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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:09

 

30 Mars 2013

La nécessité d’une transition énergétique n’est plus à démontrer.

Même le citoyen le moins informé ne peut plus ignorer que nous allons devoir accomplir trois révolutions à la fois industrielle, économique et sociale:

- Réduire drastiquement notre consommation d’énergie.

- Se passer des sources d’énergie fossiles.

- Développer la production et l’usage des énergies propres et renouvelables.

A ce programme déjà très ambitieux il faut ajouter une option qui est l’abandon du Nucléaire civil.

Les solutions technologiques disponibles pour tenter de réaliser cette transition sont déjà connues, et pour certaines déjà utilisées à petite ou moyenne échelle. Rappelons-en les grandes composantes:

- Hydraulique.

- Biomasse.

- Biocarburants.

- Solaire.

- Eolien.

- Géothermie.

- PAC.

Il n’est donc pas nécessaire d’entreprendre des recherches fondamentales pour découvrir des principes nouveaux.

Par contre des travaux de développement de filières industrielles restent indispensables pour optimiser les rendements et atteindre la compétitivité.

Les obstacles à la transition énergétique ne sont donc ni théoriques, ni technologiques.

Les problèmes sont politiques, économiques et financiers.

Ce sont hélas les plus difficiles à résoudre.

Dans la liste des sources d’énergie nouvelles disponibles, nous n’aurons pas à effectuer un choix, il faudra les mettre toutes en œuvre.

Et cela va coûter très cher, on parle de milliards pour la prochaine décennie.

Le problème de la transition énergétique se résume donc à la recherche d’un trésor dans lequel il serait possible de puiser à hauteur d’au moins mille milliards à court/moyen terme, disons d’ici 2020-2025.

Sans cet effort financier la transition restera un vœux pieu et sera reportée à des jours meilleurs.

Il n’est un secret pour personne que l’Etat ne possède pas ce trésor, mais qu’il doit au contraire des sommes colossales à des créanciers majoritairement étrangers.

On ne peut imaginer se procurer cet argent par un accroissement de la dette nationale, autant saborder le navire tout de suite.

De toutes façons, en économie de marché, ce n’est pas à l’Etat de se substituer aux investisseurs, son rôle est de définir des orientations, de soutenir des budgets de recherche et de développement de filières industrielles, et d’aider à la création de savoir-faire.

Les Zinzins prennent ensuite le relais pour la phase industrielle, à condition qu’il existe des perspectives de rentabilité.

Et c’est là que la bât blesse.

Dans les énergies renouvelables les perspectives de retour sur investissements ne sont pas évidentes.

En effet, le Solaire et l’Eolien, puisque c’est d’eux qu’il s’agit essentiellement, produisent de l’électricité à un coût très supérieur au prix de vente fixé par le tarif public. Ceci est logique puisqu’il s’agit de technologies en phase de maturité, donc en début de courbe d’apprentissage, rien d’anormal en cela. Il faudra dix à quinze ans pour que, grâce à l’économie d’échelle qui permet l’optimisation des coûts, la production soit compétitive en face des procédés actuels largement amortis.

Le développement de ce nouveau secteur implique donc la mise en place d’un modèle économique qui permet d’accepter les coût élevés des ENR tout en conservant un tarif public de l’énergie acceptable par les consommateurs, et ceci pour une durée de dix à quinze ans.

Ce modèle est basé sur d’une part un tarif d’achat de la production des ENR compatible avec la rentabilité des installations, et d’autre part sur le financement du surcoût par le consommateur à travers la taxe spéciale CSPE, aidée éventuellement de la TICPE appliquée aux énergies de réseaux.

Au terme d’une période « d’apprentissage » , qui peut durer une dizaine d’années voire davantage, les coûts de production Eolien et Solaire se réduiront, en même temps que le prix public de l’énergie augmentera. Les deux se rencontreront autour d’un prix qui sera deux à trois fois le prix actuel.

Il s’agit d’une adaptation progressive de l’Industrie à de nouvelles structures de production, et des usagers à un nouvel environnement où le coût de l’énergie ne sera plus compatible avec le laxisme actuel en matière de consommation.

Cette transition ne pourra s’effectuer que sur le long terme, et à un rythme qui dépendra de la situation économique du pays.

Les consommateurs ne seront pas au bout de leur peine.

En même temps qu’ils financeront le développement des ENR, ils devront financer le démantèlement des vieilles centrales nucléaires, qu’il faudra bien arrêter un jour, la construction des nouvelles centrales ( soit EPR, soit à gaz et Co-génération), et investir dans l’isolation thermique de leurs logements.

Toutes ces dépenses, inévitables sous peine de rater la transition énergétique, donnent le vertige. Un tel challenge paraît tout simplement fantaisiste dans le contexte économique actuel exposé par les média comme un cumul de situations catastrophiques.

Et pourtant l’argent est là.

Selon le BIPE, les français épargnent chaque année 16% de leurs revenus. Leur patrimoine cumulé s’élèverait à 11 000 Milliards d’euros, et leur épargne financière à 5 000 Milliards !

Ces chiffres, qui ressemblent à une provocation, sont hélas la réalité.

Bien sûr ce pactole ne concerne ni les chômeurs, ni les travailleurs précaires, ni les petits retraités.

On notera au passage qu’une partie de la dette nationale est contenue dans ce prodigieux bas de laine ( le reste de la dette est détenu par des étrangers).

Il y a donc des français riches.

Le problème du financement de la transition énergétique et, au passage, du remboursement de la dette nationale, se résume donc à trouver un moyen d’exercer une ponction sur le tas d’or détenu par les nationaux.

O bien sûr, il ne s’agit pas d’utiliser la méthode chypriote, peu dans les traditions de chez nous ( quoi que ), mais d’exercer une certaine pression pour orienter les placements vers par exemple la nouvelle banque d’investissement, et/ou d’inventer quelque taxe subtile qui aboutirait au même résultat sans toutefois provoquer la fuite des capitaux.

A vot’ bon cœur m’sieu dames…

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

doc zaius 01/04/2013 10:44

Certes, la problématique est très complexe, au point que l’on peut se demander s’il existe une solution.
Les théoriciens de la théorie sont partagés entre deux positions extrêmes:
Soit adopter la tactique du hérisson, se replier sur des positions classiques et faire le gros dos en attendant qu’un Deus ex machina nous donne les clés pour faire redémarrer le moteur de
l’économie.
Soit recourir à la magie imitative, prouver le mouvement en marchant, innover tous azimuts, et donc dépenser à tout va, en espérant que cette activité artificielle sera créatrice d’emplois et que
ces emplois amorceront la pompe.
On peut faire un pas en avant lorsqu’on est le dos au mur, mais si l’on est au bord du gouffre il vaut mieux éviter.
L’argent des français est peut-être un mirage que le voyageur perdu dans le désert n’atteindra jamais…

sasqat 31/03/2013 11:23

présenter des chiffres globaux masquent de grandes disparités.
Vous le notez justement; mais il me semble qu'il faut appuyer sur ce point
Les 6000 Md d'immobilier sont un argent fictif qui tient essentiellement à une bulle immobilière récente

Les 5000 Md de placement sont à pondérer de 1100 Md d'encours de crédits.
reste que la répartition des crédits et des placements est très inégale.
Je n'ai pas encore trouvé d'études précises mais je suis convaincu que les placements concernent essentiellement 20% de la population alors que les crédits concernent 95%
Le taux d'endettement moyen des ménages (84%) cache certainement de fortes disparités, ie moins on est riche, plus ce taux est élevé.

Un dernier point à considérer :
l'épargne a une triple fonction :
1) sécuriser les aléas professionnels (qui seront de plus en plus nombreux)
2) sécuriser l'après "vie professionnelle"
3) transmettre aux enfants pour les aider à démarrer dans la vie active

Alors ponctionner d'avantage, même de manière insidieuse, risque d'avoir des effets pervers, en particulier un accroissement de la précarité

Autre effet pervers probable induit par des ponctions supplémentaires :
baisse de la consommation, en particulier dans le domaine des loisirs, ce qui provoquerait mécaniquement une augmentation du chomage


.... La problématique est extremement complexe