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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 10:59

 

 

7 Mai 2012

 

A l’échelle de l’Histoire, on sait depuis peu que l’environnement dans lequel se développe la vie est un système complexe dont l’état à un moment donné est le résultat des interactions d’une multitude de paramètres.

 

L’Homme, par son activité, modifie certains de ces paramètres.

 

Jusqu’à l’époque industrielle, ces modifications n’avaient qu’un effet mineur sur l’état global du système, effet bien inférieur à celui des éléments naturels, des évènements géologiques et des influences cosmiques.

 

Les variations d’état du système Terre-Atmosphère-Vie étaient alors uniquement l’effet de causes naturelles qui étaient considérables, pensons aux époques glaciaires avec les variations du niveau des océans, et plus près de nous la désertification du Sahara, le petit âge glaciaire, etc.…

 

Les deux derniers siècles ont été marqués à la fois par l’essor de l’industrie et par l’expansion démographique, qui ont donné à l’Homme les moyens de modifier son éco système et de marquer de son empreinte la planète entière.

 

Homo Sapiens sapiens s’est découvert une responsabilité nouvelle.

 

Responsabilité à l’égard de la vie en général, et de sa propre survie en particulier.

 

Le contrecoup des actions inconsidérées de notre espèce se manifeste sous de multiples formes:

 

- Perturbations du climat, sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre, de méthodes agricoles et forestières modifiant l’albédo de la planète, de modifications du cycle de l’eau, etc…

 

- Atteinte à la biodiversité à la fois par l’extension de l’emprise au sol de nos sociétés, et par une agriculture artificielle abusant de produits toxiques.

 

- Pollution de l’environnement consécutive à l’usage frénétique d’une technologie développée sans considération des conséquences négatives pour la planète et pour l’Homme lui-même.

 

La prise de conscience de cette malfaisance est très récente, quelques décennies tout au plus.

 

L’Homme découvre que sa civilisation technologique, pour lui synonyme de progrès, est destructrice du milieu qui assure sa propre survie, et se retourne contre lui directement par l’atteinte de son patrimoine génétique sous l’effet des agents toxiques d’origine anthropique, comme les pesticides, les nanoparticules, les additifs alimentaires, l’ozone, les oxydes d’azote et de soufre, les gaz industriels, les métaux lourds, et bien sûr les produits radioactifs.

 

Le second degré de prise de conscience s’est produit encore plus récemment, lorsque les instances internationales ont admis la nécessité absolue de prendre des mesures pour tenter d’enrayer le processus de destruction déjà bien avancé.

 

Il est très vite apparu que la tâche serait colossale, car toutes les activités humaines sont concernées par des abus d’une sorte ou d’une autre.

 

Bien sûr en premier lieu les activités grosses consommatrices d’énergie fossile et nucléaire, comme les transports, l’industrie, le chauffage, mais également des activités dont la vocation a pour but premier la survie de l’espèce, comme l’agriculture, la pêche, l’agroalimentaire, la pharmacie, qui se sont elles aussi révélées destructrices de l’écosystème.

 

Il s’agit en fait de toutes les applications de la technologie.

 

Par ailleurs, il existe un consensus sur la nécessité de préserver le mode de vie dit « occidental », voire même de l’étendre au reste du monde, ce qui complique sérieusement la tâche.

 

Certains n’hésitent pas à affirmer que ce consensus est une utopie.

 

Quelle qu’en soit la vraisemblance, Il n’est de toutes manières pas question de rejeter la technologie, ce qui ne serait pas accepté par les peuples car elle demeure vecteur de progrès. Il faut donc de trouver des compromis et des nouvelles technologies dites « propres » capables de réaliser les objectifs sans imposer une régression.

 

Le tableau apocalyptique de toutes les malfaisances perpétrées par l’espèce humaine contre son environnement et contre sa propre survie donne le vertige.

 

La nécessité d’y mettre bon ordre ne fait pas débat.

 

Mais par ou commencer ?

 

Parce que les effets d’un dérèglement climatique sont directement appréciables sur l’ensemble de la planète, il a été décidé de mettre l’accent sur les causes anthropiques des variations de température moyenne de l’atmosphère, unanimement attribuées aux émissions de CO2 liées à l’utilisation des énergies fossiles.

 

Les instances internationales ont donc décidé de lancer une croisade contre les émissions abusives de dioxyde de Carbone, mobilisation concrétisée par le protocole de Kyoto.

 

Par voie de conséquence, les autres malfaisances de la civilisation technologique ont bénéficié d’un sursis, la très grande majorité des efforts étant concentrée sur un objectif quasi unique, réduire la croissance du taux de CO2 atmosphérique.

 

Cette absence de stratégie globale n’a pas manqué de provoquer des dérives dans d’autres secteurs qui n’ont pas été l’objet d’attention suffisante.

 

Par exemple, au nom de la lutte contre le CO2, beaucoup de pays, dont la France, ont favorisé l’utilisation des moteurs Diesel dans l’automobile. L’objectif a été atteint, mais c’est au prix d’une augmentation des émissions de suies, de nanoparticules et d’oxydes de soufre et d’azote, qui sont des agents de pollution atmosphérique à l’origine de graves problèmes de santé publique.

 

Un autre exemple nous est donné par la promotion du bois énergie. Son caractère renouvelable en a fait un matériau noble pour la nouvelle croisade. Mais c’était oublier que l’utilisation inadaptée du bois de feu génère des produits de combustion toxiques nuisibles à la pureté de l’air.

 

Le nuage brun d’Asie témoigne des dégâts potentiels de l’usage incontrôlé du bois.

 

Toujours dans la même veine, l’énergie nucléaire a connu un regain d’intérêt lié à l’absence d’émissions de CO2. Hélas il n’est plus nécessaire de rappeler quel prix il faut accepter de payer pour utiliser cette énergie.

 

Encore un exemple, l’automobile électrique. Sa promotion, à un moment où les énergies durables ne sont pas encore prêtes à assurer la relève des énergies fossiles, engendre un surcroît de la demande électrique qui ne peut être satisfaite qu’avec des énergies fossiles émettrices de CO2. Une erreur de timing dont nous devrons payer les effets.

 

Enfin la majorité des efforts s’étant portée sur le CO2 et la recherche de l’optimisation de l’utilisation des énergies fossiles et nucléaire, il n’est plus resté suffisamment de moyens pour le développement des énergies durables, alors que la logique aurait voulu l’inverse.

 

Ces quelques exemples témoignent de la nécessité d’une stratégie globale planétaire si l’on désire éviter les dégâts collatéraux et contre productifs d’une croisade exclusive.

 

Il serait probablement plus avisé d’éviter de se précipiter tête baissée dans un combat contre un ennemi désigné unique, combat qui nous laisserait vulnérables sur d’autres plans environnementaux, laissés sans protection faute d’y porter suffisamment d’intérêt.

 

A moins que la recherche du bien être des peuples à travers le progrès technologique ne se révèle n’être qu’une voie sans issue, le remède risquant de tuer le malade.

 

Certains le pensent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

doc zaius 12/05/2012 10:10

Bonjour,
Le final, ô combien discutable, fait référence au problème essentiel, qui est malheureusement occulté dans la pensée occidentale ( ou peut-on dire judéo chrétienne ? ).
Que notre mode de vie « occidental » ne puisse pas être étendu au reste du monde, c’est une évidence. Mais cette évidence n’apparait que si l’on prend un recul suffisant, et qui prend le
temps du recul dans notre actuel trépidant, pressé, soumis à la montre ?
Et puis, qui a envie d’être confronté à la réalité ?
Encore une minute monsieur le bourreau…

Evelyne Dumont 11/05/2012 10:39

Vendredi 11 mai,

Bonjour,

Merci pour ce texte que j'avais évidemment aperçu dès parution mais lu seulement à l'instant, sachant que c'était à faire car j'y apprendrai sûrement beaucoup, vu le nom de l'étoile Sirius dans le
titre ! (une attitude à la Hubert-Beuve Méry ... ou Jacques Fauvet - je ne sais plus - du journal Le Monde .. qui savai(en)t particulièrement bien prendre de la distance sur les évènements ?).
Votre final est évidemment à discuter.
Il reste à trouver le temps.
Merci en tous cas de nous faire régulièrement "cogiter" dans le sérieux (sur ce blog) et dans la causticité souvent pour les commentaires ailleurs, sur d'autres blogs.
A suivre.

Cordialement.

Evelyne Dumont