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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 11:08

Les sources du climato scepticisme.

3 Mars 2017
Le changement climatique est aujourd’hui élevé au rang de menace essentielle pesant non pas sur la Planète, qui en a vu d’autres, mais sur l’Humanité.
Très au-dessus de l’explosion démographique, de la montée des extrémismes, de la confiscation des richesses par une minorité, du saccage de l’environnement, du pillage des ressources non renouvelables, de la faim dans le monde, et de bien d’autres malédictions qui mériteraient chacune des actions immédiates, la lutte contre le réchauffement a pris le pas sur tout le reste, elle sous-tend désormais toutes les stratégies de développement économique, et de fait devient un sujet Politique majeur.
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D’abord focalisée sur le réchauffement de l’Atmosphère, la menace s’est étendue au changement climatique en général, incluant l’aggravation du nombre et de l’importance des évènements météorologiques destructeurs, l’extension de la désertification, la fonte des glaces polaires et des glaciers continentaux, l’élévation du niveau des océans, la diminution des ressources en eau douce, et tous autres évènements en rapport avec l’augmentation de l’énergie interne du système thermodynamique atmosphérique et océanique.
(A trop se concentrer sur l'énergie interne microscopique, on en avait un peu sous-estimé l'énergie interne macroscopique).
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Par consensus entre les membres du GIEC, la cause de ce changement climatique a été attribuée pour le principal aux activités humaines, et en particulier aux émissions anthropiques de Gaz à effet de serre liées à l’emploi des énergies fossiles, en tête desquelles a été placé le CO2.
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Selon Larousse:
"Consensus:   Procédure qui consiste à dégager un accord sans procéder à un vote formel, ce qui évite de faire apparaître les objections et les abstentions"
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La procédure du consensus fragilise la position du GIEC, puisqu'elle exclut par définition tout avis différent qui serait émis par une partie non membre du GIEC, fut-elle composée de scientifiques reconnus.
Il ne s’agit donc pas d’un résultat obtenu à la suite d’une approche  scientifique qui, par définition, doit prendre en compte toute réfutation argumentée, d’où qu’elle vienne.
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Un des critères de l’approche scientifique est l’obligation de vérifier une théorie avant de la valider.
Jusqu’à sa validation, une théorie n’est qu’une conjecture.
En mathématiques, une conjecture est validée par une démonstration.
En sciences physiques, une conjecture est validée par la vérification de son caractère opérationnel le plus large possible.
Le caractère opérationnel d’une conjecture sur l’évolution du climat est invérifiable, par définition.
Personne n’a encore trouvé le moyen de se projeter dans l’avenir pour ce genre d’exercice.
Scientifiquement parlant, les prévisions climatiques du GIEC ne sont donc que des conjectures, et elles le resteront par définition.
Les conjectures sont la base de toute recherche scientifique, à condition toutefois qu’elles ne soient pas érigées en dogme, qui exclut par définition toute réfutation.
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Lorsque ces conjectures, impossible à valider par définition, doivent servir de base à la réorganisation mondiale du secteur énergétique, il est normal d’exiger qu’elles soient établies avec la plus grande rigueur possible, et en tenant compte de tous les éléments susceptibles d’y contribuer, sans en excepter un seul.
Ce sont précisément ces deux points qui prêtent le flanc à la critique de la conjecture climatique soutenue par le GIEC.
Cette « présumée faiblesse »  n’a pas manqué d’ouvrir la voie à un courant de pensée qui exige une ouverture beaucoup plus large à la concertation, incluant la prise en compte d’arguments réfutant une partie des thèses officielles, pour autant que ces arguments soient étayés par des éléments scientifiquement analysables.
Il s’agirait d’éviter que la conjecture du GIEC ne devienne un dogme, ce qui ne rendrait service à personne.

Il ne nous appartient évidemment pas de porter un jugement sur ces débats, nous voulons simplement rappeler l’origine de la controverse.
Au risque de l'excommunication majeure, mais sans prendre parti, nous tentons ici de faire une sorte d'état des lieux de la bataille qui oppose l'orthodoxie du changement climatique aux divers mouvements contestataires qui rechignent à accepter la conjecture pour un dogme.
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Pour désigner le courant de pensée qui conteste le caractère d’infaillibilité autoproclamée du GIEC, le terme de « climato scepticisme » est couramment employé.
Ce terme, au demeurant réducteur, fait volontairement ou non l’amalgame entre plusieurs courants très différents, tous mis dans le même sac et qualifiés de négationnistes, donc indignes de la moindre considération.
Ce « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » , coutumier du monde politique, n’est pas le comportement habituel de la communauté scientifique, au sein de laquelle le principe d’ouverture à la critique est considéré comme facteur de progrès, et même moteur de la recherche.
Le schisme revêt plusieurs aspects:

Certains scientifiques, tout en prenant acte du réel changement climatique, quelles qu’en soient les causes, considèrent que le processus ayant conduit au consensus du GIEC comporte un certain nombre de biais:
- Les paramètres susceptibles d’influencer les variations climatiques n’ont pas tous été pris en compte, soit parce qu’ils ne sont pas encore tous identifiés (La science progresse chaque jour), soit parce que le rôle de certains d’entre eux a été minimisé, ou exagéré,  pour des raisons discutables.
- Les modèles informatiques ayant conduit aux résultats objets du consensus, intègrent des valeurs de paramètres initiaux et des interactions entre ces paramètres, dont les choix sont perfectibles.
- Il existe, de l’aveu même du GIEC, beaucoup d’incertitudes et d’inconnues, qui peuvent conduire à des écarts considérables sur des durées à l’échelle du siècle.

Pour toutes ces raisons, et quelques autres, ces « contestataires » estiment que le consensus actuel porte sur des prévisions fragiles, et qu’il serait raisonnable d’en prendre acte, et de les réactualiser périodiquement en intégrant les progrès réalisés par les chercheurs des différentes disciplines, et en fonction des résultats constatés sur le terrain, même s’ils ne sont pas issus des groupes de recherche « inféodés » au GIEC.

D’autres « contestataires » soutiennent l’idée que la mise en œuvre de mesures draconiennes pour réduire les émissions anthropiques de GES, et notamment la réduction drastique de l’usage des énergies fossiles à travers une lourde taxe Carbone, aurait des conséquences humanitaires pires que celles qui découleraient d’une augmentation de température de deux ou trois degrés, notamment un regain d’intérêt pour l’électronucléaire et un frein au développement des pays du Sud, privés d’énergie.

Un autre groupe met en avant les avantages possibles résultant d’une augmentation modérée de la température, tout en insistant sur la nécessité de gérer cette augmentation dans les régions susceptibles d’en souffrir.

Il faut noter qu’aucun de ces groupes ne conteste le changement climatique, lequel est d’ailleurs visible à l’œil nu, pas plus qu’ils ne remettent en cause la nécessité de préparer le remplacement des énergies fossiles.
Le terme « sceptiques » est donc inapproprié à leur égard.

Par contre, d’autres groupes sont sous-tendus par des motivations moins avouables, pour justifier de traîner les pieds dans la lutte contre les émissions anthropiques de GES, notamment pour défendre certains intérêts, ou par résignation sur l’air de « de toutes façons, quoi qu’on fasse, on consommera les énergies fossiles jusqu’à complet épuisement », ou encore « les énergies renouvelables ne suffiront jamais à satisfaire nos appétits, c’est un combat perdu d’avance », etc.
Ces attitudes négatives, souvent intéressées, doivent effectivement être combattues. Mais elles ne doivent pas servir de prétexte pour tenter de justifier le combat contre toutes les tentatives d’ouverture à une réflexion légitime qui s’écarterait un tant soit peu de la doxa .
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Toutes ces réticences cumulées, justifiées ou pas, chacun appréciera par lui-même, finissent par constituer un mouvement qui peut contrarier la dynamique que le GIEC tente d’entretenir autour de ses prescriptions environnementales, entérinées à l’occasion des COP annuelles.
On peut ne pas adhérer à l’un de ces courants de pensée libre, lui être même fortement opposé, mais il n’est pas possible de les éradiquer, sauf à utiliser des méthodes qui relèvent d’un autre âge, même si hélas elles sont encore pratiquées ici et là dans certains pays, comme on a pu le voir ces jours derniers.
L’opprobre, la dérision, la dévalorisation, la censure, ont été impuissantes à faire disparaître cette pensée parallèle.  
On constate, ici et là, que ce mouvement a gagné une partie de la classe politique, et qu’il peut s’exprimer, sinon directement (Quoique), du moins par le zèle déployé ou pas, dans la conduite de la politique énergétique de certains gouvernements.
On peut le déplorer, mais c’est un fait dont on ne peut pas ne pas tenir compte.
Les récents évènements des USA sont une caricature de cette influence, mais elle est présente en d’autres lieux, sous une forme plus discrète, sans pour autant être moins efficace.
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L’un des mérites du GIEC est d’avoir montré que la plupart des activités humaines, sinon toutes, ont une influence, bonne ou mauvaise, sur le climat de la planète.
Edicter des règles pour contrôler l’évolution du climat revient donc à édicter des règles pour gérer la Planète, ni plus ni moins.
( Production et utilisation de l’énergie, gestion de l’environnement, lutte contre la pollution, la déforestation, les cultures, la surpopulation ?).

Ce nouveau rôle, dont le GIEC se trouve investi, malgré lui ou en toute connaissance de causes, n’est pas du goût de tout le monde.
Peu de pays sont prêts à accepter un quasi gouvernement mondial qui serait exercé par un organisme dont ce n’est pas la mission première,   dont la compétence est autoproclamée, et dont les décisions ont valeur de dogme, car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Cette situation ambigüe ne peut que nourrir le doute et renforcer l’attentisme.
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En construisant un monde de progrès technologique fondé sur les énergies fossiles, l'Homme a construit lui-même le piège dans lequel il est tombé.
Une première tentative d'échapper à ce piège fut le développement de l'électronucléaire, qui s'est révélé n'être qu'un autre piège, peut-être pire que le premier, et dont nous devrons également sortir un jour ou l'autre.

Prisonnière de ces deux addictions, notre civilisation dite "développée", a le choix entre la cure de désintoxication, ou la sortie par encore plus de technologie.
Encore plus de technologie, c'est par exemple la fusion nucléaire, sur laquelle certains fondent de grands espoirs, ou encore l'Hydrogène naturel, plus "soft" mais toujours hypothétique.
La cure de désintoxication, c'est la conversion aux énergies renouvelables, en ayant conscience qu'elles ne pourront pas satisfaire nos appétits démesurés d'énergie, et qu'il faudra apprendre à nous serrer la ceinture.
Le GIEC nous a montré la nocivité de nos mauvaises habitudes, mais ce n'est pas lui qui nous indiquera la meilleure façon d'en sortir.
La Politique et la Science n'ont jamais fait bon ménage…

Saurons-nous prouver le contraire ?
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