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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 09:23

10 Février 2011


Durant quasiment tout le vingtième siècle l’automobile est restée une affaire de mécaniciens. Avec un cœur constitué d’un moteur thermique et quelques  accessoires assurant des fonctions électriques simples, aidées par une batterie rustique.


Les deux  dernières décennies du siècle ont vu l’arrivée en force de l’électronique, dans la gestion du moteur, du système de freinage, de la direction, de la boîte de vitesse. Le calculateur central , le cablage multiplexé, le correcteur de trajectoire, le contrôle de la suspension, ont permis à l’électronique de prendre le pas sur la mécanique pure et dure.


Le métier a dû évoluer, l’ingénieur mécanicien a dû se résoudre à assembler des modules électroniques développés par d’autres. La mutation ne s’est pas déroulée sans heurts, souvenons-nous du récent avatar des régulateurs de vitesse. Faire cohabiter la mécanique et l’électronique est une entreprise semée d’embûches.


Et puis, voici qu’une mutation ultime se prépare, le passage à la voiture électrique.


Ce saut dans l’inconnu en fait hésiter plus d’un, l’abandon du moteur thermique est vécu comme une séparation. On sait ce qu’on laisse, on ne sait pas ce qu’on va trouver.


Aussi les plus prudents refusent-ils de brûler leurs vaisseaux; ils adoptent l’électricité mais en conservant le moteur thermique. Le moteur électrique est un enfant dont il faut tenir la main pour l’aider à grandir.


Les autres ont moins d’états d’âmes, point d’étape intermédiaire, le grand saut sans filet. On jette le bébé dans la piscine pour lui apprendre à nager.


Ces audacieux n’hésitent pas à faire reposer entièrement le succès de leur opération sur la batterie, qui devient le cœur du système.


Il aura fallu un demi siècle pour porter les  moteurs thermiques à un excellent niveau de fiabilité, de robustesse, et de longévité.


Les batteries prévues pour équiper les voitures électriques utiliseront une technologie nouvelle, qui n’a jamais été expérimentée sur le terrain.


Il est évident qu’une longue période de mise au point sera nécessaire pour converger vers des produits à la fois fiables, performants, robustes, et d’une longévité suffisante.


Les technologies vont évoluer, les standards vont se définir, il est impossible aujourd’hui de  dire à quoi ressemblera le marché de la batterie en 2020.


Entre la batterie qui va équiper la Renault Fluence ZE en 2011 et celle qui équipera son homologue en 2030, il y aura autant de différences qu’entre le moteur d’une Primaquatre et celui d’une Laguna.


Peut-être même la batterie sera-t-elle remplacée par une pile à combustible.


Et pourquoi pas un retour du moteur thermique devenu « CO2 free » grâce aux carburants vert, comme les chaudières à granulés.


Le marché de l’automobile va donc se trouver bouleversé. Chaque nouveau modèle apportera de telles améliorations que les modèles de quelques années deviendront obsolètes.


Les progrès principaux viendront de la batterie. Aujourd’hui il faut embarquer trois cent kilos de batterie ( le poids de quatre adultes ) pour faire environ cent-cinquante kilomètres avec une voiture moyenne et  à vitesse très modérée, avec un poids qui dépassera une tonne et demi.


Cette situation n’est évidemment pas tenable. Le rendement actuel des accus reste inférieur à 100 Wh/Kg. Il faudra être en mesure de proposer trois fois mieux entre 2015 et 2020.


Les constructeurs d’automobiles n’ont pas les compétences pour développer des batteries. Et pourtant ils doivent impérativement maîtriser cet approvisionnement sous peine de perdre le contrôle de leur marché.


C’est pourquoi des accords sont négociés avec des entreprises spécialisées dans l’électrochimie, des centres d’études sont créés et des chercheurs pointus embauchés à prix d’or.


Il ne suffira pas de mettre au point la soupe qui produira le meilleur rendement, il faudra aussi que le dispositif satisfasse au très sévère cahier des charges automobile, qu’il soit industrialisable à un coût compétitif, et qu’il utilise des matériaux facilement disponibles et recyclables.


Les grandes manœuvres vont rapidement se transformer en guerre ouverte pour prendre les places de marché.


Le centre de gravité du secteur de la construction automobile va donc se déplacer significativement dans les années qui viennent.


Il y a énormément d’argent à récolter sous forme de subventions de la part de tous les ministères de l’Industrie, désireux de soutenir la recherche du Saint Graal pour donner un avantage décisif à leurs industriels.


De nombreuses « start-up » voient le jour, qui proposent leurs compétences et recherchent des « sponsors ». Ces officines font de la surenchère sur l’état d’avancement de leurs travaux. Chacune prétend posséder la recette de la potion magique qui lui permettra  qui d’approcher les 300 Wh/Kg, qui de fournir la plus forte puissance instantanée, qui de résister aux plus grand nombre de cycles, qui de supporter la plus forte température, qui d’offrir le temps de recharge le plus court, qui d’être le moins cher.


L’objectif du constructeur étant bien sûr d’obtenir tout cela en même temps.


La batterie est donc un composant qui va subir une très forte évolution dans les années futures. L’usager ne doit pas être la victime de ces progrès technologiques, il doit au contraire en profiter. C’est pourquoi il sera toujours préférable de choisir l’option location, qui permettra d’avoir toujours une batterie de conception récente et en bon état.



 


 

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