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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 18:55

 

 

5 Avril 2013

En France, la crédibilité d’une information est inversement proportionnelle à la proximité de sa date de parution par rapport au 1er Avril, ce qui entraine parfois à l’inverse une crédulité d’autant plus grande que l’on s’éloigne de la date fatidique.

Les informations qui vont suivre seront donc reçues avec le degré de considération qui convient à un 5 Avril.

Nous avons rappelé dans l’article précédent que les expériences de laboratoire confirment la possibilité d’obtenir du Méthane et d’autres hydrocarbures abiotiques plus complexes à partir de composés minéraux donneurs de Carbone et d’Hydrogène, et dans des conditions de température et de pression élevées .

Ces synthèses sont réalisées grâce entre autres au dispositif de cellule à enclume de diamant.

De telles conditions existant dans la partie supérieure du manteau terrestre, il n’est pas interdit de penser que des hydrocarbures ont pu s’y former à partir de composés minéraux présents comme CaCO3 et H2O contenus dans la roche.

L’horizon considéré se situe de 100 à 200 km de profondeur, donc au-delà des possibilités de vérification in situ, tout au moins aujourd’hui.

Il est évidemment tentant de supposer que si ces hydrocarbures abiotiques se forment effectivement à grande profondeur, une partie d’entre eux au moins peut migrer vers la surface et se retrouver à l’état de Méthane ou de pétrole mélangé ou non aux hydrocarbures d’origine biologique.

Le problème est donc maintenant d’étudier le devenir de ces produits des grands fonds afin de comprendre les éventuelles transformations subies et les possibilités de migration à travers les failles de la croute terrestre.

De nombreux laboratoires de géophysique travaillent sur le sujet dont l’intérêt n’aura échappé à personne, au-delà du simple progrès des connaissances en géophysique.

Nous voulons présenter ici un article publié par les

« Proceedings of the National Academy of Sciences of United States of America » , Volume 108 No 17, de Leonardo Spanu, paru le 11 Avril 2011. ( Eh oui encore le mois d’Avril).

Article relayé par le «Lawrence Livermore National Laboratory ».

Ces deux honorables institutions ne sont pas des repaires de plaisantins, faut-il le souligner.

Voici un extrait traduit du sommaire:

« La détermination des propriétés thermochimiques des Hydrocarbures à haute pression et température est une étape clé dans la compréhension des réservoirs de Carbone et des flux dans les profondeurs terrestres.

La stabilité des systèmes Carbone-Hydrogène à des profondeurs supérieures à quelques milliers de mètres est mal comprise et l’extension des hydrocarbures abiotiques dans le manteau supérieur terrestre demeure un sujet de controverse……Nos résultats montrent que les hydrocarbures complexes deviennent plus stables entre 1000 et 2000 K et pour des pressions supérieures à 4 Giga Pascal….

Nos résultats fournissent une interprétation unifiée de plusieurs expériences récentes et un modèle microscopique détaillé de la dissociation du Méthane et de sa polymérisation à haute pression et température ».

Ces travaux sont soutenus par la Fondation SHELL pour la recherche.

Cet illustre parrainage n’est évidemment pas un hasard, la compagnie en question n’ayant pas pour habitude de s’intéresser à des projets cosmétiques.

Il faut cependant insister sur le fait que ces travaux et ces quelques résultats intéressants n’autorisent en aucune façon à conclure à propos d’une possible résurgence d’hydrocarbures abiotiques à portée de forages de types conventionnels (quelques km de profondeur).

Ils n’autorisent pas non plus à conclure à leur impossibilité.

La controverse actuelle est utile pour nourrir le débat et suggérer des pistes de recherche et d’expérimentation. Toute tentative d’imposer par avance une conclusion serait une imposture intellectuelle.

 

 

 

 

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