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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 11:04

22 Janvier 2011


Les énergies renouvelables recueillent une grande sympathie parmi les foules. Mais l’usager considère en général que l’énergie est le problème de son fournisseur. Il se moque de savoir si l’électricité qu’il reçoit à la maison est produite par l’atome, le charbon, le gaz, le pétrole, le vent, l’eau, ou la géothermie, pourvu qu’elle soit en 220 volts/ 50 Hz.


C’est du moins à cela qu’il a été habitué depuis les débuts de l’ère industrielle, et il n’a pas très envie de changer ses habitudes.


Selon ce schéma c’est donc à l’Etat, ou aux grands fournisseurs, de prendre en charge le basculement vers les énergies propres, en utilisant le réseau électrique existant pour y raccorder les nouvelles centrales, qu’il s’agisse de centrales solaires, de parcs éoliens, de barrages  hydro-électriques, ou de centrales photovoltaïques.


Seul l’Etat et/ou les grandes compagnies ont la compétence, les moyens industriels et les ressources financières pour développer un grand projet énergétique.


Qu’en est-il concrètement en matière d’énergies renouvelables ?


En France il existe deux sites photovoltaïques, qui méritent à peine le nom de centrales: Dans le Gers ( 9 MW) et à Vinon-sur-Verdon ( 4 MW ).


En Espagne et en Italie nous trouvons deux centrales de 60 et 70 MW.


Pour le solaire thermodynamique, les grands acteurs  n’ont pas fait très fort non plus: en France on se souvient de l’essai de Thémis, resté sans suite.


Il faut aller en Californie pour trouver une centrale solaire de 350 MW, ou en Espagne.


L’éolien a été plus favorisé, du moins dans certains pays. En France le démarrage a été assez tardif ; fin 2009,  3000 éoliennes étaient raccordées au réseau, contre plus de 20 000 en Allemagne.


Les énergies renouvelables sont donc, du moins en France, modérément exploitées par les grands acteurs de l‘énergie.


On connait la raison: L’électricité est à  85% d’origine nucléaire, la France est à la pointe de cette technologie, que ses partisans réussissent à faire passer pour une énergie propre. Alors pourquoi dépenser des milliards à faire tourner des moulins à vent ?


Mais l’industrie a besoin du marché pour prospérer. Il faut vendre des éoliennes et du photovoltaïque.


Alors on a pensé aux usagers .


L’éolien domestique est rendu impossible par une règlementation sévère sur le bruit, la hauteur, et l’obligation d’être en ZDE pour bénéficier des crédits d’impôts. C’est donc une affaire de collectivités territoriales, qui suit son cours avec une croissance honorable.


Reste le photovoltaïque.


L’usager  a donc été incité à s’équiper de panneaux, en lui faisant miroiter l’avantage financier d’un crédit d’impôt et d’un bénéfice réalisé sur la revente de sa « production » à EDF à tarif préférentiel.


Beaucoup d’usagers propriétaires de logements individuels, d’immeubles, ou de locaux tertiaires  se sont laissés séduire par la présentation du montage financier, et ont garni leurs toits de quelques mètres carrés de panneaux.


Une installation de ce type est censée être bénéficiaire au bout de quinze ans. Les dépliants ne précisent pas quelle est la durée de vie des équipements…..


La puissance utile de ces petites installations est évidemment modeste, on peut espérer récupérer une centaine de KWh /an/m2.


Le montage financier incitatif repose sur une sorte de mutualisation de la dépense. C’est assez curieux: L’argent que EDF dépense pour acheter la production des usagers équipés est imputé sur la facture des autres usagers. Ce système ne peut évidemment pas durer, pour deux raisons:


D’abord les « autres » usagers n’accepteront pas de continuer à subventionner les fantaisies photovoltaïques de leurs voisins ou du supermarché .


Ensuite, des petits malins ont profité de l’effet d’aubaine pour monter des panneaux n’importe où, y compris sur des parkings.


Le Premier Ministre a donc décidé de siffler la fin de la récréation.


Le 2 Décembre 2009 ( peut-être en souvenir d’un certain coup d’Etat ? ) François Fillon annonçait une remise à plat du système de soutien de la filière photovoltaïque et prononçait un moratoire sur les nouvelles installations, jusqu’en Mars 2011, date à laquelle Nathalie et Christine sont censées présenter un projet, approuvé par Eric Besson bien entendu.


Pour l’instant les installations domestiques ne sont pas concernées. Elles sont occupées à digérer les baisses du tarif de rachat .


Ce coup du père François est moyennement apprécié des industriels  dont certains pensaient avoir décroché le jackpot et s’étaient  mis à fabriquer des panneaux à tour de bras.


Il était bien prévu dès le départ que les mesures incitatives financières ne dureraient pas. Elles furent mises en place pour soutenir la filière dans sa phase de lancement afin de  permettre aux industriels de trouver un rythme de production, et donc des prix de revient, compatible avec les possibilités du marché.


Cette remise à plat est cependant perçue comme un coup d’arrêt par la profession, et comme une remise en question des programmes du Grenelle de l’environnement.


Le prétexte de distorsion de concurrence invoqué par le Premier Ministre ne tient pas si l’on regarde ce qui se passe outre-Rhin en matière d’incitations financières.


D’ailleurs qui fait concurrence à qui ?


On constate une fois de plus qu’en matière de progrès , les freins ne viennent pas de la technologie, mais de l’administration.



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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