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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 19:03

15 Septembre 2010

Nous vivons donc sous la menace d’une grave pénurie de pétrole. Le pic de Hubbert serait derrière nous. Mais au fait, qui est ce Monsieur Hubbert ?

Monsieur Hubbert avait signalé, dans les années quarante, que la production d’une réserve exploitée pouvait être modélisée par une courbe en cloche, dont l’expression mathématique est connue. Appliquée au pétrole, cette théorie est censée permettre de prévoir et de chiffrer le pic de production et la baisse suivant ce pic, pourvu que l’on connaisse les chiffres de la partie croissante de la courbe.

On sait ce que valent les modèles mathématiques, la récente polémique sur les prévisions climatiques s’est chargée de nous rappeler qu’un modèle ne vaut que s’il incorpore toutes les variables du système et leurs interactions.

Or, en matière de production pétrolière, des variables il y en a beaucoup. La courbe de Hubbert donne certes de bonnes prévisions pour le cas d’une exploitation d’un gisement donné dans des conditions données. Mais si l’on modifie un ou plusieurs paramètres, le modèle n’est plus valable.

La partie croissante de la courbe de Hubbert concerne l’extraction du pétrole facilement accessible, et les chiffres de production permettent effectivement de prévoir la fonction de décroissance. Sauf que, après épuisement de ce pétrole facilement accessible, il en reste encore beaucoup dans la Terre.

En période d’abondance, quand un puits est vidé de son pétrole « facile » il suffit de creuser un peu plus loin pour en trouver d’autre, tout aussi facile à extraire.

Mais lorsque la denrée se fait rare, on a recours à des méthodes plus musclées pour extraire les fonds de gisement, ce qui modifie les paramètres du modèle de Hubbert , et fausse la notion de réserves. Parmi les paramètres modifiés il y a bien sûr le prix, dont l’augmentation permet de recourir à des méthodes d’extraction plus coûteuses ( interaction des paramètres) .

Il faut donc se méfier du modèle de Hubbert dans la mesure où il n’intègre pas forcément les paramètres tenant compte des procédés d’extraction récemment mis en œuvre.

Certes, cela ne veut pas dire que la pénurie de pétrole est un mythe, mais cela permet de pondérer le risque de catastrophe économique imminente, et de prendre le temps de mettre en place des mesures adéquates sans céder à la panique qui est toujours mauvaise conseillère.

La consommation de pétrole ne semble pas affectée par ces rumeurs de pénurie. La graphique suivant montre la croissance régulière de la demande depuis les années 80:

 

 

 

 Consommation-mondiale-petrole.gif

 

  

 

La crise de 2008 est marquée par un léger fléchissement de la demande, vite corrigé selon les prévisions de l’AIE pour 2011.

Que nous réserve l’avenir ?

Le docteur tant mieux nous prédit un avenir radieux, avec une consommation continuant à croître selon la courbe A.

Le docteur tant pis nous prédit le clash pour 2015/2020, avec un retournement drastique de la situation suggérant une très grave crise économique.

La réalité sera probablement entre les deux, mais bien présomptueux sera celui qui annoncera la couleur des dix prochaines années.

 

 

 

 

 

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