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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 15:09

 

22 Mai 2012

Cette affaire de fusion froide, rebaptisée LENR pour tenter d’effacer toute connotation sulfureuse évoquant l’alchimie, n’est pas autre chose que la bonne vieille transmutation à basse énergie, laquelle nous renvoie illico aux époques dites obscures que notre civilisation « éclairée » répudie au nom du progrès de la Science et du savoir absolu.

Jusqu’à la fin du XIXè siècle la Science officielle n’avait que de très vagues idées sur la structure atomique de la matière. Toute prétention à vouloir modifier la nature des corps pouvait alors encore passer pour élucubration d’un cerveau dérangé.

Il faut attendre 1911 pour que Rutherford découvre le noyau de l’atome, puis le proton en 1919, le neutron n’étant découvert qu’en 1932 par Chadwik. La théorie atomique pouvait naître et se développer.

C’est à cette époque que les progrès de la physique théorique ont permis d’ouvrir la voie à cette nouvelle branche qui est la physique/chimie nucléaire, et d’en découvrir les possibilités.

On connaît les premières applications « énergétiques » de la physique nucléaire, purement militaires pour notre malheur. Le premier réacteur équipait un sous-marin à propulsion nucléaire dès 1955.

Ces travaux ont, entre autres découvertes, mis en évidence les transmutations nucléaires, déjà pressenties auparavant mais non encore théorisées. La transformation d’un élément en un ou plusieurs autres fut donc reconnue comme un phénomène observé, théorisé et quantifié.

Les transmutations, couramment observées et provoquées dans les réacteurs et les accélérateurs de particules, ne sont donc plus des phénomènes maudits, mais le résultat classique de réactions de chimie et de physique nucléaire, banalisées et enseignées dans les écoles.

Jusqu’à présent, les réactions nucléaires impliquant des transmutations n’ont pu être observées qu’à haute énergie. Qu’il s’agisse de fission ou de fusion, la mise en œuvre nécessite des moyens colossaux et des températures ou des vitesses de particules extrêmement élevées, justifiés par une théorie considérée comme robuste.

Rappelons que la Science considère comme robuste une théorie capable d’expliquer tous les phénomènes connus dans le domaine revendiqué.

Lorsqu’un phénomène observé nouveau met cette théorie en défaut, il devient nécessaire de modifier la théorie ou d’en construire une nouvelle.

Selon les connaissances actuelles en Physique théorique, les transmutations nucléaires ne sont possibles qu’à haute énergie.

Cela ne démontre pas que de telles transmutations sont impossibles à basse énergie, cela montre simplement que la théorie actuelle ne les prédit pas.

Industriellement, pour produire de l’énergie, on utilise la fission qui résulte de la radioactivité naturelle d’une variété d’Uranium ( pour faire simple).

Les inconvénients du procédé font la une des journaux, nous n’y reviendront pas.

Il est un autre procédé, convoité depuis longtemps, qui consiste à reproduire sur Terre une réaction semblable à celles qui se déroulent dans le Soleil. Il s’agit de la fusion de l’Hydrogène.

Ce procédé ne comporte que des avantages:

- Les réserves d’Hydrogène sont illimitées.

- Il n’y a aucun déchet polluant.

Mais la mise en œuvre est extrêmement difficile.

En effet, dans les réacteurs actuels à fission contrôlée, c’est une réaction naturelle qui est exploitée. Il « suffit » de réunir une quantité suffisante de produit naturellement radioactif pour que la réaction se déclenche.

Pour la fusion de l’Hydrogène on ne peut exploiter aucun phénomène naturel spontané. Pour que la réaction se déclenche il faut porter les noyaux d’Hydrogène à très forte pression et très forte température (il s’agit alors d’un plasma à plusieurs millions de degrés), ce qu’on ne sait faire aujourd’hui qu’à petite échelle et sur des faibles durées .

Le projet ITER a pour objectif de démontrer la faisabilité industrielle d’une telle machine. Il subsiste encore de nombreuses inconnues.

Pour comprendre l’importance de la recherche sur la fusion de l’Hydrogène, regardons quelques chiffres:

La réaction de fusion de l’Hydrogène la plus courante consiste en la transformation de quatre noyaux d’Hydrogène ( quatre Protons) en un noyau d’Hélium, accompagnée d’un dégagement d’énergie égal à 25,7 Mev.

25,7 Mev ( Millions d’électron-Volt) est une très faible quantité d’énergie, équivalente à environ 114x10 E(-20) KWh.

Mais il y a beaucoup d’atomes d’Hydrogène dans une mole, exactement 2 x 6,02x10 E(23), avec deux atomes par molécules H2.

Une mole de H2 occupe un volume de 22,4 litres à température et pression ordinaires, soit la taille d’un gros ballon d’enfant.

L’énergie dégagée par la fusion de une mole d’hydrogène est égale à

0,25 x 12,04x10 E(23) x 114x10 E(-20) KWh = 344 000 Kwh, ou 344 MWh.

Ce qui est tout à fait considérable.

344 MWh à partir du gaz contenu dans un ballon d’enfant !

Au vu de ces chiffres extraordinaires on comprend que, s’il existe le moindre espoir de réaliser même partiellement une telle réaction par des moyens simples ( à basse énergie), il serait absurde de ne pas essayer.

C’est le raisonnement que tiennent certains scientifiques chercheurs plus ou moins indépendants, dont les travaux sont tout de même suivis de près par les instances officielles et les organisations et industriels impliqués dans le secteur de l’énergie.

L’inquisition n’étant plus là pour envoyer les hérétiques au bûcher, pourquoi s’opposer à des travaux qui ne coûtent pas cher et qui pourraient rapporter gros.

En cas d’échec la perte sera minime, en rapport avec l’investissement très modeste.

En cas de succès, même partiel, le bénéfice serait considérable.

C’est, en somme, le pari de pascal transposé à la Science.

La course à l’échalote est lancée; nous ne manquerons pas de vous tenir informés des résultats, ou de l’absence de résultat.

Les informations disponibles ne sont pas de première main, elles émanent de sources journalistiques qui relaient essentiellement des analyses à priori provenant de l’un des deux camps, les sceptiques ou les anti-sceptiques. Les informations provenant de sources directes ( labos travaillant sur le sujet) ne sont pas vérifiables.

Actuellement il n’est pas pertinent de prendre position pour ou contre, la Science n’étant pas une affaire d’opinion mais de travail.

Il faut donc prendre du recul et attendre que l’affaire se décante, pour savoir s’il s’agit d’un canular ou d’une escroquerie comme les avions renifleurs, ou bien si nous sommes en présence de la plus grande découverte depuis l’électricité.

 

 

 

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commentaires

Clovis Simard 03/10/2012 20:37

Blog(fermaton.over-blog.com)No.4- THÉORÈME PULSAR. - La théorie des cordes:Nouveauté ?

Clovis Simard 23/08/2012 03:08

Blog(fermaton.over-blog.com),No-21.- THÉORÈME MERCURE. - Einstein aurait-il pu construire la Relativité ?