Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 18:00

28 Avril 2011


La France suit les recommandations de l’OMS en matière d’information sur les risques sanitaires dus à la présence du radon dans les habitations.


Les pouvoirs publics ont diffusé une brochure informative que l’on peut trouver dans les DDASS, dans les cabinets médicaux, et sur le site radon-France.com.


Cette brochure se veut informative et non alarmiste. Elle met l’accent sur l’innocuité des faibles doses et insiste sur l’aggravation du risque lorsque les personnes exposées sont des fumeurs.


Un graphique présente les différentes sources de radiations ionisantes auxquelles la population est exposée en permanence.


La principale source reste médicale, c’est le cumul des doses reçues lors d’examens radiologiques. Il s’agit évidemment d’une moyenne puisque certains y échappent alors que d’autres doivent subir de nombreux examens.


Le Radon vient en second, avec également une grande disparité selon les régions.


En troisième vient la radioactivité naturelle cosmique et tellurique.


En quatrième se trouve la radioactivité absorbée par la chaîne alimentaire, il s’agit essentiellement du Potassium 40, qui se promène partout, à l’état naturel faut-il le rappeler.


Et en dernier lieu, et pour une très faible part ( 1% ) viennent les irradiations et contaminations d’origines industrielles, incluant les centrales nucléaires ( ou thermiques à flamme) et les résidus d’essais atmosphériques d’armes atomiques.


Ce graphique se veut rassurant pour la population, mais il faut bien réaliser qu’il ne traduit qu’une moyenne. Ce qui est important, c’est la disparité des valeurs sur le terrain. Chacun souhaitera connaître les divers taux de contamination auxquels lui-même est exposé, selon son lieu d’habitation, son activité professionnelle, son parcours radiologique, son mode de vie, son mode d’alimentation, son passé médical, l’état de son système immunitaire, sa proximité avec une éventuelle source de contamination ( centrale électrique, terril de phosphogypse, usine de retraitement de déchets, cours d’eau pollué par des rejets, friche industrielle, etc….).


La brochure évoque ensuite le risque de cancer du poumon en insistant sur la cause première qui est le tabagisme, et en laissant planer un doute sur la responsabilité du radon comme cause première.


Ceci est en contradiction avec les affirmations de l’OMS , qui désigne clairement le Radon comme cause  de ce type de cancers. Le tabagisme étant un facteur aggravant.


Les seuils de 400 Bq/m3 et 1000 Bq/m3 , fixés par la Commission Européenne, sont rappelés, la valeur de 200 Bq/m3 étant la valeur guide pour les construction neuves.


La brochure  ne mentionne aucune obligation concernant le diagnostic et les mesures de protection éventuelles. Il y a seulement des recommandations.


Sur la base d’environ 12 000 mesures effectuées depuis 1992 par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et les DDASS dans les habitations privées françaises, la moyenne de l’activité volumique du radon est de 90 Bq/m3 ( anciennement évaluée 66 Bq/m3).


Elle se situe entre 200 et 400 Bq/m3 dans 9 % des cas, entre 400 et 1 000 Bq/m3 dans 2,3 % des cas et entre 1 000 et 5 000 Bq/m3 dans 0,5 % des cas.


Sur les 13 000 établissements recevant du public mesurés depuis 1999, 8% excèdent 400 Bq/m3 et 4 % 1 000 Bq/m3.


Où en est la règlementation ?


L’exposition aux rayonnements ionisants d’origine naturelle est règlementée par le

 

code de la santé publique, articles R. 1333-15 et 16,


modifié en Nov 2007:


«

 

 

Dans les zones géographiques où le radon d'origine naturelle est susceptible d'être mesuré en concentration élevée dans les lieux ouverts au public, les propriétaires ou, à défaut, les exploitants de ces lieux sont tenus, conformément aux dispositions de l’article L 1333-10 , de faire procéder à des mesures de l'activité du radon et de ses descendants dans les locaux où le public est susceptible de séjourner pendant des durées significatives. Ces mesures sont réalisées soit par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire soit par des organismes agréés par l'Autorité de sûreté nucléaire. Un arrêté des ministres chargés de la santé, du travail, de la construction et de l'environnement, pris après avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, définit :


1- La liste des départements ou parties de départements dans lesquels ces mesures doivent être réalisées, compte tenu du contexte géologique local et des résultats d'analyses en radon disponibles ;


2- Les catégories d'établissements concernés du fait du temps de séjour prévisible du public dans ces lieux ;


3- Les niveaux d'activité en radon au-delà desquels les propriétaires ou exploitants sont tenus de mettre en oeuvre les actions nécessaires pour réduire l'exposition des personnes ainsi que les délais de leur mise en oeuvre.


Les conditions suivant lesquelles il est procédé à la mesure de l'activité du radon, notamment les méthodes d'échantillonnage et les modalités d'évaluation des dispositifs de mesure utilisés, sont définies par décision de l'Autorité de sûreté nucléaire, homologuée par les ministres chargés de la santé et de la construction.


Les mesures de l'activité du radon et de ses descendants dans les lieux définis en application du présent article sont réalisées dans un délai de deux ans suivant la date de publication de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. Ces mesures doivent être répétées tous les dix ans et, le cas échéant, chaque fois que sont réalisés des travaux modifiant la ventilation des lieux ou l'étanchéité des locaux au radon.»


L’obligation de diagnostic du Radon ne concerne pas encore les logements particuliers, mais il pourrait être intégré dans le diagnostic sur l’Etat des Risques Naturels et Technologiques ( ERNT) au titre du risque nucléaire.


  

Partager cet article

Repost 0

commentaires