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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 15:40

10 Février 2011


Après avoir subi une éclipse de plusieurs décennies pour cause de réchauffement climatique, le CO2 bénéficie d’un retour en grâce par le canal des énergies vertes et notamment du bois énergie.


Bien sûr, le cycle végétal du carbone est connu depuis la nuit des temps, et nos ancêtres du Néolithique ont compris rapidement que le bois peut être source d’énergie pour peu que l’on sache allumer un feu.


Aussi, dès le lancement de la croisade contre les énergies fossiles carbonées, les végétaux sont-ils apparus comme une alternative propre et durable. Une manière , certes compliquée, mais pratique d’utiliser l’énergie solaire. Bien sûr le rendement est minable, mais l’usine est naturelle  et le combustible gratuit.


Les esprits chagrins ont alors très justement fait remarquer que ce procédé de substitution présente quelques inconvénients dont il y aurait lieu de tenir compte:


- La masse végétale est limitée. Les surfaces utilisables sont en concurrence avec les zones agricoles qu’il faut préserver pour nourrir les quinze milliards d’habitants de la fin du siècle, sans oublier une population comparable d’animaux domestiques.


- Il existe d’autres procédés, beaucoup plus efficaces, pour transformer l’énergie solaire sans passer par la production de CO2. Ces procédés nécessitent eux aussi de la surface et seront donc des concurrents du végétal.


- La combustion, ou la distillation, du bois et des végétaux en général, dégage en plus du CO2 des résidus très polluants qu’il faut impérativement éliminer.


- L’utilisation du cycle végétal pour exploiter l’énergie solaire est une opération désastreuse au plan occupation du sol/ rendement énergétique.


Un hectare de sol exploité pour du bois énergie peut fournir de l’ordre de 15 MWh/an ( variable selon le type d’exploitation et les espèces).


La même surface recouverte de panneaux solaires fournit près de


1000 MWh/an, soit environ 70 fois plus.


Il est donc évident que l’exploitation du sol pour le bois énergie doit être réservée aux territoires très vastes , très peu peuplés, et naturellement peu propices à l’agriculture ou a l’élevage. On pense par exemple aux forêts scandinaves.


Dans les pays très peuplés et urbanisés de l’Europe de l’Ouest, la démarche se bornera à exploiter la forêt déjà existante. En France par exemple, la forêt occupe 30% du territoire, elle est très morcelée, répartie entre des milliers de propriétaires; la rationalisation de son exploitation demandera de gros investissements et une probable modification du code forestier. Il n’est pas raisonnable d’envisager son extension.


Si l’on considère que 50% de la surface forestière française pourrait être exploitée en bois énergie ( ce qui est considérable, eu égard aux autres utilisations plus rentables du bois ) , 120 TWh/an pourraient être obtenus (Hors Guyanne française).


La consommation d’énergie primaire de la France est de 3 200 TWh/an.


Le bois énergie d’origine Françe métropolitaine pourrait donc contribuer pour environ 4%.


Les perspectives de nouveaux gisements de bois énergie en France consistent donc essentiellement en une amélioration des conditions d’exploitation  et d’utilisation des ressources déjà existantes:


- Choix des espèces.


- Valorisation des résidus de coupes ( plaquettes et granulés).


- Mesures incitatives pour la mise en exploitation des parcelles privées délaissées.


- Bonification du rachat d’électricité produite par des centrales au bois.


La ressource bois énergie est censée représenter le tiers des énergies renouvelables en 2020, soit 7% de l’énergie totale consommée.



 

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