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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 10:35

 

29 Mars 2013

L’expérience de ces dernières années a montré qu’il n’est pas aisé d’amener les clients à abandonner le concept classique à moteur thermique pour une solution nouvelle à propulsion uniquement électrique.

Les raisons de cette réticence sont multiples:

D’abord une méfiance bien normale à l’égard d’une technologie entièrement nouvelle, qui doit faire ses preuves.

Ensuite une autonomie notoirement insuffisante, voire pénalisante, liée à la nécessité de limiter le poids des batteries.

De plus cette autonomie, constatée dans la pratique, n’atteint que le tiers ou la moitié de la valeur annoncée dans les catalogues ( norme NEDC), car la consommation est très fortement dépendante du mode de conduite, du chargement du véhicule et du profil du trajet. En sorte que le conducteur ne peut pas anticiper la panne sèche, sauf à se livrer à des calculs compliqués.

A cela il faut ajouter la corvée du rechargement, qui est journalier pour l’utilisateur intensif. Il devient très problématique de s’éloigner de son domicile de plus de 80 km car on n’est pas sûr de pouvoir revenir le même jour !

Puis il y a la consommation d’électricité, près de 4 MWh par an pour 20000 km, pratiquement les besoins totaux d’un logement moyen conforme à la RT2012 !

Et en plus une grande part d’inconnu sur la valeur à la revente et le prix de l’énergie électrique dans le cadre de la nouvelle loi sur l’énergie.

Pour toutes ces raisons beaucoup de constructeurs se sont rangés à la solution du compromis de la voiture hybride, un moteur thermique assisté d’un moteur électrique, solution qui permet d’échapper à tous les inconvénients ci-dessus.

Avec la ZE, Renault a choisi au contraire de rester dans le tout électrique, donc d’assumer les inconvénients cités, et même d’en rajouter puisque la voiture nécessite un système spécial de rechargement, les bornes classiques 16 ou 20A/ 230V domestiques ne sont pas utilisables !

Au prix du véhicule ( artificiellement réduit grâce à une incitation fiscale de 7000 euros !!) il faut ajouter la location de batterie, à négocier lors du passage de la commande. Compter une centaine d’euros par mois pour un contrat sur cinq ans et 20 000 km/an, ce qui correspond sensiblement au coût du carburant pour un véhicule classique Diesel consommant 4 L/100.

Et il faut bien sûr payer en plus l’électricité pour les recharges, à un prix du KWh qui est attractif aujourd’hui mais qui demain pourrait bien faire l’objet d’une tarification particulière affectée notamment par la TICPE.

Par ailleurs il faut noter que l’incitation fiscale annoncée atteint 30% du prix catalogue, ce qui représente 0,7 Milliard d’euros pour 100 000 véhicules !

On peut se demander à quoi correspond un tel modèle économique dans un environnement concurrentiel, et qui paiera la note en cas de succès du modèle ?

De l’aveu même de Renault, ce modèle est strictement une voiture de ville, mais qu’est-ce qu’une voiture de ville ?

Rappelons qu’en 2012 Renault a vendu en France 295 exemplaires de la Fluence électrique et 48 ZOE !

Il s’est vendu en 2012 près de 28 000 voitures hybrides, pour 5 700 tout électrique.

Un marché encore quasiment confidentiel sur lequel il est impossible de tirer des conclusions. A revoir dans cinq ans, en fonction de l’évolution de la règlementation anti-CO2, de la mise en œuvre des ZAPA, et de la nouvelle loi sur la tarification progressive des énergies de réseaux.

 

 

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