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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 19:12
 
 
10 Avril 2012
Sous la menace conjuguée des énergies fossiles émettrices de CO2, et du nucléaire de triste réputation, les populations, dans un grand élan d’enthousiasme, se sont jetées aux pieds des énergies nouvelles auréolées de multiples mérites, dont l’absence d’émissions de CO2 et le caractère renouvelable ne sont pas les moindres.
Mais lorsqu’il s’est agi de passer à table, il s’est avéré que la soupe est un peu amère.
L’hydraulique, présenté comme une valeur sure, ce qui est exact, ne peut répondre aux espoirs placés en lui. Notre pays est déjà pourvu de nombreux barrages hydroélectriques qui fournissent bon an mal an environ 12% de notre production électrique. Cette production fluctue en fonction des précipitations annuelles mais elle n’est pas intermittente.
Il est pratiquement impossible de construire de nouveaux barrages de taille significative, en raison de la nécessaire protection de l’environnement, de la biodiversité, des rivières, et de la trop grande urbanisation des sites candidats.
L’exploitation des courants marins, de la houle, ou des marées, rencontre de nombreux obstacles techniques et économiques qui, pour le moment, ne permettent pas d’envisager des installations de forte puissance.
Il ne faut donc pas attendre une forte croissance dans le domaine de l’énergie hydraulique, du moins dans les deux prochaines décennies.
La filière bois, très prometteuse, n’est une énergie renouvelable que dans la mesure où l’on peut garantir que le prélèvement sera strictement compensé par des plantations nouvelles, ce qui est loin d’être acquis.
Si l’on prélève des bois qui ont mis 15 ans à pousser, il faudra attendre 15 ans pour constater un renouvellement. Ce décalage entre la récolte et le renouvellement du stock est de nature à provoquer une déforestation du milieu, en opposition avec les règles de protection de l’environnement et de la biodiversité, et un déséquilibre de la balance du CO2.
La valorisation de cette filière se fera donc surtout avec des bois d’importation, ce qui revient à déplacer le problème, et à reporter la déforestation ailleurs. Les associations pour la protection de l’environnement ont tiré le signal d’alarme et demandé un moratoire sur les projets grandioses de développement de la filière bois.
L’exploitation énergétique des déchets de la biomasse souffre également d’un manque de définition des objectifs. Le risque est d’instrumentaliser des filières agricoles nourricières au profit de la production d’énergie et au détriment de la production alimentaire. Une filière qui devra donc être très encadrée et dont les objectifs devront être limités à la stricte élimination des déchets, la production d’énergie n’étant qu’une retombée.
Reste donc l’éolien et le solaire, susceptibles de fournir de grosses quantités d’énergie sans les inconvénients et les restrictions des autres sources.
On connait les raisons du retard de ces filières en France, c’est le nucléaire, qui fournit 75% de notre électricité et constitue une monoculture monopolistique. Cette filière est organisée en bastion quasiment imprenable cultivant le secret, l’autoexpertise, l’auto certification, et l’autocontrôle. Son fonds de commerce est bâti sur l’opacité des coûts, qui lui permet d’exhiber des prix de revient dérisoires, seuls garantie de sa pérennité. Prix de revient évidemment parfaitement incontrôlables puisqu’ils n’incluent ni le traitement des déchets, ni le coût du démantèlement, ni le coût humain des dégâts de santé publique.
Mais les récents évènements du Japon ont entraîné par contrecoup des lézardes dans le mur du donjon. Il n’est désormais plus possible de continuer « as usual » , un minimum de transparence est désormais requis.
Cette transparence, si elle enfin respectée, fera apparaître les lacunes de la gestion de la sécurité et mettra en évidence les vrais risques du nucléaire, et les vrais coûts, donnant ainsi du corps au mouvement d’opinion en faveur de la sortie progressive de cette filière.
Cette perspective est évidemment prise en compte par le château qui réalise enfin qu’il faudrait peut-être se préparer à prendre le train des énergies nouvelles sous peine de se retrouver technologiquement et industriellement disqualifié sur un marché que les concurrents auront su occuper au bon moment.
La mise en œuvre de cette nouvelle stratégie se heurte à un obstacle économique classique lorsqu’une nouvelle technologie cherche à remplacer une technologie ancienne largement amortie. Cet obstacle est ici aggravé par le prix particulièrement bas de l’énergie électrique en France, prix purement artificiel ne tenant pas compte des coûts réels du nucléaire.
Ces deux facteurs, coût élevé de la nouvelle technologie, et prix public de l’énergie artificiellement bas, se conjuguent pour donner un ratio de deux ou trois entre le tarif règlementé d’une part, et le coût des énergies nouvelles.
Ce surcoût est un obstacle majeur au développement de l’éolien et du solaire dans les conditions du marché. Ce développement n’est possible que dans le cadre d’une politique de rachat de l’énergie à prix préférentiel, qui possède ses propres limites. Ce rachat est un investissement qui doit être financé soit par l’impôt, soit par l’utilisateur à travers la CSPE.
L’appel d’offres pour des parcs éolien offshore s’inscrit dans ce cadre.
On sait que l’éolien offshore est très cher, et d’aucuns peuvent se demander pourquoi on ne commence pas par le terrestre. Le graphique ci-dessous répond à cette question.
 
Efficacite-des-eoliennes-terrestres.png
 
 
Une efficacité moyenne de 22,4% et une intermittence considérable condamnent à priori une solution qui, par ailleurs, se heurte à de nombreuses oppositions.
L’investissement dans des parcs éoliens offshore a essentiellement pour objectif de permettre le développement d’une filière industrielle française capable de rivaliser avec la concurrence non seulement sur le marché intérieur, mais aussi au-delà des frontières. Le succès de cette opération permettra de mesurer notre capacité à figurer dignement sur ce marché autrement qu’en installant des éoliennes fabriquées ailleurs.
Réponse après 2015...
 
 
 
 
 
 

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