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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 15:17

17 Février 2012

La formule désormais célèbre « La France n’a pas de pétrole, mais etc… » est toujours d’actualité. Hélas nous n’avons pas davantage de Gaz naturel ni de charbon.

En attendant un hypothétique âge d’or des énergies renouvelables, nous sommes donc entièrement dépendants des importations pour nous fournir en carburants pour nos automobiles, et pour le reste...

En attendant d’avoir résolu l’imbroglio énergétique où s’entremêlent l’écologie, le CO2, le Nucléaire, le réchauffement de la planète, les gaz de schiste, le photovoltaïque, les biocarburants et les éoliennes, nous en sommes réduits à consommer du pétrole encore pour un certain temps.

Il est donc important de s’intéresser à son prix.

Aujourd’hui le baril est à 100 dollars, soit 0,48 euro par litre.

Rappelons que, dans le rapport « Perspectives de l’OCDE » No 76 paru en 2005, l’honorable institution prévoyait une hausse du prix du baril à hauteur de 30 dollars en 2010, et jusqu’à 35 dollars en 2030 ( !!!).

Ne tirons pas sur le pianiste car l’exercice de la prévision est semé d’embûches. Néanmoins, cette erreur de 300% donne une mesure de la modestie qui doit entourer toute annonce concernant l’avenir, particulièrement en ce qui concerne les prix de l’énergie.

Revenons à la réalité d’aujourd’hui , c’est-à-dire 0,48 euros le litre de brut.

Le raffinage et la distribution portent le coût à 0,60 euro environ.

Grâce à l’Art des magiciens de Bercy le gazole se retrouve à 1,40 euro par litre à la pompe, ce qui représente environ 100 euros mensuellement pour une automobile parcourant 15 000 km par an, et consommant 6 litres aux cent kms.

Les uns estimeront cette dépense « raisonnable », elle sera jugée scandaleuse par les autres.

En 2010 le budget culture et loisirs des français s’est élevé à 93 Milliards d’euros ( INSEE), ce qui fait 4 227 euros annuellement par ménage, soit 352 euros par mois. Il s’agit d’un moyenne bien entendu, certains dépensent davantage, d’autre doivent se serrer la ceinture.

Ces chiffres montrent que, pour la moyenne des ménages français, quelques dizaines d’euros en plus ou en moins sur le budget carburant n’auront pas beaucoup d’impact, sinon celui d’inciter à avoir le pied plus léger sur l’accélérateur, et pratiquer une légère restriction du budget loisirs.

Il faudra donc beaucoup plus que 100 euros le baril pour entraîner des changements significatifs des modes de vie de la majorité des ménages.

Comme toujours, ce sont les plus défavorisés qui subiront au premier euro le contrecoup des hausses.

Depuis 2003 le prix du baril a été multiplié par quatre ( en 9 ans).

Sans être un expert on peut quand même avoir conscience des paramètres qui influent sur l’évolution probable du marché:

- Augmentation des coûts de recherche et d’extraction.

- Approche probable du pic de production, donc tension sur les prix.

- Forte augmentation de la demande des pays émergents.

- Forte probabilité d’évènements géopolitiques induisant des tensions sur le marché, avec probabilité d’une crise.

Cet environnement n’est pas de nature à laisser espérer une baisse des cours.

En 2005 les experts prévisionnistes n’avaient pas cru en la possibilité d’une explosion durable du prix du pétrole, ils avaient prévu 30 Dollars le baril pour 2010 alors qu’il est monté à 100 Dollars.

Ne commettons pas la même erreur, mais ne tombons pas dans l’excès inverse. Si le taux de croissance du prix se maintenait à son niveau de la dernière décennie, le baril serait à près de 500 Dollars en 2025.

Le prix à la pompe serait alors voisin de 3,80 euros le litre de gazole, à TICP et TVA inchangées.

Pour notre automobiliste, la dépense de carburant passerait à 270 euros par mois, ce qui serait difficile à gérer, même pour les revenus moyens.

Mais le plus insupportable serait pour notre balance du commerce extérieur.

Aujourd’hui les importations d’énergie entraînent un déficit annuel de

50 Milliards d’euros. Un baril à 500 Dollars porterait ce déficit à 250 Mds d’euros, évidemment impossible à assumer.

Le Gouvernement serait amené à prendre des mesures de restriction.

Il existe une quasi indexation du prix du Gaz naturel sur celui du pétrole, il n’y a donc pas de porte de sortie de ce côté. Et ce n’est pas la création du FPEG ( Forum des Pays Exportateurs de Gaz ) qui améliorera la situation.

Pour tenter d’échapper à ce piège à retardement, les Etats dépendants des importations pour leur énergie recherchent l’indépendance énergétique, au moins partielle. En son temps la France a choisi le Nucléaire, qui couvre 75% des besoins en électricité. Aujourd’hui une autre voie est possible, celle des énergies renouvelables, déjà largement mises en œuvre dans certains pays.

Toutes ces solutions de rechange fournissent de l’électricité. Or notre consommation n’utilise l’électricité que pour le quart de ses besoins.

Le reste fait appel aux énergies fossiles carbonées.

La tâche principale qui nous attend est donc de basculer tout nos besoins sur l’électricité, ou au moins les trois quarts.

C’est une tâche très difficile car sa nécessité ne fait pas consensus. On pense généralement au remplacement du nucléaire par du solaire ou de l’éolien, en oubliant complètement les trois quarts de nos besoins actuellement satisfaits par le pétrole et le Gaz naturel.

Le problème des carburants n’est que la partie émergée de l’iceberg. La voiture électrique ne nous permettra pas d’échapper au piège du pétrole.

Mais toujours à quelque chose malheur est bon: toute augmentation du prix du baril est un argument en faveur du développement des énergies durables. Si elles ne sont pas compétitives contre un pétrole à 100 Dollars le baril, il en ira différemment à 200 ou 300 Dollars !

Il nous faut accepter la fin de l’énergie à bon marché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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