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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 12:08

Le photovoltaïque victime de son succès.



5 Mars 2011


La mariée était trop belle, le couperet est donc tombé, l’Etat est debout sur les freins, la profession est sinistrée.


Les raisons de ce coup d’arrêt sont connues et compréhensibles: l’effet d’aubaine a créé un appel d’air qui a boosté le marché et provoqué une demande qui dépasse de beaucoup les prévisions de croissance, avec deux inconvénients majeurs:


- Un tarif d’obligation d’achat  qui, s’il était maintenu en l’état, entrainerait une augmentation insupportable de la CSPE.


- Une incapacité de l’industrie locale à fournir des produits en quantités suffisantes et à coût compétitif par rapport aux produits importés, entrainant un déséquilibre important de la balance du commerce extérieur.


Les mesures annoncées dans l’arrêté du 4 Mars 2011 visent dans un premier temps à stopper cette hémorragie. Les points essentiels sont:


- Instauration d’un « numerus clausus » fixant à 500 MWc le montant cumulé des puissances installées par an.


- Réduction significative des tarifs d’obligation d’achat.


- Révisions trimestrielles de ces tarifs .


- Instauration de l’obligation d’appels d’offres pour les installations dépassant une certaine puissance.


Ces mesures conservatoires sont justifiées si l’on considère les deux inconvénients rappelés plus haut, mais elles sont aussi violemment critiquées, avec raison, par l’ensemble de la filière.


Le problème du photovoltaïque est connu depuis longtemps.


Le rapport Charpin rappelle encore:


« Les spécificités françaises (coût faible de l’électricité, taux d’ensoleillement moyen) impliquent que le déploiement se produira d’abord dans d’autres pays du monde : les opportunités industrielles se situent au niveau mondial »


En clair cela signifie que le marché intérieur français n’est pas prêt à accueillir le photovoltaïque, sinon à coup de subventions. Les industriels qui se lancent dans ce business doivent donc savoir que leur marché est à l’export essentiellement car en France la parité réseau n’est pas pour demain.


On peut se demander pourquoi l’Etat a laissé se développer une filière subventionnée, sans attirer l’attention des acteurs sur le caractère provisoire de cette subvention.


Interrogé ce matin sur France-Inter, Benoît Rolland, PDG de TENESOL, prévoit une importante baisse d’activité sur son marché intérieur. Cette baisse devra être compensée par l’export, qui représente aujourd’hui 50% de l’activité de la société.


D’autres, moins prévoyants et peu tournés vers l’export, vont connaître des heures difficiles.


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