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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 18:35

16 Mai 2011


Les phosphates et les nitrates bien connus sont les rejetons de l’agriculture et de l’élevage intensifs.


Rejetés inconsidérément dans la nature, ils se retrouvent dans l’eau des rivières puis dans la mer, où ils suscitent une croissance exubérante des algues vertes.


Cette pollution empoisonnée fait la une des médias et pose le problème de l’harmonisation entre l’exploitation rentable des sols et les exigences du respect de l’environnement.


Ce fléau est souvent attribué aux seuls nitrates, mais les phosphates jouent un rôle au moins aussi important.


Au-delà de la nuisance visible, malodorante et toxique constituée par les algues pourrissantes, il est une autre nuisance, bien plus dangereuse, mais invisible, dont ces produits sont responsables, c’est la radioactivité.


Nous allons parler du rôle des phosphates.


Le minerai à partir duquel on obtient des engrais phosphatés, est en général un phosphate de Calcium. Il existe en abondance dans différentes régions du globe.


Comme tout ce qu’on extrait du sol, ce minerai contient de l’Uranium, et bien sûr tous les éléments de la série des désintégrations correspondantes.


Ici les quantités d’Uranium commencent à être intéressantes, au point que des tentatives pour l’extraire de manière industrielle ont été tentées, mais non rentables aujourd’hui.


Les minerais de phosphates du bassin méditerranéen présentent une activité de 5 à 10 000 Bq/kg, ce qui est déjà un bon chiffre.


Ce minerai est d’abord traité avec de l’acide sulfurique pour obtenir de l’acide phosphorique, à partir duquel sont fabriqués les engrais.


Le déchet de cette opération est le phosphogypse, qui est un précipité de sulfate de calcium hydraté ( Ca SO4 (H2O)2 ).


C’est un déchet radioactif  très encombrant: La production de une tonne d’acide phosphorique génère cinq tonnes de phosphogypse.


Dans les années 80, la France a ainsi « produit » chaque année 6 millions de tonnes de phosphogypse ( 60 Mt dans le monde ). Les principaux centre de production étaient Grand Quevilly, Grand Couronne, le Havre, Tarnos, Boucau….


Le sort de ces déchets radioactifs n’a fait l’objet d’aucune attention particulière, ils ont été soit rejetés en mer ou dans des cours d’eau, soit stockés sous forme de terrils sans précaution vis-à-vis de l’environnement.


Il y a donc deux sources de pollution radioactive :


- Les terrils et crassiers ( on parle quand même de 13 millions de tonnes) qui distillent leur poison au gré des lessivages des pluies.


- Les sédiments des fonds marins des zones de rejets, qui transmettent leur radioactivité aux poissons brouteurs, crustacés, moules.


Par exemple, l’usine de Boucau rejetait annuellement 270 000 tonnes de phosphogypse directement dans la mer. La Soferti, de Bordeaux, rejetait annuellement 113 000 t en Garonne. Etc…


Actuellement les rejets en mer sont en principe interdits.


Les énormes quantités stockées à terre n’ont pas manqué de susciter des tentatives de valorisation dans divers secteurs:


- Incorporation aux ciments et plâtres.


- Matériaux de construction.


- Construction des routes.


- Matériau de remblais.


Ce qui paraît incompatible avec le classement TFA ( déchets Très Faiblement Radioactifs ) qui les placent avec les déchets de démantèlement des centrales nucléaires.


Les stocks de phosphogypse constituent une bombe à retardement ( une de plus ) dont il faudra s’occuper un jour ou l’autre.


En attendant, il est vivement conseillé d’éviter de consommer des produits de la mer provenant d’anciens sites littoraux de déversement de phosphogypse, et de construire sa maison à proximité d’un site de stockage.



 



 


 


 

 

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