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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 12:10
16 Septembre 2011
La Presse, tant spécialisée que généraliste, nous abreuve d’articles dithyrambiques sur la voiture électrique, présentée comme LA solution aux fléaux qui menacent la planète. Elle résout à la fois les problèmes du dioxyde de carbone, de la dépendance énergétique, des oxydes d’azote, du coût du carburant, de l’épuisement des ressources naturelles, et du bruit.
Plusieurs modèles sont aux catalogues des principaux constructeurs, à propos desquels les experts ne tarissent pas d’éloges.
Et pourtant le marché ne décolle pas.
Au premier semestre 2011 en France, ont été immatriculés 6 000 véhicules hybrides et 1 000 véhicules électriques.
( Source AAA )
 
Immatriculations VE et hybrides Source AAA
 
 
 
Les courbes des ventes ne montrent aucun signe d’enthousiasme, et sont plutôt alarmantes pour de second semestre.
Il y a plusieurs raisons à cette frilosité:
- Le marché de l’automobile n’est pas celui de la High-Tech. On ne vend pas une voiture comme un Smart-phone ou un lecteur MP3. Le client, familiarisé avec une technologie parfaitement éprouvée depuis presque un siècle, ne se laissera pas séduire facilement par une solution nouvelle qui sent un peu le bricolage et la mise au point précipitée.
- Les modèles hybrides proposés sont 20 à 30% plus chers que leurs équivalents classiques, et leur valeur de revente est plus que problématique. Un tel sacrifice financier ne peut être consenti que par un acheteur désireux d’afficher une posture écologique, ce qui constitue une minorité.
- Seuls les modèles totalement électriques sont proposés à des prix de niveaux comparables à ceux des modèles équivalents à moteurs thermiques, compte tenu du bonus écologique et hors batterie, proposée en location.
Mais alors se pose un gros problème, celui de la recharge de la batterie.
Les infrastructures nécessaires sont inexistantes et la panne sèche guette l’automobiliste imprévoyant .
- Les coûts annoncés pour les contrats de location de batterie sont dissuasifs, ils équivalent pratiquement au coût du carburant diesel pour
15 000 km/an sur un véhicule classique, et il faut ajouter à ce coût celui de l’électricité évidemment.
- Les constructeurs rivalisent de publicité sur leurs nouveaux et prochains modèles, qui n’en finissent pas d’être en phase de lancement, donnant ainsi une impression de manque de maturité, ce qui d’ailleurs correspond à la réalité.
- Certains articles de presse laissent planer un doute sur la fiabilité des batteries, allant même jusqu’à parler de risque d’explosion et/ou d’incendie avec projection de produits toxiques. Pas vraiment de quoi rassurer les futurs acheteurs, dont certains se souviennent des problèmes du GPL.
On comprend dès lors que les clients ne se précipitent pas dans les concessions.
Il faudra probablement beaucoup plus que quelques encarts publicitaires pour booster ce marché.
En attendant que l’engouement des particuliers se manifeste, les constructeurs développent une stratégie orientée vers les flottes de véhicules à usage professionnel. L’appel d’offres de VE lancé par l’UGAP ( Union des Groupements d’Achats Publics ) est un exemple de ce genre de démarche. La première tranche porte sur 23 000 véhicules, pour passer à 100 000 par la suite.
Une évolution de la règlementation sur la pollution en centres villes aura également un impact positif sur les ventes de VE ( Développement des
ZAPA ).
Pour le moment, le véhicule électrique du futur reste un objet roulant non identifié. Entre le EV ( tout électrique), le HEV ( assistance électrique, non rechargeable), le PHEV ( HEV rechargeable), le client est bien en peine de faire son marché, eu égard au problème collatéral de recharge de batterie, assez mystérieux quant au prix de revient réel du KWh sur des bornes de recharge publiques, qui n’existent pas encore…
Monsieur Prudent sera bien avisé de patienter jusqu’en 2015 pour y voir un peu plus clair.
 
 
 
 

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