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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 14:18

19 Novembre 2010

Voici donc venir le sommet de Cancoon, duquel nous espérons voir sortir un accord planétaire sur la gestion des émissions de carbone.

A première vue Monsieur Candide peut se demander: pourquoi un sommet mondial pour si peu de chose ? Il suffit ( Ya ka ) de fixer des quotas « per capita » et le tour est joué.

Mais , en grattant un peu, Monsieur Candide constate rapidement que derrière ce problème de carbone se trouve une boîte de Pandore ( encore une !…) dont l’ouverture libère des démons que l’on n’est pas sûrs de pouvoir maîtriser. Un minimum de réflexion s’impose.

En premier lieu, pourquoi le carbone ?

Notre homme, faussement naïf, voudrait en savoir plus. Il n’est pas sans avoir eu quelques échos de la bronca qui s’élève d’une partie de la communauté scientifique libre, ce qui le conforte dans son attitude de curiosité. Pour le malheur de ceux qui voudraient monopoliser l’information, il y a internet; cet outil merveilleux permet d’aller à la source de l’information et de se l’approprier avant qu’elle soit prédigérée par les faiseurs d’opinions .

Longtemps réservée aux lecteurs familiers de la langue anglaise ( pour cause de censure des médias français ), l’information libre est maintenant disponible en français, pour peu qu‘on se donne la peine de la chercher.

Notre lecteur curieux s’aperçoit alors, avec effarement, que le réchauffement climatique pourrait bien être remplacé par un « petit âge glaciaire » pour les vingt prochaines années. En prime on lui annonce que le responsable de tout çà n’est probablement pas le CO2, mais tout simplement le Soleil ….Bien sûr il n’a pas la compétence pour juger lui-même qui a tord et qui a raison, mais la question est incontestablement posée très officiellement. Son honnêteté intellectuelle l’oblige à prendre acte de la polémique.

Monsieur Candide n’est évidemment pas le seul à constater ce flottement ; les conseillers scientifiques des chefs d’Etats, qui ont le devoir de s’informer, suivent la polémique de très près. Leurs convictions seront celles du groupe d’experts dont ils se seront entourés. Aujourd’hui le CO2 reste officiellement l’ennemi publique numéro un, mais gageons que ce consensus commence à se fragiliser dans l’esprit de certains responsables décideurs…..

Cette polémique autour du responsable du changement climatique introduit un vers dans le fruit. C’est donc un fruit à moitié pourri qu’il faudra manger à Cancoon.

En second lieu, quel type d’accord ?

Dans ce genre de grandes manœuvres, l’Europe a montré la voie ( une voie) en mettant sur pied le SCEQE ( Système Communautaire d’Echanges de Quotas d’Emissions ) , opérationnel depuis 2005. La seconde phase ( 2008-2012 ) permettra de juger de l’efficacité de la chose, au plan de la réduction des émissions, mais aussi au plan de l’impact socio-économique. Dans ce système « Cap and Trade », on apprécie le « Cap », on redoute le « Trade ». Plusieurs points sont discutables et discutés:

- L’attribution de quotas gratuits, un peu à la tête du client ?

- La titrisation des permis de polluer, que vient faire la finance là-dedans ?

- Le risque de fermeture de sites et/ou de délocalisations lorsque les quotas seront mis aux enchères en 2013, compromettant le bilan de certaines entreprises.

Ce système a l’avantage d’exister, mais il faudra étudier attentivement les risques de dégâts collatéraux.

Il sera évoqué à Cancoon, bien que le contexte soit totalement différent.

L’Europe est une entité économique, ce n’est pas le cas du reste du monde.

La fixation de quotas pour chaque pays en voie de développement sera nécessairement perçue comme du néo-colonialisme.

La gestion des émissions de carbone suppose le transfert des technologies ad-hoc, ce qui pose le problème de la propriété industrielle, et du retour sur investissements.

Il s’agit ni plus ni moins d’instaurer un nouveau système de gouvernance mondiale.

Les contraintes inévitables ne seront acceptées que si les enjeux sont indiscutables.

Beaucoup de grain à moudre , mais qui mettra le grain, et qui fera tourner la meule ?…

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