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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 15:28

Diesel gate, ou comment continuer à amuser la galerie.

16 Mai 2017
En 1992, l’introduction des normes européennes limitant les émissions polluantes des véhicules marqua le début d’une prise de conscience du problème de santé publique généré par les moteurs thermiques.
La démarche était louable, mais sa mise en œuvre ne fut pas à la hauteur des exigences de l’objectif revendiqué.
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La logique élémentaire aurait voulu que les émissions polluantes soient mesurées dans les conditions normales d’utilisation des véhicules.
Au lieu de cela, il fut décidé de contrôler les émissions seulement en atelier, et dans des conditions de fonctionnement que l’on pourrait qualifier de « laxistes » tant elles sont éloignées des conditions réelles d’utilisation (test NEDC).
Ces conditions étant connues et fixées, il suffisait aux constructeurs de choisir des réglages d’usine appropriés pour obtenir des résultats conformes à la norme dans les conditions de mesures définies par le protocole NEDC.
Ensuite, les émissions polluantes générées dans les conditions d’utilisation réelles sur le terrain n’ont alors aucune importance, dès lors qu’en atelier le test NEDC est satisfaisant pour obtenir l’homologation.
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Cet « enfumage » a perduré plus de vingt ans, avec la complicité des pouvoirs publics qui ne pouvaient pas ignorer la « combine ».
Tous les cinq ans environ les seuils d’émission sont révisés à la baisse, pour inciter les constructeurs à améliorer sans cesse l’efficacité énergétique des moteurs et à réduire leurs émissions.
Même en réglant les moteurs au mieux de ce que permet l’électronique, et en faisant appel à des artifices tels que vannes EGR et filtre à particules dopés aux extraits innommables, Il est devenu de plus en plus difficile d’obtenir l’homologation, et les écarts entre les résultats au test NEDC et les taux d’émissions réelles sur la route sont devenus tellement énormes que « l’affaire » a fini par sortir sur la place publique.
( C’est à l’initiative des américains que l’on a fini par admettre que le roi était nu).
Le scandale étant maintenant sur la place publique, il est devenu impossible de glisser la poussière sous le tapis, comme à l’accoutumée en Europe.
D’autant plus que le coup de grâce va être donné par l’obligation d’abandonner le protocole NEDC pour un protocole plus proche des conditions réelles.
Désormais, à compter de Septembre 2017, les nouveaux modèles devront satisfaire aux normes Euro 6c avec laquelle les émissions seront mesurées selon le protocole WLTC-RDE.

WLTC = Worlwide harmonized Light vehicles Test Cycles.
RDE = Real Driving Emissions

Il s’agit cette fois de mesures effectuées sur la route, en usage réel, à l’aide d’un PEMS ( Portable Emission Measuring System).

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Bien sûr tout cela ne se règlera pas du jour au lendemain.
Le passage ne se fera pas sans de nombreuses dérogations et ajustements divers.
Encore une minute Monsieur le bourreau…
Comme par hasard les fameux PEMS vont se révéler très difficile à mettre au point et donneront lieu à moult contestations.
Qui décidera du parcours de qualification, et quelles conditions météo, et quel état de la route, quel profil, quelles conditions de circulation ?
Tout sera donc mis en œuvre avec prudence et modération, de manière à donner aux constructeurs le temps de s’adapter à cet environnement  nouveau.
Il s’agit de ne pas gripper la machine à vendre des voitures, il faut donc encore amuser la galerie pendant quelques années.
Mais la machine est lancée, il sera difficile de trouver une combine pour revenir en arrière.
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Pour le moment les véhicule diesel sont en ligne de mire à cause des émissions de Nox et de particules fines.
On aurait pu penser que l’affaire Volkswagen, et les suivantes du même genre, auraient entraîné une chute drastique des ventes de diesel.
Il n’en a rien été. Malgré les « affaires » rendues publiques, 52% des voitures vendues en 2016 en France étaient encore des diesels.
Une partie de la baisse enregistrée sur les ventes peut être attribuée davantage à la hausse de la taxe sur le gazole qu’au « diesel gate », qui ne constitue pas une menace directe pour l’acheteur d’une voiture neuve.
Ce qui prouve que les acheteurs (français) ne croient pas vraiment au risque de voir leur véhicule ostracisé dans un délai suffisamment proche pour les dissuader d’acheter leur cher diesel.
Ils ont peut-être tort…
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