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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 11:24

 

8 Avril 2013

Le 1er Avril est désormais suffisamment loin pour pouvoir enfin parler de choses sérieuses avec quelque crédibilité.

On sait que, dès ses origines, la religion du pétrole s’est trouvée scindée en deux courants de pensée fondés sur des genèses différentes.

L’un, devenu très largement majoritaire, fonde la genèse du pétrole sur le processus d’enfouissement et de décomposition lente de matières organiques, sur des durées géologiques qui se mesurent en millions d’années. Ce processus conduit à un « stock » par définition limité, et donc fait du pétrole un produit dont les réserves sont finies.

L’autre, minoritaire pour ne pas dire confidentiel, et considéré comme hérétique, soutient une genèse différente et complémentaire faisant appel à un processus métamorphique naissant à grande profondeur dans le manteau terrestre, par réaction entre éléments exclusivement minéraux. Ce processus serait continu et donc conduirait à des stocks de produit illimités.

Les adeptes de la seconde théorie sont une poignée de chercheurs plus ou moins indépendants, largement discrédités par le courant majoritaire. Ils s’appuient sur les travaux de recherche géologique poursuivis dans le monde entier dans des buts d’approfondissement des connaissances de l’évolution de la croute terrestre et de la diagénèse. Ces travaux explorent notamment le comportement de la matière dans les conditions de haute pression et de haute température qui règnent dans les profondeurs de la terre. Ils ont conduit entre autres à des résultats encourageants concernant la possible formation d’hydrocarbures à partir de roches carbonatées, et donc donné quelque crédit à la théorie hérétique.

La validité d’une théorie s’appuie sur sa capacité à expliquer les phénomènes de son domaine d’application, et à prévoir des phénomènes nouveaux vérifiés ensuite par l’expérimentation.

En l’occurrence, pour prouver l’existence du pétrole abiotique, il faut se donner les moyens scientifiques et technologiques de l’identifier par rapport au pétrole biotique.

Ces moyens existent.

Le pétrole « conventionnel » (biotique) contient de nombreux composants, que l’on peut regrouper en quatre familles:

- Les composants de base, construits à partir des corps simples Carbone, Hydrogène, Soufre, Oxygène, Azote.

Ces composants de base sont en proportions variées qui dépendent du kérogène initial et des conditions de transformation de ce kérogène en pétrole. Le kérogène dépendant lui-même de la matière organique origine et de ses conditions d’évolution:

Résines, Asphaltènes, Hydrocarbures aromatiques et paraffiniques, etc...

Ainsi chaque pétrole possède sa propre histoire, différente des autres pétroles issus de couches sédimentaires différentes.

Il est possible, par l’analyse des composants de base, de déterminer l’origine d’un échantillon.

- Des composants reflétant la radioactivité du milieu dans lequel s’est formé le pétrole.

- Des composants minéraux autres que C, H, O, S et N, issus de la matière organique initiale.

- Des fossiles moléculaires, véritables archéosquelettes des molécules organiques présentes à l’origine de la formation des kérogènes.

Lorsque les molécules organiques se dégradent, certaines chaînes moléculaires se conservent et se retrouvent dans le kérogène et ensuite dans le pétrole, constituant une signature de l’origine du produit.

(Le lecteur curieux ou sceptique pourra consulter la thèse de Sylvain Bernard,

«  Préservation de fossiles organiques au cours de la diagénèse et du métamorphisme »

Soutenue en 2008 à l’Université Denis Diderot, paris VII.

Ou celle de Bertrand Chappe,

«  Fossiles moléculaires d’archéobactéries », de 1982 ).

Ces fossiles moléculaires, qui peuvent être présents dans le pétrole biotique (mais pas nécessairement), sont en principe absents des pétroles abiotiques.

Il « suffit » donc de réaliser une analyse fine d’un échantillon de brut pour déterminer sa provenance et donc pour identifier un éventuel intrus abiotique.

La polémique médiatique autour de l’origine possiblement abiotique d’une partie du pétrole peut donc s’appuyer sur des outils scientifiques permettant d’atteindre en quelque sorte l’ADN du produit et donc son origine sans ambigüité.

A condition bien sûr qu’il n’y ait pas eu de mélange entre les deux produits…

 

 

 

 

 

 

 

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