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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 19:40

LAVIA, ou le début du dressage.

28 Juin 2017
La chasse à l’automobiliste « hyper véloce » est un exercice dans lequel l’usager a vu son rôle passer de « gibier de passage » à celui de « faisan de tir », tant il est vrai que désormais plus personne ne peut prétendre échapper aux radars fixes et mobiles, ou aux snipers de bas côtés.
A tel point que l’imprudent qui prétendrait n’avoir jamais perdu un seul point de permis serait suspecté d’entretenir des relations inavouables avec la préfecture, voire même de rouler avec des fausses plaques, ce qui est hélas très répandu, m’a-t-on dit…, ou pire encore, de bénéficier d’un permis obtenu après versement d’un bakchich substantiel auprès d’une République introuvable sur la carte, mais néanmoins parfaitement habilitée à délivrer le précieux document.

A l'opposé des porteurs de calibre 12, voire même de 7x64, qui justifient leur action par son effet « bénéfique » sur la régulation du gibier en évitant la surpopulation (Ce qui n’est pas faux), les porteurs de radars justifient leur zèle en invoquant non pas la lutte contre la surpopulation d'automobilistes, mais au contraire son impact positif sur la réduction du nombre de morts dans les accidents de la voie publique ( Ce qui n'est pas complètement faux non plus) .

Notre propos aujourd’hui n’est pas de décortiquer les motivations en question, mais plutôt de dénoncer l’ambigüité de la démarche des gendarmes dont on n’a jamais su très bien si son but était réellement de sauver des vies, ou s’il s’agissait d’exploiter une « pompe à phynances », sorte de complément de l’IRPP, le revenu étant ici remplacé par l’importance du dépassement de la vitesse prescrite.

Plusieurs indices contribuent en effet à éveiller les soupçons:
- Depuis plusieurs décennies, le code de la route limite la vitesse à 130 Km/h sur autoroute.
Aucun véhicule à usage privé n’est donc autorisé à dépasser cette limite, sur quelque voie publique que ce soit.
La logique la plus évidente voudrait donc que les constructeurs soient contraints de ne livrer que des véhicules dont la vitesse max est limitée par construction à 130 Km/h*.
Comme chacun le constate, il n’en est rien.
Les vitesses max des véhicules commercialisés atteignent couramment 180, voire 220 Km/h, et bien davantage pour certains.
* le problème des véhicules destinés à la compétition sur circuits privés est un autre domaine, de même que celui des véhicules de secours et des forces publiques.
- On pourrait aussi citer les radars disposés au bout d’une ligne droite en descente, les panneaux d’entrée d’agglomération placés dans la zone des terres agricoles à 500 m des premières habitations, etc.

Il y a donc collusion de fait, sinon d'intention avérée, entre les pouvoirs publics et les constructeurs, pour mettre entre les mains des usagers des véhicules « pousse au crime » dont l’usage se traduit inévitablement par des infractions, donc un impôt routier, et éventuellement des morts.
- Sur nos routes de campagne, nombre d’infractions mineures sont dues à la difficulté de savoir, à un moment donné, quelle est la limitation appliquée sur la portion empruntée.
Dans les territoires, les panneaux 90,70, 50, parfois 45, ou 30,  quelquefois 110, se succèdent à une cadence infernale sur les départementales traversant des villages.
Sur un parcours de 50 Km, il n’est pas rare de rencontrer plusieurs dizaines de ces panneaux qui mobilisent abusivement l’attention du conducteur, au détriment de la sécurité de la conduite.
Leur emplacement est parfois si saugrenu qu'ils échappent facilement à l'attention du plus méfiant des chauffeurs.
Ces limitations sont pourtant nécessaires, au moins pour la plupart d'entre elles. Mais la fréquence de leurs changements nécessiterait un complément de signalisation automatique.
Nous sommes au XXIè siècle, que diable !
Le signalement de ces panneaux par un bip sonore et/ou un message vocal soulagerait grandement le conducteur, qui pourrait consacrer toute son attention à la conduite.
La mise en place de ce service est d’une simplicité enfantine.
Un simple code barre en peinture métallique, disposé sur le revêtement cent mètres avant le panneau, serait détecté par un dispositif à trois euro et demi, disposé à l'avant de la voiture, il pourrait même être couplé au radar de détection d'obstacle, qui devient banal.
Le fait qu’un tel dispositif, dont la simplicité ne peut être mise en doute, a toujours été refusé par les pouvoirs publics, est un indice sérieux de la volonté de laisser la bête tomber dans le piège, car il s’agit bien de piège.
Plus personne ne met en doute la volonté cachée des pouvoirs publics de faire jouer aux limitations de vitesse un double rôle: participer à l’amélioration de la sécurité, mais aussi prélever un impôt routier, le second rôle apparaissant parfois comme le plus important des deux.

L'idée de signaler au conducteur la vitesse limite autorisée à la position qu'il occupe n'est pas nouvelle.

Quelques-uns d'entre nous se souviennent de l'époque d'avant les limitations de vitesse. Eh oui, ce temps a existé, où l'on pouvait "appuyer sur le champignon" sans craindre la moindre remarque désagréable d'un pandore, tout au plus pouvait-il vous faire remarquer que vous alliez "un peu vite".
La seule contrainte alors était l'obligation de rester maître de sa vitesse, ce qui était évidemment une figure de style.

Cette liberté à peu près totale, sur un réseau routier dépourvu d'autoroutes et où les routes secondaires étaient vraiment secondaires, avec des voitures aux tenues de route primesautières et aux freins approximatifs, se traduisait bien sûr par un massacre permanent dont l'ampleur allait croissant.

En 1972, il y eu 18 000 morts et 386 000 blessés.
Il n'était plus possible de continuer ainsi.

Les limitations que nous connaissons aujourd'hui furent mises en place en 1973, elles n'ont été que peu modifiées depuis.

Lors de la mise en place de ces limitations, le système à bandes métalliques décrit plus haut fut proposé par certains équipementiers, mais les pouvoirs publics ne donnèrent pas suite, on imagine aisément pourquoi.

Aujourd'hui la technologie a "un peu" évolué, les voitures sont en passe de se débrouiller seules et de circuler sans l'aide d'un conducteur humain.
Ces modernes Automédon savent donc tout faire, et bien entendu détecter les zones de limitation de vitesse, et la valeur prescrite.

Lorsque ce progrès sera généralisé, puis peut-être rendu  obligatoire (Il en est question à Bruxelles), la voiture deviendra ipso-facto un gibier protégé dont le permis sera à l'abri des chevrotines, du moins pour le motif d'hyper vélocité.

En attendant cette époque, on parle de 2017 quand même, rien n'interdit d'équiper les voitures actuelles du dispositif de détection des zones de limitation de vitesses, puisque ce dispositif aura été homologué pour les voitures sans chauffeurs.

Aujourd'hui déjà on peut disposer de cette fonction, grâce à quelques  logiciels disponibles sur Smartphone, mais le résultat est approximatif et non garanti, ce qui est  incompatible avec une application en rapport avec la sécurité routière.

Le système (Officiel ?) est le « lavia », dont la généralisation a été proposée.
LAVIA, Limiteur s'Adaptant à la VItesse Autorisée.
(ISA, Intelligent Speed Assistance).
Les nombreux essais effectués dans le cadre du développement de la voiture sans chauffeur, ont permis de valider le système.
La position exacte du véhicule est obtenue par GPS, et le régime de limitation de vitesse attaché à cette position est donné par une cartographie développée en collaboration avec l'IGN.
Il existe une convention entre la DSCR ( Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière) et l'IGN (Institut Géographique National).

Une fois obtenue la précieuse information, il faut décider ce qu'on en fait.
Sachant que, dans tous les cas, la signalisation actuelle sera conservée.

Le degré zéro étant la simple information du conducteur, qui garde l'entière responsabilité de la suite qu'il va donner: Soit le mépris, soit le ralentissement de son allure, ou au contraire l'accélération si  aucun radar ni aucun képi ne sont en vue.

Le degré au-dessus du zéro consiste à laisser le système limiter la vitesse du véhicule sans intervention du conducteur, mais en laissant à celui-ci la possibilité de le neutraliser .
Oui, c'est idiot, mais c'est une proposition.

Le degré max est la fonction "sans appel"; la vitesse max est imposée "manu militari" sans autre forme de procès.
Evidemment, la perspective de perdre l'initiative de contrôler sa vitesse en toutes circonstances n'est pas du goût de tous les automobilistes.
Si la prise de contrôle du système intervient lors d'un dépassement, il peut en résulter un risque d'accident. Qui sera responsable ?

Les constructeurs devront revoir leurs arguments de promotion. En effet, quel pourra être désormais l'intérêt d'acquérir un véhicule de plus de 100 CV, et/ou capable d'"abattre" (C'est le terme consacré) le kilomètre en quelques secondes, ou passer de 0 à 100 Km/h en 3 secondes ?

L'objectif de ces grandes manœuvres est clairement d'éliminer ce que les scientifiques appellent l'"équation personnelle".
(L'équation personnelle, c'est l'influence, aussi faible soit-elle, de l'expérimentateur sur le résultat de l'expérience).
Et Dieu sait si, en matière de conduite automobile, l'expérimentateur chauffeur influe sur le résultat de l'expérience de la conduite.
En l'occurrence, il s'agit de supprimer à terme toute intervention du "conducteur" dans la conduite de son véhicule.
Aujourd'hui c'est la vitesse qui passe sous le contrôle de la robotique, demain c'est l'ensemble de la conduite qui sera concernée.

Et après-demain, quoi d'autre ?

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