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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 12:19

12 Janvier 2011


Le développement économique de l’Humanité s’effectue depuis deux siècles sur la base du progrès technique, très gros consommateur d’énergie.


Cette énergie est très majoritairement d’origine fossile. Son utilisation est génératrice de pollutions diverses et d’émissions abondantes de CO2.


La récente et planétaire prise de conscience du changement climatique engage les Etats à promouvoir des politiques de réductions drastiques des émissions anthropiques de CO2.


Les actions à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs doivent tenir compte de certaines données à priori incontournables:


- Jusqu’à présent il n’a pas été envisagé de remettre en cause les bases du développement économique des société humaines, le progrès technique et l’énergie. Le modèle de développement des sociétés humaines reste donc, jusqu’à preuve du contraire, basé sur le progrès technique et sur l’énergie.


- Environ un tiers de l’Humanité a bénéficié jusqu’à présent du progrès technique . Les deux tiers restant revendiquent le droit d’accéder au même progrès technique. Personne, du moins officiellement,  n’envisage de leur contester ce droit.


- Les études démographiques montrent que la population humaine augmentera d’au moins  50% au cours du XXIè siècle. Autant de bouches supplémentaires à nourrir et de revendications progressistes à satisfaire.


Ces trois données de base, incontournables,  permettent de prévoir une demande énergétique en considérable augmentation dans le courant du siècle. Il est donc légitime de s’interroger sur la provenance de cette énergie, eu égard à la perspective d’épuisement des ressources fossiles.


On peut comparer la marche du monde vers une économie propre et durable de l’énergie au lancement d’une fusée à quatre étages:


- Le premier étage est celui des économies. Les applications qui requièrent de l’énergie ont un très fort potentiel d’amélioration des rendements . Ce premier étage fonctionne bien, de grandes améliorations ont été apportées aux usages habituels de l’énergie , et les progrès sont constants y compris au niveau des règlementations.


- Le deuxième étage est celui du développement des énergies propres et durables. Les sources ont été identifiées, les applications ont été développées et certaines sont en phase de développement industriel, comme l’éolien, le solaire passif, le photovoltaïque, la géothermie, les pompes à chaleur.


Cet étage est prêt à fonctionner en régime de croisière, mais des pesanteurs freinent son élan:


- Investissements lourds, rentabilité non assurée.


- Règlementation contraignante.


- Oppositions des groupes de protection de la nature.


Ce second étage peine donc à décoller, il gagnerait à être boosté par des mesures incitatives pérennes, mais il ne trouvera sa vitesse de croisière que lorsque le prix des énergies fossiles deviendra insupportable.


- Le troisième étage est celui de la dépollution des sites ou matériels utilisateurs d’énergies fossiles. Les besoins sont tels qu’il est impossible de se passer des énergies traditionnelles, les seules actuellement capables de satisfaire la demande croissante. On parle de prochain épuisement des réserves, mais l’échéance fatale est sans cesse reportée.


Logiquement ce troisième étage ne devrait voir son autorisation de vol renouvelée que si des solutions satisfaisantes sont apportées à l’élimination du CO2 émis.


La solution privilégiée ( en fait la seule industriellement efficace) est la séquestration du CO2.


Cette solution est en cours de validation dans différents sites de par le monde, et devrait entrer en application vers 2015. Elle ne résoudra qu’une partie du problème. Les transports , gros utilisateurs de carburants fossiles, continueront d’émettre du CO2.


Donc, un troisième étage peu satisfaisant, mais dont on ne peut se passer faute d’énergies de remplacement.


- Le quatrième étage de la fusée concerne précisément les énergies de remplacement.


Il n’est pas satisfaisant d’envisager le développement planétaire en phase de très forte croissance démographique, en se basant sur une énergie qui sera, longtemps encore majoritairement d’origine fossile , qui ne pourra  être que partiellement dépolluée, et qui de toutes manières est en voie de tarissement naturel.


La seule énergie de remplacement disponible en grande quantité, identifiée aujourd’hui est l’énergie nucléaire. Les Etats ont bien compris le risque de rester prisonniers d’une énergie fossile en voie d’épuisement, et donc d’enchérissement spéculatif.


La conférence internationale sur l’accès au nucléaire civil , qui s’est tenue à Paris en Mars 2010 avec l’AIEA et l’OCDE, a réuni 65 pays. Les problèmes abordés ont été:


- La sureté.


- La sécurité.


- La non prolifération.


- La préservation de l’environnement.


La promotion de l’usage pacifique et responsable de l’énergie nucléaire est une gageure dans un contexte où la pacification est loin d’être acquise.


Les inquiétudes exprimées devant ce projet de dissémination sont légitimes.


Malheureusement il faudra bien choisir entre le CO2 et le nucléaire, tant que les énergies renouvelables n’auront pas apporté la preuve de leur capacité à remplacer les autres.



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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