion des réseaux et de stockage de l’électricité.

Toujours simultanément, il y aura lieu de procéder au démantèlement des centrales arrêtées.

Le second objectif est la conversion à l’électricité de nombreuses applications qui utilisent aujourd’hui les énergies fossiles. En effet, dans l’hypothèse d’une baisse des fournitures d’hydrocarbures, il faudra bien utiliser l’électricité.

Aujourd’hui il n’existe aucun plan pour réaliser ces objectifs….

Le retard de la France en matière d’énergies nouvelles est connu.

Le risque est alors grand de voir les centrales nucléaires remplacées purement et simplement par des centrales à gaz, fonctionnant éventuellement au gaz de schiste ( toujours le pragmatisme ) ….

L’énergie électrique est traditionnellement fournie par des « centrales » de très fortes puissances, et distribuée aux usagers comme l’eau ou le gaz.

Ce concept peut être repris avec les énergies nouvelles. Il existe de par le monde des centrales solaires thermiques ou photovoltaïques, et des fermes éoliennes. La concentration des moyens de production permet d’une part d’utiliser le réseau de distribution existant, et d’autre part d’obtenir des prix de revient bas par l’effet d’économie d’échelle, tout en simplifiant la gestion de la production.

En complément d’une production centralisée comme aujourd’hui, on verra se développer une production locale grâce au solaire photovoltaïque ou à l’éolien.

Les panneaux hybrides permettant d’obtenir de surcroit l’eau chaude pour le chauffage et l’ECS.

En effet, l’énergie solaire étant gratuite, il devient intéressant, pour l’usager ou des collectivités, de fabriquer sur place une partie de l’énergie dont on a besoin.

L’installation est alors raccordée au réseau pour acheter ou vendre de l’énergie selon les besoins.

Il est évident que ces installations locales de production électrique n’ont de sens que si le prix de revient du KWh est inférieur ou égal à celui du distributeur historique.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Le prix de revient d’une production locale est deux à trois fois supérieur au prix de vente public du distributeur historique.

En France, sur ces deux fronts, la situation est bloquée:

La construction de centrales solaires et/ou éoliennes nécessite les autorisations de l’Etat, lequel est davantage intéressé par la poursuite du programme nucléaire.

Le développement de la production locale est pour le moment suspendue à l’évolution des tarifs d’achat par EDF. Et il n’est pas sain de développer un marché sur un effet d’aubaine nécessairement provisoire.

Ce marché est handicapé par un prix public du KWh trop faible, rendant très problématique la recherche de la parité.

Il est clair que le modèle économique qui permettra le développement des énergies nouvelles n’est pas encore au point, tout au moins en France.

La situation ne commencera à se décanter que lorsque sera prise la décision sur le nucléaire. Une décision essentiellement politique.

 

 

 

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