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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 12:32

 

17 Septembre 2012

L’annonce de l’arrêt de Fessenheim en 2017 est un non évènement.

Son arrêt était de toutes manières techniquement nécessaire, et ceci pour plusieurs raisons:

- C’est le prototype de la première série de réacteurs REP.

- Il a atteint sa limite d’âge fixée à quarante ans par ses concepteurs.

Ces raisons suffisent à réformer automatiquement la chaudière en 2017.

Mais, comme chacun sait, en plus de l’atteinte de la limite d’âge, des problèmes en rapport avec un risque accru de sureté ont été mis en évidence, suite aux leçons de la catastrophe de Fukushima:

- On sait maintenant que l’acier de la cuve peut se briser en cas de fusion du cœur, à cause de la fragilisation due à l’exposition au flux de neutrons sur une longue période.

- L’ épaisseur du radier est notoirement insuffisante, il serait incapable d’arrêter le corium en cas de fusion du cœur et de bris de la cuve.

Les travaux d’amélioration préconisés par l’ASN nécessiteraient des dépenses exorbitantes, si toutefois ils sont réalisables.

- Absence de récupérateur de corium, nécessitant également des travaux probablement déraisonnables ( ce récupérateur doit être installé lors de la construction, et non après ).

- Installations vulnérables à l’envahissement par les eaux, nécessitant d’importants travaux de sécurisation.

- Proximité dangereuse de la nappe phréatique qui alimente toute la région Alsace ( La nappe se trouve à seulement quelques mètres de profondeur sous le radier).

-Etc…

Pour couronner le tout le site est placé en contrebas du grand canal d’Alsace, et en zone sismique.

(La référence sismique ayant servi pour déterminer les marges de sureté étant fortement contestée).

Oublions donc ce site dont l’arrêt sera cependant emblématique et surtout fort ennuyeux pour les ouvriers et pour les sous-traitants et intérimaires.

Notons quand même que AREVA aurait souhaité voir prolonger la durée d’exploitation jusqu’à 50 ans, soit 2027.

Plus sérieuse est la confirmation de la décision de développer une stratégie visant à réduire la part du nucléaire de 75% aujourd’hui à 50% en 2025.

Dans l’hypothèse d’une consommation stable ( accroissement de la demande compensée par une meilleure utilisation) il faudrait donc arrêter environ 20 tranches nucléaires.

100 TWh seraient donc à trouver ailleurs, si possible dans les énergies nouvelles, ce qui est faisable à condition de prendre le problème à bras-le-corps.

Ce programme de réduction de 75% à 50% ne peut évidemment être qu’une première étape vers la sortie totale du nucléaire. En effet les raisons qui sont invoquées pour la première étape de réduction sont essentiellement la volonté de supprimer tout risque de catastrophe environnementale, et ce risque existera tant qu’il restera un seul réacteur en service.

Cette première étape doit donc être expressément accompagnée de l’engagement d’un programme de sortie totale du nucléaire ( pour 2050 ?).

Bien entendu, tout cela n’a de sens que si, dans le même temps, on décide l’arrêt du programme EPR et des études sur la quatrième génération.

Quant à ITER, la question reste à débattre .

Aujourd’hui seule la première étape est annoncée, sans pour autant être actée par une loi.

L’annonce de l’arrêt en 2017 de la plus vieille centrale du parc ne constitue en aucun cas une politique énergétique.

Il existe donc une incertitude quant à l’orientation long terme du projet énergétique de la France.

Cette incertitude ne permet pas aux industriels de décider de leur stratégie, que ce soit dans le nucléaire, dans les énergies nouvelles, ou ailleurs.

Une transition énergétique de grande ampleur nécessite en effet des investissements sur le long terme, donc l’assurance de la pérennité de la politique industrielle du pays et donc des choix énergétiques de base.

Tout reste donc en faire en matière de programmation de l’éventuelle transition énergétique.

 

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commentaires

Valentin 20/09/2012 21:54

Les réacteurs nucléaires de la génération de Fessenheim (et sans doute le palier suivant) n'ont pas été conçus pour une durée de vie de 40 ans mais de 30 ans.

Un grand nombre de ces réacteurs aurait déjà dû être arrêté :
http://energeia.voila.net/nucle/france_58_reacteurs.htm

Maintenant, comme on le voit dans un autre article, le nucléaire est en déclin au moins relatif puisque sa participation à la production d'électricité est descendue à 12% dans le monde.