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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 18:30

 

9 Mars 2012

L’idée que la Terre tourne autour du Soleil, et non l’inverse, a mis longtemps à s’imposer, car en fait pour le commun il s’agissait d’une abstraction sans aucune conséquence pour les sociétés humaines. Seuls étaient concernés évidemment l’Eglise et quelques rats de bibliothèques ou quelques astronomes un peu curieux. Et de plus, à l’époque la curiosité était un vilain défaut.

Notre époque nous confronte à un nouveau changement de paradigme, dont cette fois les conséquences sont susceptibles d’impacter directement nos sociétés, voire même la survie de l’espèce humaine.

Il s’agit bien sûr du changement climatique.

Nos ancêtres ont longtemps vécu dans la tranquille certitude de l’immuabilité des choses de la nature. Le déroulement des saisons souffrait bien parfois de quelques sautes d’humeur, mais les années de vaches maigres étaient suivies d’années de vaches grasses, en sorte que sur une période de trois ou quatre générations le climat paraissait constant. Une fois disparu l’arrière grand père, la mémoire du climat passé s’estompait et le climat présent devenait le climat de toujours. C’est d’ailleurs encore vrai de nos jours tant la mémoire collective est courte; les hivers considérés comme froids aujourd’hui font sourire les anciens qui ont connu les années cinquante.

Nous savons maintenant que les variations climatiques de fortes amplitudes ont toujours existé, et peut-être même ont-elles favorisé l’expansion de l’espèce humaine en stimulant les capacités adaptatives de nos lointains parents et en les incitant à parcourir le monde pour découvrir des territoires plus cléments.

Cependant, depuis environ 10 000 ans, la température moyenne du globe s’est maintenue dans une fourchette de 2°C, avec de fortes variations régionales il est vrai. Le dernier épisode remarquable, le « petit âge glaciaire », du XVIè au XIXè siècle, est resté gravé dans les écrits du temps malgré une baisse de température moyenne faible, environ 1°C par rapport à l’optimum médiéval.

Aujourd’hui nous sommes confrontés à une menace autrement plus sérieuse, celle d’un réchauffement d’une ampleur et d’une rapidité sans précédents dans le passé, entre 2 et 6°C, voire même davantage selon certaines évaluations, et ceci en seulement un siècle.

Une telle montée en température, sur une période aussi courte, serait une catastrophe planétaire entrainant des bouleversements géopolitiques susceptibles de compromettre la fragile stabilité de nos sociétés.

Il est facile de comprendre que plus la montée en température sera grande, et plus grands seront les bouleversements. Il n’est donc pas indifférent de savoir si la hausse sera de 2°C ou de 6°C; dans le premier cas la situation sera difficile mais gérable, dans le second cas c’est l’apocalypse qui nous guette…

Dans l’un ou l’autre cas nous avons des dispositions à prendre et les décideurs de la planète doivent savoir à quels types de catastrophes ils auront à faire face afin de prendre des mesures pour minimiser les dégâts.

L’oracle de Delphes ayant fermé boutique, nous devons nous adresser aux mages modernes que sont les scientifiques. Ils ne lisent pas l’avenir dans les entrailles de mouton, ils disposent de truchements en principe plus crédibles, ils interrogent même les cieux par l’intermédiaire de satellites, ils refont le monde avec leurs ordinateurs. De la connaissance du passé ils estiment pouvoir prédire l’avenir ( Ah, se prendre pour le créateur…).

Les mages officiels ont délivré des prédictions à tiroirs. Plusieurs options sont proposées, selon la sagesse des hommes. Nous retrouvons là l’expression d’un plan divin laissant à l’Homme une part de libre arbitre.

Seulement la recette pour rendre les hommes plus sages n’est pas fournie…

A coté de cette « magie d’Etat » il existe une magie dissidente qui propose d’autres prédictions reposant sur une autre façon d’interroger les entrailles de mouton , pardon, les ordinateurs. Leurs crédibilité est aussi bonne que celle des mages officiels, car les diplômes dont ils sont bardés sont délivrés par les mêmes druides.

Faire confiance aux uns ou aux autres, c’est donc un peu jouer le destin de la planète au tric trac, ce qui fait désordre. Qui a dit « Dieu ne joue pas aux dés ? ».

Certains décideurs de la planète, et non des moindres, ont rapidement réalisé que les perspectives d’évolution du climat décrites par les experts n’étaient que des prédictions et qu’il y avait lieu de leur accorder l’importance que l’on accorde habituellement aux prédictions, c’est-à-dire une écoute bienveillante accompagnée d’une croyance conditionnelle et d’un engagement limité et prudent.

( Voir protocole de Kyoto et sommet de Durban)

Sans aller jusqu’à cautionner la déclaration de Corinne Lepage à l’AFP:

« Dans le monde politique tout le monde s’en fout complètement », il faut admettre que les décideurs de la planète ont tendance à traiter le problème « par-dessous la jambe ».

Il est vrai que s’occuper à la fois des problèmes urgents et des problèmes du prochain siècle nécessite de pratiquer un grand écart intellectuel pour lequel nos structures de gouvernement ne sont pas préparées.

Peut-être aussi faudrait-il commencer par le commencement: Avant de penser à organiser l’avenir, il ne serait pas absurde de commencer par mettre de l’harmonie dans le présent.

Du pain sur la planche….

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