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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 16:36

Les voitures comme stockage de masse de l'électricité.

17 Janvier 2017
Nos voitures roulent très peu.
En moyenne, nous parcourons 12 000 Km par an, à la vitesse de 30 Km/h, et nous passons donc 400 heures par an en voiture.
On peut donc, sans exagérer, considérer qu'une voiture est statistiquement une installation à poste fixe, ses périodes de mobilité ne représentant que 4,5 % du temps.
Le poste fixe pouvant être un garage particulier ou un parking, pas forcément toujours le même.
La mutation vers la motorisation électrique semble devoir se réaliser, et on peut donc raisonnablement lui prédire une part de marché de l'ordre de 30% dans la version à batterie, à l'horizon 2030, soit 10 millions de VE.
En restant dans le réalisme, ces véhicules seront équipés de batteries dont la capacité moyenne pourrait être autour de 60 KWh.
( 30 KWh aujourd'hui, 60 KWh en 2018 , 150 KWh objectif 2020_2025).
Ce parc constituera alors une réserve potentielle d'énergie électrique de 600 GWh , dont une grande partie pourrait être accessible en temps partagé, pour peu que les véhicules soient connectés au réseau lorsqu'ils sont à l'arrêt.
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Il serait évidemment hautement absurde de laisser cet énorme potentiel de stockage énergétique dormir dans un garage ou sur un parking, alors que par ailleurs on manque cruellement de capacités de stockage pour compenser l'intermittence des renouvelables.
Une "réserve" de 600 GWh représente par exemple une puissance potentielle de 60 GW pendant 10 heures, soit l'équivalent du parc nucléaire actuel pendant 10 heures.
De quoi fournir un sérieux coup de main lors d'une période de déficit de production ou de pic de consommation.
Bien sûr il ne s'agit pas de vider toutes les batteries et de mettre le pays en panne de transport pour éviter une panne de courant !
Mais, même si l'on n'utilise que le dixième de cette énergie, soit 60 GWh, on peut fournir au réseau un appoint de 20 GW pendant 3 heures, ou 10 GW pendant 6 heures, ce qui permet de passer un pic de demande.
Les batteries qui ont été sollicitées seraient bien sûr ensuite automatiquement rechargées une fois passé le pic de consommation.
C'est l'équivalent du pompage-turbinage, mais sans turbine, sans pompe, et sans le double réservoir !  
Avec l'avantage d'une énorme puissance disponible.

Difficile de faire moins cher…   

Rappelons que la France dispose de 7 stations de pompage-turbinage, dont la puissance cumulée atteint 5 GW, ce qui limite la capacité d'intervention sur le réseau.
Les batteries de VE connectés peuvent donc faire beaucoup mieux.
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La mise en œuvre de ce service ne sera évidemment pas une sinécure.
Cette application, ainsi que quelques autres du même genre, ne peut être envisagée qu'à la condition de réaliser un grand réseau de communication interactif entre tous les points de soutirage et/ou d'injection d'électricité.
Il s'agit du "Smart Grid", qui fait l'objet de nombreuses études et démonstrateurs depuis deux décennies, et dont le premier maillon indispensable est le compteur communicant Linky.
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Au-delà de l'intérêt immédiat de l'efficacité énergétique, le véhicule électrique sera une opportunité pour constituer une solution de stockage d'électricité contribuant significativement à la compensation de l'intermittence des énergies éolienne et solaire.
Un intérêt complémentaire sera apporté par l'utilisation des batteries  réformées pour constituer des stockages fixes convenant aux installations domestiques.
En effet, les batteries de VE subissent un vieillissement qui se traduit par une diminution de leur capacité énergétique et de la puissance max qu'elles peuvent fournir.
Elles demeurent cependant utilisables en stockage à poste fixe, éventuellement chez le particulier, mais pas seulement, ce qui constitue un second marché pour lequel ces baisses de performances sont sans inconvénient.
Ce stockage fixe viendra évidemment renforcer la capacité d'intervention sur le réseau en cas de déficit de production des renouvelables.
Ces installations pourront être par ailleurs complétées par une production locale d'électricité à base de panneaux solaires, de petites éoliennes  communautaires, ou d'une chaudière à cogénération à granulés.
Le consommateur devient ainsi producteur associé, participant activement au soutien du réseau en étant tantôt consommateur, tantôt producteur.
Rappelons au passage que le compteur Linky est prévu pour cette application, car il enregistre les index de production et de consommation, il fonctionne dans les deux sens.
Décidément, il va devenir de plus en plus difficile de trouver des arguments crédibles contre ce nouveau compteur…
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