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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 15:49

4 Janvier 2012

La nouvelle année trouve nos pays dits développés engagés dans un brouillard énergétique dont la sortie n’est pas évidente.

La dernière décennie a été marquée par la prise de conscience du réchauffement climatique. Tout ce qui, de près ou de loin, est susceptible d’émettre du CO2, est donc devenu « non grata ».

On aurait pu penser que cet ostracisme envers le CO2 se serait traduit par un intérêt accru pour l’atome qui, lui, n’en émet pas.

Hélas, après la catastrophe de Tchernobyl, celle de Fukushima est venue rappeler les dangers du nucléaire civil, qui est désormais désigné ennemi public numéro 2.

Nous voici donc tenus de mener une lutte sur deux fronts: Le nucléaire civil et les énergies fossiles carbonées, tous deux mis dans le même sac et voués aux gémonies.

Cette lutte implique un basculement de notre stratégie vers une troisième voie, celle des énergies propres et renouvelables, en clair le solaire et l’éolien.

Troisième voie idéologiquement irréprochable.

Dans l’euphorie, certains rêveurs, confondant la carte avec le territoire, ont pu croire un instant que ce basculement énergétique pouvait se réaliser en un tournemain, quelques années tout au plus.

C’était sans compter avec les réalités, qui échappent bien souvent aux idéalistes prompts à manier la pensée magique et peu soucieux des contingences pratiques.

Notre monde développé est construit sur des structures dont le fonctionnement repose pour plus de 70% sur les énergies fossiles carbonées. L’industrie, les transports, les usages domestiques, le chauffage, l’éclairage, sont dépendants de ces énergies. Leur remplacement par des sources renouvelables essentiellement électriques, nécessite un bouleversement total de ces structures.

A l’évidence ceci ne peut être accompli qu’en plusieurs décennies,

l’échéance la plus probable étant plutôt la fin de ce siècle.

Nous sommes donc confrontés à la nécessité ce rechercher un compromis entre d’une part les bonnes résolutions écologiques qui impliquent l’abandon des énergies fossiles carbonées et du nucléaire, et d’autre part la nécessité de ne pas mettre le pays en panne en arrêtant des unités de production sans avoir de solutions de remplacement.

Les politiques sont donc dans une situation très inconfortable. Beaucoup de pédagogie sera nécessaire pour faire admettre la nécessité d’accepter des compromis.

- Compromis sur l’utilisation des énergies fossiles carbonées. Il faudra encore faire avec jusqu’à la fin du siècle au moins, même si leur part dans le mix énergétique ira en décroissant, grâce aux économies d’énergie.

- Compromis avec le nucléaire. Son remplacement par les énergies nouvelles nécessitera plusieurs décennies. Et de plus de lourds investissements seront nécessaires pour sécuriser les installations existantes, investissements qui feront défaut pour le développement du solaire et de l’éolien.

Il faudra faire admettre que notre paysage énergétique ne peut changer que très progressivement, et que les gros investissements serviront surtout à sécuriser et optimiser les sites de production d’énergie classique, nucléaires et thermiques à flamme éventuellement partiellement décarbonés.

Aucun homme politique ne peut tenir un tel discours, surtout en période électorale, sans voir sa défaite assurée.

Après avoir fait rêver les populations sur un avenir énergétique propre, solaire et radieux, il n’est pas possible de les faire atterrir dans une réalité de charbon, de pétrole et de gaz.

La campagne électorale ne peut donc être que biaisée, au moins au plan du discours sur l’énergie. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…

 

 

 

 

 

 

 

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