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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 16:08
 
30 Mai 2012
Le cours du pétrole régit désormais celui de notre destin.
L’importance géopolitique du liquide puant n’est plus mise en doute, c’est bien le dieu baril auprès de qui l’oracle est recueilli.
De lui dépend l’avenir énergétique de la planète, autant dire l’avenir de notre société moderne, qui se mesure au nombre de MégaTep dont nous pourrons encore disposer.
Tous les projets de mise en œuvre d’énergies alternatives sont suspendus à l’oracle du baril.
Or celui-ci est capricieux, difficilement interprétable, certains indices laissent même craindre la mort du dieu. Les pythies sont troublées, certaines annoncent sa disparition imminente, d’autres lui prédisent longue vie.
Il faut bien reconnaître que ce dieu aux multiples visages est insaisissable. Comme tout dieu qui se respecte il est présent partout: dans les sables du désert, au fond des océans, même au sein de la roche.
Nos anciens tentaient de lire leur destin dans le foie d’animaux sacrifiés. Nous utilisons des méthodes plus modernes mais tout aussi approximatives. Le foie de bœuf est remplacé par le modèle informatique d’analyse prévisionnelle dont les résultats dépendent des données que l’on y introduit, lesquelles sont à la fantaisie de quelques grands prêtres de Wall street.
L’exercice de la prédiction est difficile. Comme dit l’autre, l’avenir nous appartient mais nous n’en sommes pas maîtres.
Les seules données solides dont nous disposons concernent le passé.
Les deux graphiques ci-dessous représentent l’essentiel de nos connaissances sur la vie du baril.
 Prix-petrole-sur-1-mois.gif
 Prix-petrole-sur-5-ans.gif
 
 
 
 Le graphique de gauche représente l’évolution du prix du baril depuis 2007 . La tendance est résolument à la hausse continue.
Le graphique de droite donne également l’évolution du prix, mais sur un mois seulement. La tendance est résolument à la baisse.
 
A partir de ces résultats, le grand prêtre pétrolier doit énoncer son verdict quant à l’évolution future du prix de la précieuse denrée.
On comprend que son avis ne vaudra pas plus que celui du grand prêtre pratiquant l’hépatoscopie, c’est-à-dire guère plus que les prédictions de Madame Irma.
L’impossibilité de connaître l’avenir induit chez l’Homme une tendance naturelle à le deviner à partir de la connaissance du passé.
Hélas cela ne marche pas plus pour le prix du pétrole qu’à la roulette pour prédire le prochain coup.
Aucune martingale ne nous préviendra du prochain conflit au Moyen-Orient, ni de l’évolution de la politique nucléaire, ni du prochain Fukushima, ni des fantaisies énergétiques de la Chine, ni de l’arrêt ou non de l’exploitation des huiles de schiste, ni de la politique russe d’exportation du gaz, ni bien sûr de la prochaine crise financière.
L’exercice de la prévision est bien ingrat, même avec des lunettes à double foyer.
Malgré cette cruelle incertitude, les Etats responsables doivent adopter une ligne de conduite susceptible de les garantir contre une panne énergétique à moyen ou long terme.
On observe différentes attitudes selon les cultures, la disponibilité de ressources énergétiques intérieures, et les moyens financiers disponibles.
La situation la plus critique est évidemment celle des pays qui ne disposent d’aucune ressource énergétique fossile sur leur territoire. L’absence de pétrole, de gaz, et de charbon, induit une grande vulnérabilité aux approvisionnements extérieurs. C’est le cas de la France, qui doit importer les trois quarts de ses besoins énergétiques, le quart restant étant d’origine nucléaire, dépendant lui aussi d’approvisionnements extérieurs et de plus fortement contesté par une partie de la population.
Ces pays sont appelés à supporter directement les fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie, et bien sûr seront démunis face à un éventuel épuisement des sources extérieures.
On peut alors logiquement penser qu’ils rechercheront la sécurité en développant les énergies renouvelables qui, seules, peuvent leur procurer l’indépendance énergétique et donc la sécurité.
Mais cette logique se heurte à d’autres logiques tout aussi formelles, mais construites sur des propositions différentes.
En France notamment le courant de pensée dominant estime que les énergies renouvelables seront incapables de satisfaire complètement la demande, et que la seule alternative aux énergies fossiles est le nucléaire, ce qui implique une stratégie orientée vers le développement de générateurs électronucléaires de quatrième génération, les programmes d’énergie renouvelable étant alors laissés à l’initiative des marchés.
On voit ici les limites du raisonnement logique, qui ne vaut que ce que valent les propositions, qui sont-elles-mêmes fixées sur des bases pas nécessairement logiques, mais plutôt issues d’un courant de pensée, une manière de voir le monde ( encore une question de lunettes).
Mais ce qu’un courant de pensée impose, une autre courant de pensée peut le défaire.
C’est-ce qu’on appelle la Politique…
 
 
 
 

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