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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:57

 

5 Décembre 2016
Depuis déjà plus d’une décennie, l’ordre énergétique nouveau s’est donné pour emblème la Transition énergétique.
Cette mobilisation a pour objet principal, officiel, la lutte contre le réchauffement climatique.
Il y a d'autres motivations, sous-jacentes mais non moins importantes, comme la menace de pénurie de réserves fossiles et la recherche de l'indépendance énergétique.
Mais le réchauffement climatique, désormais dénommé "dérèglement climatique" est l'ennemi commun désigné en tant que danger immédiat, plus facilement identifiable qu’un accroissement infime de la température moyenne, souvent contredit par des évènements météorologiques locaux.
Le moyen retenu pour mener cette lutte est la réduction des émissions anthropiques de dioxyde de Carbone résultant de la combustion des énergies fossiles.
Les mots d’ordres censés galvaniser les citoyens consommateurs sont:
- Haro sur le CO2.
- Mort aux énergies fossiles.
- Sus au gaspillage énergétique.
- Gloire aux énergies renouvelables décarbonées: Eolien, Solaire, Hydraulique, Biomasse, Géothermie.
Cette liste résume l’essentiel des « commandements » de la nouvelle doxa, qui se voudrait l’expression de la religion écologique pour ce qui concerne l’énergie.
Les gardiens du temple sont les augures du GIEC, auto proclamés infaillibles en matière de climatologie.

La plupart des Etats de la Planète se sont ralliés officiellement à ce programme, même si ce n’est pas toujours pour les mêmes raisons.
(Du moment qu’il y a des sous à récupérer…).
Des actions fédératives sont décidées, des réunions œcuméniques annuelles sont organisées avec un grand apparat, au cours desquelles les engagements de chacun sont solennellement renouvelés.
Cette victoire apparente de l’Ecologie doit cependant être fortement nuancée car l’un de ses préceptes, et non des moindres, n’a pas été pris en compte dans la nouvelle doxa, qui revêt de ce fait un caractère schismatique.
Il s’agit de l’exigence d’abandon de la filière électronucléaire.
Il est vrai que cette technologie représente à la fois le meilleur de le pire:
Elle est une technologie décarbonée, ce qui satisfait l’exigence première de la transition énergétique. On ne peut donc pas lui montrer la sortie sans trahir l’engagement premier.
Par contre son caractère renouvelable n’a jamais été réellement démontré, sauf à se projeter dans un futur incertain avec la fusion nucléaire, saint graal de la filière, sorte de messie énergétique dont la venue est annoncée pour une date indéterminée, dans la plus pure tradition messianique.
Mais, dans sa forme actuelle, elle est aussi une technologie très sale, capable de polluer la Planète pour des milliers d’années, voire beaucoup plus.
L’absence de décision claire à son sujet font d’elle une Arlésienne qui s’invite à tous les conciles et qui, sans être présente, est au cœur de l’action grâce à un lobbying effréné.
C'est ainsi qu’en 2015, 450 réacteurs étaient en activité dans le monde, et 68 étaient en construction, dont 25 en Chine, incluant 2 EPR. Tout va bien, merci.
Il en résulte une ambigüité concernant la croisade du GIEC, dont on peut craindre qu’elle pourrait bien nous conduire à éviter Charybde pour mieux nous faire tomber dans scylla.
Certains se demandent même si le GIEC ne s’est pas laissé enfermé dans le rôle de « faire valoir », pendant qu’ailleurs le business se poursuit « as usual ».
Les fidèles du GIEC ne se posent évidemment pas ce genre de questions. Mais les « Libres penseurs énergétiques » (Oui, çà existe), qui lisent quand même les textes « sacrés », ne trouvent pas toujours, dans cette nouvelle « bible » que des éléments solidement établis. Il y a là matière à l’exercice du doute raisonnable.
La Science ne s’est-elle pas précisément construite sur la remise en cause des vieilles théories ?
Mais ne nous égarons pas.
Le développement des énergies éolienne, solaire, hydraulique, géothermique, et de biomasse, ne peut être qu’une bénédiction pour l’Humanité, quelles que soient les raisons qui conduisent à ce choix.
Il ne peut en résulter qu’un progrès pour les générations futures.
Et peut-être nous pardonneront-elles de leur avoir transmis nos déchets nucléaires, si en contrepartie nous leur laissons une énergie abondante et propre.
Cela vaut bien un effort, n’est-il  pas vrai ?
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La France se veut en première ligne dans la lutte contre le réchauffement climatique, et ceci depuis les toutes premières escarmouches. La COP21 a été l'occasion de confirmer les engagements du concile, et de les mettre noir sur blanc lors de la COP 22.
Nous sommes donc fondés à croire qu’elle est devenue la vitrine de ce nouveau combat pour préserver la Planète.
Voyons donc ce qu’il en est concrètement du remplacement des énergies fossiles par des énergies propres et renouvelables.
Et plus spécialement pour la production électrique, puisque c’est le domaine privilégié de ces nouvelles énergies.
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Avant qu’il soit question de transition énergétique, au siècle dernier, le mix électrique français reposait sur trois secteurs:
- L’électronucléaire.
- les centrales thermiques à flamme utilisant des combustibles fossiles.
- Les centrales hydroélectriques.
Par exemple, à la fin du XXè siècle, la production d’électricité se répartissait ainsi (En 2000):
- Electro nucléaire:        415 TWh
- Thermique fossile:      53 TWh
- Hydroélectrique:          72 TWh
        TOTAL:    540 TWh
Les énergies nouvelles de la transition énergétique étaient encore absentes du mix électrique, elles en étaient (Du moins en France) au stade de l'expérimentation.
( L’Hydroélectrique étant un acteur historique, dont l’existence ne doit rien à la « nouvelle » stratégie climatique).
15 années plus tard, et après moult réunions plénières des institutions internationales en charge du développement de la stratégie de transition énergétique, qu’en est-il en France ?
En 2015, la production d’électricité a été la suivante:
- Electro nucléaire:        417    TWh
- Thermique fossile:      34    TWh
- Hydroélectrique:          59    TWh
- Eolien:              21    TWh
- Solaire:                7,5 TWh
- Biomasse:                8    TWh
        TOTAL:    546     TWh

Le rapprochement des chiffres permet certaines remarques instructives:

- malgré la croisade proclamée contre le gaspillage d’énergie, la production est restée stable. Donc inefficacité complète de la stratégie sur ce point.
« On » avait simplement oublié que les gains d’efficacité énergétique seraient compensés par un accroissement des besoins liés à l’augmentation du nombre de ménages, la demande de confort, l’invasion des nouvelles technologies, et bientôt de la voiture électrique, de la pompe à chaleur, et même des climatiseurs.
Et surtout que les travaux d’isolation thermique des logements ne se décrètent pas.
En effet, contrairement à ce que pensent les hommes politiques, généralement issus de milieux aisés, ce n’est pas la mauvaise volonté qui freine l’essor des travaux d’isolation thermique, mais le manque d’argent, tout simplement.
(Eh oui, Madame le Ministre, çà existe les fins de mois difficiles…)
La transition énergétique était (est encore) basée sur une forte diminution de la demande électrique. Tout est donc à remettre en cause.
Heureusement tout n'est pas perdu car les ingénieurs de EDF, en général peu sensibles aux élucubrations des prévisionnistes du Gouvernement, ont bien anticipé cette demande d'énergie et ont su maintenir à niveau l'outil de production, il faut les en remercier.
(Les soutiers de l’énergie sont en général pleins de bon sens; on ne peut en dire autant de certains  politiciens).

- On constate que le mix électrique est très peu modifié. Les mêmes sources d’énergie, qui fournissaient 100% de la production il y a quinze ans, sont toujours massivement présentes, à hauteur de 93,3 % de la production électrique.
La percée des énergies nouvelles n’a donc pas encore eu lieu, quoiqu’en disent les documents officiels, qui confondent puissance et énergie, et qui se servent de la production hydraulique comme faire-valoir, alors que cette technologie est très ancienne et ne doit rien aux récentes décisions de la transition.

- les énergies nouvelles sont certes présentes, mais leur faible part de 6,7% dans la production électrique en fait des sources encore largement minoritaires. A peine de quoi les faire figurer dans les bilans.
Cette participation discrète ne permet même pas de prendre la mesure des difficultés de leur intégration au mix électrique, notamment concernant l’obligation d'adosser l'éolien et le solaire à des moyens de stockage d’électricité.
Il faudra attendre une part de 15 à 20% pour prendre conscience des vrais problèmes, si toutefois cette part est atteinte un jour, ce dont on peut douter….
Il y a donc de quoi s’interroger sur l’impuissance de l’Etat à appliquer des résolutions « solennelles ».
Impuissance, ou manque de conviction ?
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En 2015, en France, la puissance installée totale des moyens de production électrique était de 129 GW.
La production totale d’électricité est montée à 546 TWh.
(Production brute).
L’électronucléaire, avec 48,8 % de la puissance électrique installée, a produit 76,3 % de l’énergie électrique.
Les énergies nouvelles (Eolien + Solaire), avec 12,8 % de la puissance installée, n’ont produit que 5,2 % de l’énergie électrique totale.
Ce qui correspond à un facteur de charge global de 20% environ, qui est dans la normalité de ces technologies.
(Un éolien uniquement terrestre, avec des petites machines, et un solaire qui fait ce qu'il peut car la France n'est pas le Sahara et le Soleil y est parcimonieux).
Le rapprochement de ces chiffres met en évidence le handicap des installations éoliennes et solaires par rapport à une installation de base thermique à flamme, qui peut fournir de l’énergie plus de 85% du temps.
Et de plus, une centrale à Gaz moderne à cycles combinés et cogénération peut bénéficier d’un rendement nettement amélioré, jusqu’à 70%, et donc fournir beaucoup plus d’énergie, à la fois électrique et sous forme de chaleur, ce qui est évidemment impossible avec l’éolien ou le solaire, sauf à utiliser des installations solaires à concentration, ce qui n’est pas programmé à notre connaissance, du moins en France métropolitaine.
Le projet de premier parc éolien offshore des côtes atlantiques françaises rencontre une telle opposition de la part des riverains, qu’il a dû être reporté de deux ans…
Même le charbon fait mieux que le solaire ou l’éolien, puisque les nouvelles centrales ultra-supercritiques affichent un rendement de 46% avec un facteur de charge de plus de 80%.
Mais la comparaison ne s’arrête pas là.
En effet, aujourd’hui la production éolienne et solaire est faible, et donc facilement « digérable » par le réseau EDF, sans créer de gros problèmes de réglage du réseau.
( Le "réglage" est l'exercice qui consiste à maintenir la tension et la fréquence à l'intérieur des limites définies par le cahier des charges du grand réseau européen.
Mais demain, lorsque ces énergies produiront vingt fois plus (La stratégie de transition prévoit une part de 30% d'éolien et de solaire dans le mix électrique à terme), le réseau ne pourra plus les absorber en direct, il faudra impérativement passer par un système de stockage pour réguler le débit de ces sources intermittentes.
Aujourd’hui ce système n’existe pas, et ne fait l’objet d’aucun programme de développement.
Aucune STEP à l’horizon, en dehors de celles qui existent déjà, et sont utilisées ailleurs.
Il existe par ailleurs de beaux articles sur la filières hydrogène, mais les réalisations ne suivent pas.
Sur ces deux points la France est en passe de devenir une "next year society", qui promet de surprenantes réalisations, mais toujours pour l'année prochaine…
On comprend mieux dès lors la grande réticence des énergéticiens à abandonner le nucléaire, même en partie, sachant que le remplacement de cette énergie par du solaire, de l’éolien ou de l’hydraulique supplémentaire, exigera des moyens considérables, que personne n’est disposé à fournir.
Et surtout pas le consommateur, pour qui le prix de l'énergie est un sujet explosif; et aucun homme politique n’est prêt à allumer la mèche.
D’autant plus que, selon une légende urbaine tenace, le coût de l’électricité solaire et éolienne sera nettement moindre que celui du nucléaire, alors que…  
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Ces problèmes, bien réels, ne sont jamais évoqués officiellement.
Faudra-t-il attendre quinze ans de plus pour voir enfin une stratégie de transition cohérente qui permettra aux industriels d’envisager l’avenir avec un minimum de confiance ?
Par ailleurs, le boom du gaz et huiles de schistes et le renouveau du charbon ne sont-ils pas des indices du peu de crédibilité accordée aux menaces du réchauffement climatique ?
Nous sommes tranquillement en train de perdre la lutte contre le CO2. Peut-être serait-il temps de s’intéresser à une stratégie plus pragmatique, qui consisterait à apprendre à gérer les conséquences d’un réchauffement désormais inévitable ?
Il est vrai que l'on ne parle plus de réchauffement, mais de "dérèglement climatique", plus conforme à la réalité constatée.
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Dans la recherche des causes de cet échec, on ne peut pas, sous peine de négligence intellectuelle, ne pas tenir compte de la probable influence d’un groupe de scientifiques confirmés, de valeur incontestable*, dont les travaux conduisent à des résultats qui contredisent les affirmations du GIEC.
* La plupart d'entre eux publient les résultats de leurs travaux dans des revues scientifiques à comité de lecture (Peer review).
Certains décideurs, et non des moindres, peuvent considérer cette démarche contradictoire comme légitime, et digne d’être examinée par un comité scientifique indépendant du GIEC.
Quelle que soit la suite donnée, ou pas, à ce contre-feu, un ferment de doute a été semé, qui peut susciter une certaine méfiance à l’égard des bouleversements de l’industrie de l’énergie, exigés par la révolution « imposée » par le GIEC.
En clair, avant de jeter le bébé avec l’eau du bain et de dépenser des centaines de milliards, il y aurait lieu d’y regarder de plus près.
C’est une idée qui fait son chemin…
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