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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 16:55

5 Février 2011


Les énergies renouvelables ont donc le vent en poupe. Chez nous le Grenelle de l’environnement avait semble-t-il marqué le début d’une ère nouvelle. La leçon était comprise, l’avenir était aux énergies propres, et le charbon, le gaz, et le pétrole, voués à s’éteindre avant le milieu du siècle.


C’est du moins ce qu’on pouvait lire dans les rapports officiels, qu’ils émanent des officines ministérielles, des instances internationales intéressées au climat et/ou à l’énergie, ou des « ONG » de l’environnement et du développement durable.


Mais que peuvent les bonnes résolutions contre le principe de réalité?


Certes, les énergies renouvelables ont acquis un statut respectable. Le solaire, l’éolien, l’hydraulique, la biomasse, sont montés aux créneaux et ont occupé le devant de la scène. Ils sont désormais l’objet de plans de développement avec des objectifs de croissance ambitieux, qui laissent entrevoir une fin de siècle débarrassée des scories des énergies « sales ».


En y regardant de près, voit cependant que les réalisations ont beaucoup de mal à suivre les plans de croissance. les projets restent des projets, l’argent des investissements n’est pas là.


C’est que certains ont oublié que, depuis quelques décennies, l’Economie est devenue libérale, conformément aux idées d’avant-garde prêchées par les gourous de la spécialité. En foi de quoi fini le dirigisme d’Etat, fini les plans long terme, fini les investissements sur l’avenir, l’Etat ne doit intervenir que pour sauver les banques. Le mot d’ordre des investisseurs privés est le profit le plus immédiat possible.


Or les énergies renouvelables, c’est du très long terme, du gros investissement pour un profit aléatoire, s’il y a profit. Les chrysorchides se soucient peu de  risquer leur argent sur des moulins à vent alors qu’il y a tant de blé à se faire tranquillement en spéculant sur les marchés.


Les Etats ont bien compris qu’on comptait sur eux pour mettre des sous sur cette affaire d’énergies renouvelables, mais d’une part ce n’est plus dans leur rôle ( non interventionnisme oblige ), et d’autre part ils sont endettés jusqu’au cou et personne ne souhaite alourdir sa barque, les agences de notation veillent au grain.


Alors, on bricole.


On tricote des tarifs préférentiels pour convaincre les particuliers d’installer des panneaux PV, avec un montage financier scabreux. On tente de séduire les industriels pour les amener à l’éolien, on vante les mérites du bois énergie, mais on doit importer des granulés.


Cette stratégie des actions sporadiques ne peut mener bien loin, en tous cas pas où le Grenelle de l’environnement avait prévu de nous amener.


Il est donc probable qu’il nous faudra vivre encore longtemps, très longtemps, avec les énergies fossiles carbonées.


Comme on dirait au café du commerce, c’est çà ou le nucléaire.


Il faut dire qu’entre temps la fable de l’épuisement rapide des réserves d’énergie fossiles carbonées a fait long feu. En effet, il est vite apparu que plus le prix du pétrole croît, et plus les réserves d’énergie augmentent. A 100 dollars le baril c’est l’aisance; à 200 dollars ce sera l’euphorie et à 300 dollars,  Byzance.


Oui mais, diront les environnementistes, et le CO2 dans tout çà ?


Je crois bien qu’on l’a un peu oublié. Je ne suis pas sûr que les gourous de Wall Street soient très préoccupés par le taux de CO2, ils sont intéressés par d’autres taux, et par leur plan de carrière.


Plus le pétrole est cher, et plus il y a d’argent pour faire des trous. Alors, on creuse. Et on trouve des choses.


Certains pensaient vaguement à la possibilité d’un pétrole abiotique. On a trouvé beaucoup mieux: les gaz de schistes, en quantité pratiquement illimitée, et partout, même en France.


Ce lapin, sorti du chapeau des modernes puisatiers, sonne le glas des espoirs de voir les réserves fossiles s’épuiser durant ce siècle. Le filon est paraît-il phénoménal, il y en aurait même dans l’Ardèche !


L’exploitation des gaz de schistes n’est pas une nouveauté, mais restait peu rentable tant que l’énergie traditionnelle était relativement bon marché. Mais, avec un baril durablement supérieur à 100 dollars, les énergies non conventionnelles deviennent intéressantes.


Aussi tous les pays se lancent-ils dans des campagnes d’exploration de leurs sols. La France n’est pas en reste.


Mais ce nouvel eldorado possède une face cachée peu reluisante.


Le gaz n’est pas sous pression dans une poche, il est disséminé dans la roche mère sous forme de petits filets qu’il faut faire sortir en injectant de l’eau sous pression ( 700 bar ) à laquelle on ajoute du sable et une sauce chimique de composition secrète.


Les inconvénients sont évidents: risques de pollution des nappes phréatiques par des contaminants chimiques, micro fracturation des sols avec risques de fuite de gaz vers l’extérieur, atteintes à l’environnement à cause des nombreux forages rapprochés nécessaires, énorme consommation d’eau, importantes infrastructures, etc…


Aux Etats-Unis,l’EPA ( Environment Protection Agency)  a demandé à toutes les compagnies actives dans ce domaine, des informations détaillées sur les procédés, les produits, les méthodes utilisées , permettant de réaliser des études d’impact .


La France a octroyé trois permis de prospection en mars 2010 (10.000 km2 en Aveyron, Hérault, Lozère, Ardèche et Drôme).


Total et GDF-Suez sont parties prenantes.


Cette décision a bien sûr été perçue comme une déclaration de guerre contre les énergies durables.


Ce nouveau séisme, ajouté au projet de relance du programme nucléaire, promet de belles empoignades au cours de la campagne électorale.


Allons-nous vers une nouvelle guerre de trente ans ?



 


 


 


 


 


 


 

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