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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 19:03

23 Novembre 2011

En ces temps de disette financière, entretenir une danseuse est assez mal vu. Aussi tous les argentiers, y compris ceux de la Communauté Européenne, sont attentifs à débusquer les divas dispendieuses susceptibles d’entretenir les fuites du tonneau des danaïdes.

A ce titre, le projet ITER a retenu l’attention par son exubérance budgétaire qui semble ne pas avoir de bornes.

Nous avons déjà présenté sommairement ce projet ( Article du 20 Novembre) .

ITER ( International Thermonuclear Experimental Reactor), n’est que la première phase d’un formidable projet international qui vise rien moins que développer une source nouvelle d’énergie, semblable à celle du Soleil, exploitant la réaction de fusion à partir de matériaux disponibles en quantité illimitée et sans pollution ni déchets radioactifs.

En cas de succès, l’échéance de l’objectif industriel est le vingt-deuxième siècle. Il s’agit donc de recherche à très long terme, délai justifié par l’extrême difficulté de l’entreprise.

ITER est donc la phase initiale, dont le but est de démontrer la faisabilité de ce type de réacteur, et de développer les connaissances nécessaires au passage à la phase de démonstration avec un réacteur opérationnel de moyenne puissance.

Le coût global de la phase ITER , estimé initialement à environ 5 Milliards d’euros, est aujourd’hui évalué à 15 Milliards, incluant le développement du démonstrateur, son exploitation sur vingt ans, et son démantèlement.

Le démonstrateur est planifié pour être opérationnel en 2020, la phase d’exploitation durera jusqu’en 2040.

La communauté Européenne en finance 45%, à travers le programme EURATOM 2007-2011, inclus dans le septième Programme cadre. Ce financement est de 2,75 Milliards d’euros, dont 2,23 Milliards pour la recherche sur la fusion, le reste sur la recherche nucléaire en général.

La France accueille ITER sur le site de Cadarache.

Après ITER viendra la phase DEMO, dont le but est de démontrer la faisabilité industrielle d’un réacteur à fusion capable de fournir de l’électricité en continu. Ce démonstrateur servira au développement des connaissances et à la formation des ingénieurs et techniciens capables d’assurer le développement de la technologie de fusion du prochain siècle.

Le budget de 15 Milliards de la phase expérimentale laisse présager des budgets autrement colossaux pour les phases ultérieures.

Des réticences se manifestent au sein de la Communauté, exacerbées par deux évènements majeurs: Le désastre de Fukushima et la position allemande sur le nucléaire civil.

De plus, des membres de la communauté scientifique émettent des doutes sur la crédibilité du projet, et souhaitent au moins un moratoire à l’occasion duquel il serait procédé à un examen du programme par une commission indépendante.

Même sans ces réserves, que l’on ne peut écarter d’un revers de main comme ce fut le cas avec le GIEC, les budgets de recherche de la Communauté Européenne ne sont pas extensibles, surtout en ce moment.

La catastrophe de Fukushima a mis en évidence un problème de sureté nucléaire, et des sommes très importantes devront être consacrées d’urgence à la sécurisation du parc maintenu en activité.

Il ne serait pas acceptable de prendre sur les budgets du développement des énergies nouvelles pour soutenir un projet de fusion qui aboutirait au mieux en 2080.

Aux dernières nouvelles, le parlement Européen suggère de réduire la contribution communautaire au projet ITER, pour 2012-2013, à 1,75 Milliards , soit 460 Millions de moins que ce qui était proposé initialement.

A suivre…

 

 

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