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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 15:15

6 Mai 2011


Nous avons vu que, même en l’absence de catastrophe nucléaire, notre environnement est en permanence imprégné de radiations ionisantes d’origine naturelle technologiquement renforcée, ou d’origine industrielle liée à l’utilisation de produits radioactifs ( centrales électronucléaires, applications industrielles et médicales des rayons ionisants), ou d’activités de défense et reliquat d’essais nucléaires atmosphériques.


Une catastrophe nucléaire augmente bien entendu cette imprégnation, la pollution atmosphérique se répandant autour du globe grâce aux courants aériens.


Cet environnement est dangereux pour l’organisme humain, qui subit deux types d’atteintes:


- L’exposition aux rayons ionisants en provenance de l’atmosphère, du sol, des roches, d’examens radiologiques, ou de la proximité d’une quelconque source émettrice.


- La contamination par inhalation et par la chaîne alimentaire.


Pour tenter de maîtriser les risques liés à la radioactivité de l’environnement, L’Etat amis en place une structure chargée de la règlementation, du contrôle, et de l’information aux autorités et au public.


Le cadre législatif est la Loi TSN ( Transparence et Sécurité Nucléaire) du 13 Juin 2006.


Cette Loi s’accompagne de la création du HCTISN ( Haut Comité pour le Transparence et l’Information sur la sécurité Nucléaire ), dont les missions sont clairement rappelées dans sa désignation.


A la même occasion fut créée l’ASN ( Autorité de Sureté Nucléaire ), chargée de mettre en œuvre les missions définies par la loi.


Pour l’expertise technique, l’ASN s’appuie sur l’IRSN ( Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire ), créé en 2001.


Les accréditations nécessaires lui sont délivrées par la COFRAC ( Comité Français d’ACcréditation ) créée en 1994, seule instance française habilitée à délivrer des accréditations.


L’ASN travaille en liaison avec le DSDN ( Délégué à la Sureté Nucléaire Défense ), et en délégation avec les ARS ( Agences Régionales de Santé ).


La tâche essentielle de l’ASN, dans sa mission de sureté nucléaire, est le contrôle des applications du nucléaire civil, particulièrement des centrales électronucléaires évidemment.


En complément de cette surveillance directe, l’ASN est en charge de la surveillance de l’environnement, non seulement au voisinage des centrales, mais également sur tout le territoire.


Les activités de l’IRSN, sous l’égide de l’ASN, sont rendues publiques et accessibles sur le site:


 

 

 

 

http://environnement.irsn.fr   


On pourra consulter également:


 

 

 

 

http://criter.irsn.fr/exercice/acteur   


et:


 

 

 

 

http://sws.irsn.fr/sws/mesure/index   


On voit que la matière ne manque pas, les informations sont là, nous en détaillerons certains aspects dans de prochains articles.


En face de la très officielle et très Etatique ASN/IRSN, il y a la CRIIRAD ( Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité).


C’est une association à but non lucratif, qui s’est constituée à l’occasion de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Elle se déclare indépendante des exploitants du nucléaire, de l’Etat, et des partis politiques ( C’est une déclaration gratuite). Elle s’est donné pour mission la critique des informations diffusées par l’IRSN, et l’analyse contradictoire des données sur la contamination radioactive.


Disposant d’un laboratoire d’analyses ayant reçu sa qualification du Ministère de la santé, et d’une équipe de terrain, la CRIIRAD est en mesure d’apporter une vision indépendante du problème de pollution de l’environnement par les radiations nucléaires.


Les deux entités, ASN/IRSN et CRIIRAD, ont évidemment des positions opposées sur la manière de traiter les informations, et sur la validité des données diffusées.


L’organisme d’Etat et l’Association à but non lucratif se déclarent tous deux indépendants, mais chacun possède sa propre sensibilité et les mêmes données peuvent être interprétées différemment.


L’ASN/IRSN intervient dans le cadre de la politique française électronucléaire et de la santé publique, alors que la CRIIRAD intervient au départ en tant que critique du travail de l’ASN et de son interprétation des données jugées à priori tendancieuse.


Il existe par ailleurs différents laboratoires possédant une accréditation COFRAC, et susceptibles d’intervenir à la demande pour réaliser des analyses. Peuvent y avoir recours les collectivités locales, les exploitants nucléaires, les associations, les représentants de la société civile, ou les entreprises, qui peuvent également s’adresser directement à l’IRSN.


Les mêmes dispositifs existent évidemment à l’échelle internationale.


Les moyens techniques existent donc à profusion pour effectuer toute mesure jugée utile, mais le crédit à accorder aux conclusions à l’usage du public reste partiellement remis en question par une partie de l’opinion.


En clair, la confiance du public n’est pas totalement acquise, il existe un doute sur la sincérité des affirmations des autorités, ce qui laisse du grain à moudre à la CRIIRAD. Un grand travail de communication reste à faire, le nuage de Tchernobyl n’est pas encore dissipé dans les esprits. Et ce n’est pas celui de Fukushima qui va contribuer à nous redonner un ciel bleu…



 


 


 


 

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