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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 18:17

 

29 Mars 2012

Une révolution énergétique se prépare à l’insu de notre plein gré, mais pour notre bien assurément.

La nécessité de penser au remplacement des sources d’énergie fossiles par des sources renouvelables et décarbonées est une idée qui fait son chemin avec plus ou moins de bonheur.

Même les récalcitrants admettent l’inéluctabilité de la réforme. Tout au plus peut-on en discuter l’échéance ( cinquante ans ? cent ans ? ) , mais sur le principe il y a unanimité car personne ne peut arrêter le cours des choses.

Les sources nouvelles en question sont en grande majorité productrices d’électricité. Les applications énergétiques aujourd’hui basées sur le fossile, devront donc se tourner massivement vers l’électricité, et ceci concerne surtout les transports, mais pas seulement. Les chauffages au gaz ou au fuel sont également concernés.

Cette nécessaire reconversion représente une première révolution qu’il faudra envisager d’ici la fin du siècle, et donc la mettre en route bien avant c’est-à-dire demain matin.

L’émergence de la voiture électrique est un exemple de cette réforme.

Aujourd’hui les énergies durables ne participent que pour une part infime, et il peut sembler absurde de prôner l’usage de la voiture électrique alors que l’électricité est encore massivement issue des sources fossiles ( sauf en France où l’électricité est à 80% nucléaire, ce qui n’est pas mieux).

Cette contradiction est un mal inévitable, mais temporaire. Elle est une motivation supplémentaire pour accélérer l’essor des énergies renouvelables.

Disons que la voiture électrique est en avance sur son temps, mais de très peu.

Le bouleversement énergétique majeur qui nous attend ne se fera pas en vingt ans, ni même quarante. Il ne peut être que très progressif car la technologie et les intérêts économiques ne se laissent pas violer sans réagir. Il faut s’attendre à des réticences, des décalages ( comme celui de la voiture électrique), des retours en arrière, des pesanteurs administratives, des contre stratégies des grands groupes, le tout sur fond de crise économique et d’affrontements géo politiques.

Mais, comme dit l’autre, on prouve le mouvement en marchant.

Que ceux qui le peuvent se lèvent donc, et marchent.

Parmi les premiers impactés par la révolution se trouvent les producteurs d’électricité et les gestionnaires de réseaux, qui sont souvent les mêmes. Ce sont eux à qui reviendra la charge de trouver les Gigawatts réclamés par le pays, de les gérer et de les distribuer avec comme règle d’or d’éviter la panne sèche.

Aujourd’hui la production d’électricité est essentiellement centralisée. Le système repose sur un parc de grosses centrales dont la capacité de production est connue et disponible, correspondant sensiblement au pic de la demande, à quelques pourcents près.

S’il advient que la demande dépasse temporairement cette capacité, le pays importe de l’électricité des pays voisins, et vice versa car les pics ne sont heureusement jamais synchrones.

Il en ira tout autrement avec les énergies nouvelles, car elles sont par nature intermittentes puisqu’elles dépendent du vent et de l’ensoleillement, que nos ingénieurs ne pourront jamais dompter.

Il faudra donc gérer ce problème d’intermittence.

D’autre part la demande d’électricité varie dans la journée et avec les saisons. Actuellement la puissance du parc installé est prévue pour faire face à la demande la plus forte, qui est de l’ordre de 100 GW en 2012 en France. Or la demande moyenne est beaucoup plus faible, peut-être la moitié. Il est donc théoriquement absurde d’investir dans des installations capables de fournie 100 GW alors que la moitié pourrait suffire.

Mais l’électricité ne se stocke pas, du moins pas encore. Et le recours aux énergies renouvelables va aggraver le problème. En effet, un pic de la demande peut très bien coïncider avec une faiblesse du vent et/ou du Soleil.

Pour cette raison, les gestionnaires de réseau d’électricité estiment que, dans l’état actuel de la technologie, la part des énergies renouvelables devra être limitée à 30% sous peine de rencontrer des problèmes de gestion insurmontables ( traduction: le délestage de régions entières).

Pour pouvoir dépasser ce seuil de 30% il est nécessaire de faire appel à des techniques nouvelles de gestion des réseaux. C’est l’objectif du projet de déploiement du réseau intelligent ( Smart Grid) dont le principe est basé sur une analyse fine des consommations, des besoins réels, et des capacités instantanées d’y faire face, afin d’opérer une adéquation entre l’offre et la demande.

Ce réseau se met progressivement en place. La première étape consiste à remplacer les 37 millions de compteurs anciens par une version communicante, le LINKY. L’opération est déjà commencée.

L’utilisation des énergies renouvelables soulève un autre problème qui devra lui aussi être résolu: Actuellement la production électrique est donc centralisée, toutes les unités de production sont directement contrôlées, gérées, maintenues, et modifiées par l’opérateur historique ou sa filiale . Le réseau de distribution haute tension est conçu pour desservir ces sites de production, qui sont relativement peu nombreux mais délivrent chacun une puissance très élevée.

A contrario la production à base d’énergies renouvelables est en grande partie dispersée . Il s’agit de raccorder ensemble des unités de production très disparates telles que:

- Petits parcs éoliens terrestres.

- Grands parcs éoliens off shore.

- Multitude de petites installations particulières photovoltaïques.

- Multitude d’installations moyennes de toitures.

- centrales solaires photovoltaïques.

Etc…

Cette production éclatée devra être raccordée et mise en musique en tenant compte des contrats avec engagement de rachat.

Les sites de production étant géographiquement distincts et éloignés des sites actuels, il faudra modifier tout le réseau pour s’adapter à cette nouvelle géographie, tout en conservant le réseau actuel pendant la transition qui peut durer quelques décennies.

Le contrôle de la production ne sera plus entre les mains de l’opérateur historique, mais géré par une multitude d’entreprises privées et/ou de collectivités locales, avec les problèmes que l’on peut aisément imaginer.

Plusieurs décennies et de nombreux milliards d’euros seront nécessaires pour mener à bien un tel bouleversement d’une façon harmonieuse.

Cette étape d’adaptation des structures de production et de distribution sera accompagnée de la mise en place d’un système de gestion entièrement nouveau basé sur l’interactivité et la gestion intelligente de l’énergie.

Désormais l’usager devra négocier en temps réel avec son fournisseur des sessions de consommation de puissance qui lui seront accordées en fonction de son statut contractuel, de la tarification acceptée, du jour et de l’heure. Il devra également accepter un programme négocié de délestage ou de décalage selon la charge du réseau.

Tout cela sera effectué automatiquement après accord négocié avec le fournisseur. L’installation domestique devra être en mesure d’interfacer correctement avec le réseau communicant, sur le principe de la ligne pilote affectée à chaque appareil de puissance, ou par l’intermédiaire de dispositifs CPL.

L’usager devra accepter ces contraintes, ce n’est qu’à cette condition que la mutation vers les énergies nouvelles pourra être maîtrisée.

 

 

 

 

 

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