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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 19:10

 

12 Décembre 2016
Les énergies renouvelables sont au cœur de la démarche de transition énergétique.
Depuis plus de vingt ans, les citoyens sont invités à économiser l’énergie, et les Gouvernements successifs se sont engagés sur des programmes dont l’idée générale est le remplacement des « vieilles » sources d’énergie par des sources renouvelables, propres, décarbonées ou à carbone recyclable.
Il est temps de faire un état des lieux afin de mesurer l’effort déjà accompli et surtout l’effort qu’il nous reste à accomplir pour réaliser l’objectif.
C’est ce que nous nous proposons de faire ici.
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Notre consommation d'énergie finale s'élève à 160 Mtep environ, relativement constante ces dernières années, aux variations saisonnières près.
En unité des électriciens, cette énergie correspond à 1 860 TWh, dont 475 TWh d’électricité, environ le quart de l’énergie finale consommée.
Aujourd’hui encore, l'essentiel du mix énergétique est constitué des énergies "historiques", qui occupent le devant de la scène depuis des décennies, bien avant qu’il soit question de transition énergétique:
- Le trio des fossiles: Pétrole-Gaz Naturel-Charbon,
- L'Hydroélectrique, mis en place dans les années soixante-dix.
- Le bois énergie, utilisé depuis la nuit des temps.
- L'électronucléaire, qui fournit 75% de l'électricité.
Ces énergies représentent 94% de l’énergie finale consommée en 2014.
Les 6 % restant sont représentés par les énergies nouvellement développées dans le cadre de la transition énergétique:
- Eolien.
- Solaire photovoltaïque.
- Solaire thermique basse température (Chauffe-eau,…).
- Solaire thermique haute température ( A concentration).
- Géothermie basse température ( Chaleur).
- Géothermie haute température (Turbines).
- Biocarburants.
- Biogaz.
- Déchets de biomasse.
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6% de pénétration pour une palette de neuf technologies dont on nous présente depuis plus de dix ans des réalisations prometteuses, c’est un résultat qui appelle des commentaires.
Cette fort modeste participation des énergies nouvelles montre que la transition énergétique est encore un objectif extrêmement lointain.
Ceci n’est pas une critique, mais une simple remise en phase des proclamations médiatiques avec les réalités du terrain.
Source: Commissariat Général au Développement Durable.
       Chiffres clés de l’Energie.
       Edition 2015 publiée en Février 2016
Ces chiffres doivent nous inciter à une certaine modestie et, par-dessus tout, à ne pas sous-estimer l’ampleur de la tâche qui nous attend.
Les outils de la transition existent et  nous maîtrisons ces nouvelles technologies. Il nous reste maintenant à les développer.
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L’éolien et le solaire sont les deux chevaux de bataille de la transition énergétique.
Aujourd’hui, en 2015, leur part ne dépasse pas 1,5% de l’énergie finale consommée.
(28,2 TWh sur un total de 1 860 TWh).
Pourtant les médias se laissent volontiers emporter par l’enthousiasme et n’hésitent pas à les considérer comme prêts pour remplacer tout à la fois du pétrole, du gaz naturel et du nucléaire, la chose pouvant s’accomplir dans les dix ans qui viennent, grâce à la puissante méthode du « Ya ka ».
Là encore il y a lieu de tenir compte des réalités de terrain, et de ne pas confondre la carte avec le territoire, comme dirait l’autre…

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L’énergie éolienne est certes une énergie d’avenir, elle est un passage obligé que personne ne songe à remettre en question.
Mais sa mise œuvre soulève quelques problèmes qu’il ne faudrait pas négliger sous peine de graves déboires.
Et il y a là aussi un problème d’échelle qu’il est essentiel de prendre en compte.
Le développement de l’éolien terrestre (Le seul existant en France) a mis en évidence les difficultés liées à des régimes de vents capricieux et irréguliers conduisant à des facteurs de charges inférieurs à 20%, et parfois moins selon les emplacements. D’autre part l’acceptabilité par les populations est elle-même problématique en raison de troubles liés à la proximité, et de nuisances visuelles, ce qui interdit pratiquement l’usage de grosses machines. Enfin l’irrégularité de la production terrestre crée des difficulté d’intégration de cette production sur le réseau, eu égard à l’absence d’installations de stockage de régulation.
Pour toutes ces raisons il a été reconnu que le développement de cette technologie devait passer par des installations « offshore », qui bénéficient de régimes de vents plus réguliers et plus forts, et d’une meilleure acceptabilité liée à la distance, ce qui permet d'utiliser des machines de puissance très élevée inacceptables à terre.
Par contre c’est une technologie incomparablement plus coûteuse que le terrestre, tant en matière d’investissements qu’en matière de maintenance et de raccordements.
Et il subsiste le problème de l’acceptabilité et de la coexistence avec les autres usages de l’espace maritime (Navigation, Pêche, Tourisme plaisance, aquaculture).
La France met en avant depuis des années sa position privilégiée en matière d’éolien off shore: des côtes maritimes abondantes et avec des régimes de vents variés permettant une production régulière et abondante.
Or, bien que cette technologie soit déjà implantée dans différents pays européens, et ailleurs dans le monde, elle est totalement absente chez nous.
Mais nous ne manquons pas de projets.
Le premier projet d’éolien offshore susceptible de voir le jour regroupera trois parcs sur des emplacements situés au large de Saint Nazaire, Fécamp, et Courseulles.
Pour un total de 238 machines de 6 MW ( Puissance totale installée de 1428 MW).
Avec un facteur de charge prévu de 35%, la quantité d’énergie produite annuellement s’élèvera à 5,5 TWh dans les conditions du catalogue.
Ce qui représente à peine la moitié de la production d’un seul réacteur nucléaire de la dernière génération des REP  de 1300 MW.
Ou encore la production d’une des dernières centrales à charbon supercritique de 600 MW de l’usine du Havre.
Ceci n’est pas un plaidoyer pour le nucléaire ou le charbon, mais simplement une base de comparaison des échelles.
Si tout va bien (Le contentieux avec les opposants n’est pas entièrement réglé) ces trois parcs entreront en production en 2020.
Cet apport de 0,3% à la consommation finale ne changera pas la face des choses, mais il faut bien prouver le mouvement en marchant.
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Le solaire n’est pas en meilleure posture. Le photovoltaïque raccordé au réseau ne fournit actuellement que 0,5% de notre consommation d’énergie finale.
Après le boom de 2010 et 2011, le déploiement s’est ralenti après 2012, en grande partie à cause de la révision des tarifs de rachat, qui met fin à l’effet d’aubaine du début.
Le solaire doit maintenant trouver un modèle économique plus adapté aux réalités. Au lieu d’être vu comme un placement financier (Qu’il n’a d’ailleurs jamais été vraiment) il faut l’intégrer dans un bilan global d’efficacité énergétique des bâtiments, qui passe d’abord par des performances thermiques de haut niveau.
Quand à la production solaire raccordée au réseau, elle trouve sa rentabilité dans des installations de puissance installée de plusieurs centaines de MW.
87% des installations (en nombre) sont des « petites installations » de moins de 3 KW, qui fournissent 18% de l’énergie électrique photovoltaïque, alors que 3% des installations sont des grosses usines solaires de plusieurs centaines de MW, qui fournissent 65% de l’énergie PV raccordée au réseau.
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Ce bilan des énergies nouvelles correspond à une situation d’attente.
Tant que la production électrique sera à près de 80% électronucléaire, et tant que le pétrole et le Gaz naturel seront disponibles à bas coût et quasiment sans taxe carbone, il n’y a aucune raison d’espérer un changement.
Certains indices montrent même que le Charbon renaît de ses cendres, ce qui serait un comble, après le matraquage que nous avons subi sur la nécessité de réduire les émissions de CO2.
Le coup de grâce serait la mise en production d’un site d’extraction de gaz de schiste…
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