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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 18:54

22 Mars 2011


Le désastre de Fukushima est mis en avant comme preuve incontestable de la dangerosité du nucléaire civil.


Le désastre est hélas bien réel, mais pour en mesurer toute la portée il est nécessaire de faire l’effort d’en comprendre la genèse.


Les réacteurs utilisés sont du type à eau bouillante. Ils ne comportent qu’un seul circuit fermé, et le condenseur est refroidi avec de l’eau puisée directement dans la mer.


Il n’y a pas de circuit secondaire pour le refroidissement, donc pas de tour d’évaporation, tout repose sur le puisage d’eau de mer, à raison de 60 000 m3 par heure, contre 1 800 m3/heure seulement avec une tour d’évaporation ( qui servent juste à compenser les pertes de vapeur d‘eau par les tours).


Donc très grande vulnérabilité à tout problème d’approvisionnement en eau.


C’est une première erreur.


Les barres de ralentissement fonctionnent à l’envers de ce qui se fait actuellement. Pour ralentir le réacteur il faut soulever les barres, donc disposer d’une force motrice, alors que normalement il suffit de les laisser descendre de leur propre poids. En cas de panne de motricité les barres ne peuvent plus être manœuvrées.


C’est une deuxième erreur.


La centrale a été construite en tenant compte du risque de séisme, la valeur maximale possible envisagée retenue a été de 7.


Compte tenu de la situation du pays et de son passé géologique, il aurait fallu prendre une limite de 9 selon les experts ( rapport 2007).


C’est une troisième erreur.


Le site retenu a été en bord de mer, pour des raisons économiques. Au Japon, pays des tsunamis, le bon sens aurait voulu que le choix se porte sur un site surélevé d’au moins vingt mètres. Ceci a été refusé au départ .


C’est une quatrième erreur.


Le combustible usagé ( mais encore radioactif) est stocké dans des piscines qui sont situées à proximité immédiates des réacteurs. En cas d’accident sur le réacteur, la piscine est aussi directement impliquée, avec les conséquences que l’on peut voir actuellement.


C’est une cinquième erreur.


Lors de la révision des conditions de sécurité des centrales japonaises en 2007, le Professeur Ishibashi Katsuhiko a relevé toutes les erreurs de conceptions et demandé qu’elles soient prises en compte. Cela a été refusé.


C’est la sixième erreur, fatale comme chacun a pu le constater.


Il est clair que ces erreurs auraient été sans conséquence si à la place de matière radioactive, il y avait eu du charbon. Cela est incontestable.


Mais il faut aussi reconnaître que, si cette série d’erreurs de conception humaines n’avaient pas été commises, l’accident n’aurait sans doute pas eu lieu, ou ses conséquences auraient été modestes.


Nous pensons que ces circonstances doivent entrer en ligne de compte lors d’une évaluation de la dangerosité du nucléaire civil.


Au-delà de l’aspect technologique, il faut porter l’attention sur la chaîne humaine de décisions. Il est évident, Fukushima le confirme, qu’un tel enchaînement de fautes de conception n’aurait jamais dû pouvoir se produire. Il est donc indispensable de revoir toutes les procédures de décisions, afin d’y introduire davantage de rigueur et de transparence.


Faute de quoi de telles catastrophes se reproduiront immanquablement, quel que soit le niveau des technologies mises en œuvre.



 


 


 


 

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