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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 16:17

20 Mai 2011

La grande farce du marché pseudo concurrentiel de la distribution de l’électricité se met en place.

EDF est donc tenue de vendre des MWh à des entreprises commerciales, qui nous les revendront au prix règlementé, le tout dans une ambiance factice de concurrence pure et parfaite chère aux économistes distingués.

Concrètement cela revient à superposer au service commercial EDF une entreprise commerciale parasite qui revendra la production EDF, en se sucrant au passage comme toute entreprise privée.

Ce nouveau marché porte le doux nom de ARENH ( Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique ).

Les fournisseurs alternatifs ( le nom est bien choisi ) auront accès à 100 TWh/an d’électricité d’origine nucléaire.

( Notons au passage que ce « deal » implique que l’électricité nucléaire restera une denrée pérenne, la sortie du nucléaire n’est donc pas au programme).

Ce montage commercial scabreux se complique d’une difficulté que la concurrence pure et parfaite ignore: en France, le prix de l’électricité ne se marchande pas comme un panier au souk de Marrakech.

Les tarifs sont règlementés par la CRE ( Commission de Régulation de l’Energie), et fixés à un niveau qui correspond à la fourchette basse des pays développés ( 10 à 12 centimes le KWh grand public), carrément la moitié des tarifs pratiqués par exemple en Allemagne, Italie, danemark, qui sont entre 20 et 23 centimes le Kwh.

Les bas tarifs français sont le résultat d’une politique règlementée de service public de l’énergie, soutenue par une entreprise ( EDF ) qui, malgré son statut de société anonyme, a passé avec l’Etat un contrat de service public de durée indéterminée.

Ces tarifs publics avantageux, s’ils intéressent les usagers, sont par ailleurs un frein au développement des énergies durables, qui ne peuvent garantir des prix aussi bas.

Les fournisseurs alternatifs sont bien obligés de respecter ces tarifs règlementés. Pour se ménager des marges confortables, ils cherchent donc à obtenir d’EDF des prix les plus bas possibles.

Les récents marchandages ont abouti aux tarifs suivants:

4 centimes le KWh à partir du 1er Juillet 2011.

4,2 centimes le KWh à partir du 1er Janvier 2012.

Pour atteindre si possible 4,5 centimes en 2015.

( Les acheteurs avaient demandé 3,5 centimes )

Il est aisé de calculer le manque à gagner pour EDF, si le quota de 100 TWh est atteint, il s’agit de 8 milliards d’euros par an.

Et ceci au moment où l’on parle d’arrêt de centrales nucléaires et de démantèlement d’icelles.

Chers amis, il va falloir mettre la main à la poche.

Au fait, quel est la part du coût de construction d’un réacteur nucléaire dans le prix du KWh ?

Le petit dernier, genre Flamanville 3, est bien parti pour nous coûter la modeste somme de 6 milliards d’euros ( hors frais financiers).

D’une puissance électrique de 1 650 MW, il fournira environ 12 TWh/an.

En trente années de bons et loyaux services il aura fourni 360 TWh.

Ce qui nous fait le KWh à 1,7 centimes d’euros.

Pour avoir le coût de revient final ( du réacteur en ordre de marche) il faut ajouter différentes choses:

- Les frais financiers relatifs aux emprunts.

- Les remises à niveau indispensables.

- La maintenance et les réparations.

Last, but not least, il faut compter en plus :

- Le démantèlement.

- Le stockage et le traitement des déchets.

Ceci pour la partie production.

Le prix de revient du KWh EDF s’obtient en ajoutant les coûts des infrastructures du réseau de distribution, de la recherche et du développement, et de tous les frais habituels d’une entreprise de cette envergure.

Le prix de revient, hors démantèlement, ne doit pas être de beaucoup inférieur aux 4 centimes /KWh consenti aux fournisseurs alternatifs.

Cette opération risque de nous coûter fort cher…

Quant au coût du démantèlement, personne n’ose avancer une somme.

J’ai consulté Mme Soleil, qui m’a prédit des augmentations très conséquentes du tarif public de l’électricité. Les spécialistes parlent d’un doublement.

Ces augmentations des tarifs sont souhaitées par les professionnels pour plusieurs raisons:

- D’abord ils estiment nécessaire de pratiquer la vérité des prix, arguant qu’on ne peut continuer longtemps à subventionner l’énergie.

- Ensuite, ils voient d’un bon œil un KWh à 25 centimes, qui inciterait les usagers à recourir aux énergies durables, ce qui relancerait la filière.

- Enfin, un tarif élevé n’est-il pas la meilleure manière d’inciter l’usager à modérer ses appétits ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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