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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 14:40

 

11 Décembre 2012

«  L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas ».

Cette lapalissade, devenue la devise des pourfendeurs du gaspillage, a au moins le mérite de l’œcuménisme le plus large, elle ne peut que faire l’unanimité.

Reste maintenant à la mettre en application.

Au « bon » temps des réverbères fonctionnant à l’huile de tripes, c’était avant l’arrivée du gaz, il était d’usage de couper l’éclairage public les nuits de pleine lune (sauf à Paris où les vide-goussets étaient légion).

Sans vouloir imposer à nos contemporains des mesures aussi drastiques, il est clair que nous devrons faire preuve d’imagination pour obtenir un résultat tangible sans régresser à l’époque les lampes à huile de tripes, qui de toutes manières seraient rejetées car grandes émettrices de CO2 et autres cochonneries.

L’énergie étant utilisée dans tous les recoins de l’activité économique, tous les secteurs sont concernés, depuis les hauts fourneaux de la sidérurgie jusqu’à la plus modeste bouilloire, en passant par le chauffage des locaux, la production d’électricité, l’automobile, ou la fabrication du ciment.

Notre Pays ne « produit » que 20% de l’énergie qu’il consomme, le reste est importé à un prix qui nous est imposé par les marchés internationaux, ce qui plombe la balance du commerce extérieur et nous place à la merci d’évènements géopolitiques contraires .

D’autre part il faut bien préparer l’après pétrole, et peut-être l’après nucléaire, sachant que les énergies nouvelles ne seront prêtes à prendre (partiellement) la relève que dans plusieurs décennies.

Et dans le même temps nous sommes tenus de réduire fortement nos émissions de CO2 afin de limiter l’ampleur du désastre annoncé ( Même si quelques doutes subsistent encore dans certains esprits frondeurs).

La nécessité de développer une stratégie de sobriété énergétique ne fait donc plus controverse et la plupart des acteurs ont intégré cette exigence dans leurs programmes de nouvelles applications et de remplacement des anciennes.

Les diverses normes européennes ou nationales imposent maintenant des performances énergétiques aux diverses réalisations technologiques et sont garantes de productions désormais plus proches à l’idéal écologique.

Mais ceci ne concerne qu’une partie des parcs existants.

La très grande majorité des parcs est constituée de matériels de conception ancienne dont l’efficacité énergétique laisse à désirer.

Par exemple l’électricité est produite par des installations thermiques dont le rendement ne dépasse pas 30% ( y compris les centrales nucléaires), le reste de l’énergie primaire est perdu dans l’atmosphère.

Dans un autre domaine, la consommation spécifique des logements pour le chauffage est souvent supérieure à 300 KWh/m2/an , alors que les méthodes modernes de construction permettent de se contenter de 50 KWh/m2.

D’autres exemples, comme les ampoules basse consommation, montrent que d’énormes économies peuvent être réalisées en rationalisant les procédés d’utilisation de l’énergie primaire.

Ces améliorations sont effectivement mises en œuvre lors du renouvellement des installations ou de la construction d’installations nouvelles.

Le chauffage des logements est un important poste de gaspillage, et des solutions techniques efficaces existent permettant des gains considérables d’énergie.

Mais la rénovation thermique de la totalité du parc ne peut se faire que sur plusieurs décennies, eu égard aux investissements colossaux nécessaires.

Il y a en France 35 Millions de logements dont environ 70% nécessiteraient des travaux d’isolation thermique d’un montant approximatif moyen de 20 000 euros, ce qui représente un investissement global de 500 Milliards d’euros.

A raison de 1 Million de logements rénovés par an, il faudrait 20 ans pour réaliser le programme ( et 25 Milliards par an), en sus évidemment de la construction des logements neufs.

Ceci pour donner une idée de l’échelle de temps à considérer et des sommes en jeu.

(Rappelons que le gouvernement a récemment annoncé un objectif de 0,6 millions de logements rénovés par an, et de 0,4 millions de logements neufs, ce qui porterait à plus de 30 ans l’échéance de l’achèvement des travaux de rénovation).

L’ADEME estime plutôt ce chiffre à 40 ans, soit à l’horizon 2050.

( OPEN, Observatoire Permanent de l'amélioration ENergétique du logement ).

Aujourd’hui le rythme de rénovation des logements est de 150 000 par an, ce qui montre l’ampleur de l’effort à accomplir.

Actuellement Le différentiel entre le coût de l’investissement pour le propriétaire du logement , et l’économie financière réalisée sur la consommation d’énergie, est encore trop faible pour susciter une forte demande.

Pour atteindre le rythme de 600 000 rénovations par an, un considérable effort d’incitation devra être consenti, reposant sur une politique diversifiée:

- Tarification progressive de l’énergie.

- Quotas énergétiques.

- Crédits d’impôts.

- Soutien au développement de solutions économiques en rénovation.

- Etc…

Les récentes tentatives de mise en place de la tarification progressive de l’énergie se sont heurtées à une vive opposition populaire, le système étant par trop inégalitaire. Il en serait évidemment de même des quotas, qui ne seraient pas perçus plus favorablement.

D’autre part, dans le secteur locatif, le mouvement ne peut être initié qu’à travers une législation contraignante pour les propriétaires, qui peut se révéler contre productive.

Ainsi, malgré un vaste consensus sur la nécessité d’économiser l’énergie, la mise en pratique de ce programme se heurte au manque d’enthousiasme des usagers, qui refusent de s’engager financièrement, arguant du manque de ressources en période de crise économique, ce qui est hélas la triste réalité.

D’autres dépenses plus urgentes mobilisent les ressources financières des ménages, comme les loyers, les transports, les dépenses d’énergie précisément, les dépenses de santé non remboursées, et les incertitudes du marché du travail incitent plutôt à l’épargne qu’aux dépenses non immédiatement nécessaires.

Les prévisions théoriques se heurtent une fois de plus au principe de réalité…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

doc zaius 18/01/2013 15:49

Bonjour Sasqat,
Intéressant rapport dont il y a sûrement beaucoup à tirer.Il nous sera d'une grande utilité.

sasqat 17/01/2013 14:44

Bonjour,

je reviens sur cet article pour partager le rapport officiel sur l'état du logement en 2010

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/References/2012/etat-du-logement-en2010-references-dec2012.pdf

ce document est une mine d'information.
on notera par exemple
page 29 le graphe donnant l'évolution de la consommation d'énergie à climat constant
page 27 le taux d'effort des ménages
Page 25, la part des foyers déclarant avoir eu froid (en 2006)
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