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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:07

 

6 Septembre 2012

Le nouveau Gouvernement a trouvé dans la cheminée un magnifique cadeau du père Noël ( ou de saint Nicolas au choix), une bombe à retardement dépourvue du manuel d’utilisation permettant notamment de la désamorcer.

Il s’agit d’une bombe énergétique dont le mécanisme est réglé pour nous péter au nez dans un délai diaboliquement incertain, en tous cas probablement avant 2050 selon les meilleurs artificiers du moment.

La tâche d’un Gouvernement responsable doit (devrait) être, toutes affaires cessantes, de désamorcer cette machine infernale sous peine de précipiter le pays dans le gouffre qui va s’ouvrir sous nos pieds dans quelques décennies.

Le nôtre (de Gouvernement) n’échappe pas à cette obligation, même si les préoccupations de court terme continuent de mobiliser son énergie.

Les solutions techniques théoriques permettant d’échapper à la crise énergétique sont connues, elles reposent sur la convergence de deux démarches complémentaires:

- D’une part la réduction de la demande par une réorientation de la société vers des pratiques moins énergivores, et par une mutation industrielle orientée vers la recherche de l’efficacité énergétique ( Consommer peu, mais bien).

- D’autre part le développement des énergies alternatives, dont les possibilités sont connues sans qu’il soit besoin d’y revenir.

Ceci est la théorie, très bien développée par exemple par le collectif Négawatt auquel le lecteur pourra se rapporter.

Mais chacun sait, ou devrait savoir, qu’entre la théorie et la mise en pratique de la théorie il y a de nombreux obstacles de nature politique, économique, financière, technologique, environnementale, dont le franchissement nécessite des moyens qui ne sont pas toujours disponibles.

Là où le théoricien du « Yaka » prouve sur le papier que le paradis est à portée de main, le responsable politique en charge des affaires doit composer avec les impératifs du monde réel qui le placent face à des logiques contradictoires, car il doit à la fois préserver le court terme tout en préparant le long terme:

- Le court terme lui impose de ne pas mettre le pays en panne face à une demande d’énergie croissante. Le long terme lui impose de se retirer des énergies fossiles pour cause de pénurie proche et de lutte contre le CO2.

- Le court terme lui interdit de casser un outil électronucléaire existant, en l’absence d’une solution de remplacement disponible. Le long terme lui fait un devoir de renoncer à l’atome au nom de la protection des populations.

- Le court terme lui suggère d’exploiter les gaz de schiste et le pétrole non conventionnel car c’est bon pour l’indépendance énergétique et la balance extérieure. Le long terme le lui interdit par respect pour l’environnement.

- Le court terme lui demande d’investir massivement dans le développement des énergies nouvelles. Le long terme lui impose plutôt de prévoir un plan de remboursement de la dette de l’Etat.

Etc…

Il y a donc des conflits entre les nécessités du court terme et les impératifs du long terme. Or notre responsable doit satisfaire à la fois les uns et les autres tout en composant avec les problèmes économiques et sociaux du moment et tout en respectant les accords internationaux et en particulier les traités européens.

Face à un horizon aussi inextricable, des compromis seront nécessaires pour placer le curseur dans une position optimale qui permettra une transition rationnelle entre le court terme et le long terme.

La nécessité des compromis exclue les positions extrémistes qui ne peuvent aboutir qu’à des situations de blocage.

La tâche des responsables politiques sera rude car la patate est vraiment très chaude…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

clovis simard 27/10/2012 03:32

Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.8 - J'ARRIVE OU JE SUIS ÉTRANGER.

Evelyne Dumont 06/09/2012 17:54

Bonjour Doc Zaiüs,

Vos articles sont toujours aussi intéressants.
Je n'y réagis pas toujours car le faire avec "densité" exige du temps et un "saut de compétence" mais je les apprécie et en tiens compte, l'air de rien !

Je veux quand même réagir ici ... spontanément si vous le permettez et même "trivialement" : tout de même, on peut demander que les intéressés qui se présentent à des élections politiques soient
bien conscients des "rudes" problèmes qui les attendent et y aient réfléchis très sérieusement pour proposer des solutions valables ...

sinon c'est vraiment du "pipeau" ou, dit autrement, seulement une motivation concernant "le pouvoir pour le pouvoir" commode pour son petit ego.

Or, à notre époque d'immense complexité avec la mondialisation cela devient inacceptable de se lancer à l'aventure. C'est même IMMORAL. Si on n'est pas compétent, on s'abstient (la compétence n'est
pas forcément prise au sens d'une spécialité, mais dans celle de percevoir la valeur de ce que disent les interlocuteurs, particulièrement quand il s'agit de "groupes de pression").

Car la politique, me semble t-il, c'est agir au delà des intérêts de soi et son cercle de "copains".
Je sais que la morale est un domaine et une valeur faisant parfois rire ... sauf peut-être - cf l'actualité - chez M. Vincent Peillon (une morale laïque), et alors bravo à lui. Pourvu que ce soit
vrai et que l'école remette les pendules à l'heure pour les générations futures.

Cela dit, mon optimisme ne condamne pas tous les actuels responsables ... pas encore !

Une évolution hautement souhaitable : qu'on abandonne la veille politique de la séduction, du blabla, des promesses qu'on oublie dès l'élection !!! Le "coup de jeune" il devrait être là.

"Sorry" pour la banalité de ce texte.

Cordialement.
E. Dumont

doc zaius 07/09/2012 11:33



Bonsoir,


Dure reprise après deux mois de vacances. Débrancher la prise juste pour voir, une petite cure de désintoxication.


Que de problèmes nous attendent, et pas seulement les hommes politiques.


Le prix des carburants à propos desquels il ne faut pas attendre de cadeaux en ces temps de disette budgétaire. La menace de malus sur nos consommations énergétiques, bien qu’on ne voie pas très
bien comment mettre en œuvre une telle usine à gaz. Les délocalisations, sur lesquelles le nouveau pouvoir semble dépourvu de moyens d’action. Les logements sociaux en panne et un CIF en
faillite, faut-il y voir une corrélation ? Une éducation nationale qui n’en finit pas de chercher sa vocation entre instruction publique, éducation des enfants, ou intégration des minorités.
Chômage massif avec destruction du tissu industriel. Dette colossale de l’Etat, que l’on tente désespérément de balayer sous le tapis.


Face à cette accumulation de problèmes, il est sûr que les choix d’une politique énergétique future n’ont pas le même caractère d’urgence, du moins en apparence.


Comment reprocher à un capitaine de navire ayant heurté un écueil de s’occuper avant tout de boucher les voies d’eau plutôt que de vérifier le menu des premières classes ?