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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:12

 

28 Novembre 2012

Le débat inauguré cette semaine était attendu par tous ceux qui se posent des questions sur notre avenir énergétique.

Rappelons la situation française:

La France ne produit que 20% environ de l’énergie qu’elle consomme (Nucléaire, Hydraulique, Biomasse), le reste est acheté sur le marché libre sous forme d’énergie fossile. Nous sommes donc, pour 80% de nos besoins, dépendants de sources extérieures, ce qui engendre deux problèmes:

L’insécurité des approvisionnements, qui nous met à la merci d’évènements géopolitiques sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.

Un déséquilibre de la balance du commerce extérieur, dont le contrôle nous échappe également puisque les prix sont fixés par le marché.

D’autre part, 80% de notre énergie est d’origine fossile carbonée (Charbon, pétrole, gaz naturel). Ces produits présentent trois inconvénients:

La France doit les acheter en totalité, avec les problèmes décrits plus haut.

Leur usage génère des émissions de gaz à effet de serre, et ne respecte pas les résolutions du Grenelle de l’environnement.

Les réserves sont en voie d’épuisement avec donc une perspective de pénurie et de flambée des prix.

La situation actuelle est donc appelée à devenir intenable à moyen terme. Il est donc important de définir une autre stratégie énergétique, capable de nous donner une indépendance suffisante et de prendre des distances vis-à-vis des énergies fossiles importées.

Certes la catastrophe n’est pas pour demain matin. L’échéance ne peut être déterminée avec précision puisque le phénomène de pénurie sera progressif et ne touchera pas toutes les énergies en même temps. Mais il est souhaitable que d’ici 2020 les grandes lignes de la stratégie de transition soient définies et que les éléments de réalisation soient en place.

Par ailleurs le problème de l’énergie est mondial. La stratégie française devra s’intégrer à une stratégie au moins européenne pour bénéficier de l’économie d’échelle et rechercher ensemble les meilleures solutions.

La transitions énergétique fait évidemment référence aux énergies nouvelles, essentiellement solaire et éolien, avec un volet constitué par les économies d’énergie.

Au centre du débat se trouve l’électricité nucléaire, dont le maintien ou l’abandon conditionnera le reste du dossier.

Les débats vont donc porter sur des décisions à prendre au sujet de questions connues:

Des questions d’ordre général:

- En quoi consiste exactement la transition énergétique ?

- Quels sont les objectifs stratégiques ?

- Quels sont les plannings souhaitables ?

- Comment assurer la transition sans créer de rupture ?

- Quelle politique européenne de l’énergie ?

- Quelle transition énergétique mondiale ?

- Quels sont les ordres d’urgence ?

- Quels sont les éléments constitutifs de la transition ?

Des questions de stratégie nationale:

- Quel mix énergétique pour 2030 et 2050 ?

- Quelle position adopter vis-à-vis du nucléaire ?

- Même question pour les gaz et huiles de schiste.

- Même question pour l’exploitation du pétrole et du gaz off shore.

- Quels objectifs pour l’éolien et le solaire ?

- Quels objectifs de développement de l’hydraulique ?

- Quels objectifs de développement de la biomasse ?

- Quel programme pour le stockage de l’énergie ?

- Même question pour la géothermie.

- Quel programme pour la capture et la séquestration du carbone ?

- Quels objectifs pour les économies d’énergie ?

- Quels seront les impacts de la transition énergétique sur l’activité économique ?

- Même question à propos des modes de vie ?

- Même question à propos de l’habitat, des transports.

- Même question à propos des infrastructures.

- Quels seront les coûts prévisionnels des différents scénarii ?

- Comment les coûts de développement seront-ils répartis entre l’Etat et le privé ?

- Quelles seront les sources de financement ?

- Quelles structures mettre en place pour supporter ces travaux ?

- Quel sera le cadre règlementaire, législatif, fiscal, d’accompagnement de la transition ?

Il s’agit donc de mener une réflexion approfondie non seulement sur l’évolution du mix énergétique souhaitable, mais aussi sur l’impact de cette évolution sur la société, son acceptabilité, et son coût.

Le scénario résultant ne pourra être qu’évolutif, tout en fixant une ligne directrice pour limiter les risques de dispersion des moyens.

L’un des risques qui guettent le bon déroulement des programmes est l’exposition aux influences externes liées à l’instabilité politique des Etats.

Les grandes décisions stratégiques sont en dernier ressort politiques, et les méandres de la politique auront un impact sur une affaire aussi importante que la transition énergétique.

Il se peut que cette révolution soit l’affaire du siècle, eu égard à son impact sur tous les aspects de l’économie. Les Etats qui la mèneront à bien en tireront un avantage certain, qui leur garantira un développement durable.

Affaire à suivre…

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