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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 19:41

12 Mai 2016

- Une stratégie énergétique incompréhensible…
- Une transition du même nom reportée aux calendes grecques…
- Un énergéticien historique au bord de la faillite…
- Une entreprise du Nucléaire qui avoue des tripotages de rapports de sureté…
- Un réacteur nucléaire déjà en dehors des normes de sureté avant même d’être opérationnel…
- Un parc de réacteurs électronucléaires dont le quart a atteint la limite d’âge et ne pourrait être prolongé qu’au prix de dépenses exorbitantes…
- Des annonces gouvernementales dont l’incohérence sème la perplexité...
- Une faiblesse chronique du secteur des énergies renouvelables…
- Une des plus vastes façades maritimes d’Europe, et pas une seule éolienne offshore…
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Cet inventaire est révélateur d’un certain flottement (c’est un euphémisme) au sein des autorités responsables de notre avenir énergétique, au moins au plan de l’électricité.
A moins que cet apparent flottement ne cache en fait une stratégie de continuité jamais remise en question, mais inavouable, et qui consiste à tout miser sur le nucléaire, en mettant en avant son absence d’émissions de CO2, donc son adéquation avec les objectifs de la lutte contre le réchauffement.
Cette logique en béton transcende les orientations politiques, dès lors que sont acceptés les prévisions optimistes des calculs probabilistes du risque d’une catastrophe nucléaire.
Et ceci malgré les démentis apportés à deux reprises par les résultats de l’expérience du terrain (Tchernobyl et Fukushima), malgré le nuage de Tchernobyl sur l’Est de la France, et malgré l’accident du Blayais qui a mis la population de Bordeaux à deux doigts de l’évacuation.
On imagine alors sans peine la situation en cas de catastrophe dans une de ces centrales, qui entrainerait inévitablement des décisions d’arrêt précipitées d’une partie des réacteurs, ce qui ajouterait aux problèmes humanitaires des problèmes de fourniture électrique.
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Cette politique électronucléaire, en contradiction avec les déclarations des gouvernements successifs, et l’évident marasme dans la conduite des programmes industriels concernés (Un regard vers la cuve de l’EPR) , génèrent une inquiétude quant à la pérennité du service de l’électricité dans les années à venir.
On ne peut à la fois clamer son intention d’investir pour sécuriser les vieilles centrales, et annoncer la réduction de la part du nucléaire.
Certains se demandent s’il n’est pas temps de songer à se préparer à faire face à des difficultés d’approvisionnement en électricité, difficultés pouvant revêtir diverses formes:
- Augmentations très substantielles du tarif public (Tarif Bleu) pour au moins l’aligner sur les prix pratiqués chez nos voisins européens.
( dans les couloirs de la CRE, Commission de Régulation de l’Energie, On parle d’un doublement, voire même d’un triplement du prix du KWh).
- Augmentations des taxes sur les produits énergétiques, et des taxes spécifiques au « développement » des énergies renouvelables.
- Tarification progressive de l’énergie, dont la mise en œuvre n’a été que retardée.
- Etablissement de quotas énergétiques.
- Coupures de courant inopinées.
- Délestages sélectifs.
- Sans parler bien sûr des bouleversements qui ne manqueraient pas de survenir en conséquence d’un accident nucléaire toujours hélas possible avec un parc de réacteurs vieillissants, dont beaucoup ne sont pas aux normes de sureté actuelles.
Les meilleures statistiques de probabilités d’accident ne tiennent hélas aucun compte de la bêtise humaine, comme l’ont démontré Tchernobyl et Fukushima.
Cette perspective n’est pas sans inquiéter certains usagers dont les regards se tournent de plus en plus vers des solutions permettant un certain degré d’autosuffisance énergétique.
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Certes, aujourd’hui encore, l’électricité du réseau reste disponible en quantités illimitées et pour un prix plus que raisonnable puisque notre tarif Bleu réglementé se situe parmi les plus bas d’Europe, inférieur de moitié à celui pratiqué chez nos voisins allemands.
Cette situation de grande disponibilité et de libéralité sur les prix, alors que EDF est soi-disant au bord de la faillite, ne peut évidemment pas durer bien longtemps.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, le tarif public est tellement bas que personne ne songe spontanément à investir dans les renouvelables, sinon
sous l’aspect « effet d’aubaine », réel ou imaginaire, et pas du tout comme un moyen d’échapper à une pénurie ou un rationnement, qui ne sont considérés pour l’instant que comme des éventualités jugées improbables et qui n’inquiètent qu’une poignée de soi-disant paranoïaques.
L’électricité produite à partir des renouvelables est alors un « produit artisanal » de luxe, vendu au gestionnaire de réseau au-dessus du prix de marché par faveur spéciale de l’Etat, sans que personne ne se pose la question de savoir qui paie la différence…
Il ne s’agit pas là d’une démarche de recherche de l’autosuffisance, mais plutôt de l’exploitation d’un filon passager.
Les seuls paramètres importants sont alors le coût de l’investissement et le prix de vente du produit, ici des KWh.
Même si un peu d’autoconsommation est pratiquée à l’occasion, la démarche reste commerciale.
Les seuls vrais bénéficiaires sont les chinois, comme d’habitude.
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L’indépendance énergétique, c’est autre chose.
Au fait, c’est quoi ?
Acquérir une certaine indépendance domestique vis-à-vis du réseau électrique et de ses contraintes et obligations est une chose. Quelques panneaux PV sur le toit suffisent à en donner l’illusion.
Cependant, rares sont les consommateurs qui vont jusqu’à couper le cordon ombilical avec EDF. Dès que le Soleil se couche, on est content de retrouver son compteur bleu.
Mais, de la petite production électrique jusqu’à l’indépendance énergétique, la route est longue et la pente est raide, comme dirait l’autre.
L’électricité n’est pas le seul « Fil à la patte » que le consommateur doit supporter.
Le Gaz naturel ou le fioul pour la chaudière, l’essence ou le gazole pour la voiture, sont des denrées tout aussi sensibles que l’électricité, même si celle-ci tient le devant de la scène.
Même le bois-énergie doit être distribué à travers un réseau, et sous sa forme de granulés il n’est pas à l’abri d’une pénurie ou d’une flambée des prix.
L’indépendance énergétique totale est donc probablement un mythe.
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Par contre, il n’est pas absurde de chercher à tirer parti des possibilités technologiques actuelles pour se donner, à l’échelon individuel, quelques moyens de production permettant d’amortir le choc d’une crise énergétique.
L’équation est simple:
Le progrès technique met aujourd’hui à la disposition du particulier les moyens de produire de l’électricité solaire et/ou éolienne, et de la chaleur solaire, en quantités largement suffisantes pour les besoins domestiques, y compris une voiture électrique.
Mais, cette production est intermittente et parfois sporadique, et ce même progrès technique ne permet pas (encore) de stocker cette électricité ou cette chaleur, pour en disposer indépendamment de l’ensoleillement ou de la force du vent.
Il n’est donc pas suffisant de couvrir sa toiture de panneaux solaires photovoltaïques, éventuellement thermiques ou hybrides, il faut également définir une stratégie pour pallier l’intermittence de cette production capricieuse par nature.
Une installation solaire ou éolienne est toujours associée à un « petit » dispositif de stockage de l’électricité produite (Une batterie de quelques KWh), et de chaleur (Réservoir d’eau chaude calorifugé), qui permet de disposer d’une petite réserve d’énergie de quelques jours et de lisser quelque peu la production, notamment la nuit.
Passé ce petit délai de grâce, il faut trouver l’énergie ailleurs que sur le toit si le vent tombe et si l’ensoleillement faiblit.
Il reste donc à résoudre deux problèmes:
- D’une part trouver de l’énergie lorsque le Soleil et le vent font défaut pour des périodes parfois longues.
- D’autre part valoriser si possible l’énergie excédentaire.
Ces deux problèmes sont techniquement résolus lorsque l’installation reste connectée au réseau ERDF avec un contrat qui prévoit le soutirage et l’injection.
Mais dans ce cas la notion d’indépendance énergétique est mise à mal.
En effet, si le particulier trouve bien pratique d’utiliser le réseau pour réguler sa propre production, il faut bien comprendre que ERDF exigera en contre partie le même service de la part du particulier. Il faudra accepter un certain contrôle des modes de soutirage/injection, et des délestages ciblés.
Ce n’est plus tout à fait de l’indépendance énergétique…
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Pour préparer le déploiement de ces applications, une nouvelle norme (expérimentale) : XP C15 - 712 - 3 sortie en Février 2016 fixe un cadre pour « les installations photovoltaïques avec dispositif de stockage et raccordées à un réseau de distribution ».
Elle complète les normes déjà existantes:
UTE C15-712-1 Sur les installations photovoltaïques sans stockage et raccordées au réseau.
UTE C15- 712- 2 Sur les installations photovoltaïques avec stockage non raccordées au réseau.

Le nouveau compteur communicant Linky est, entre autres, prévu pour gérer les contrats de soutirage/injection avec les clients disposant de capacités de stockage significatives et acceptant d’en mettre une partie à disposition du réseau sous certaines conditions contractuelles.

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On peut souhaiter augmenter son niveau d’indépendance énergétique en installant un moyen supplémentaire autonome de production qui peut être une chaudière à micro cogénération.
Pour que cette démarche reste écologique, dans la cohérence des panneaux solaires, il est souhaitable de choisir le bois énergie plutôt que le Gaz naturel.
Le bois est une ressource indépendante des conditions météo, renouvelable et à carbone recyclable, et il peut être stocké. La forêt française couvre 30% du territoire, ce qui garantit des approvisionnements suffisants.
Préparé sous forme de granulés il peut être utilisé dans des appareils automatiques modernes.
Trois tonnes de granulés de bois représentent une réserve énergétique de 15 MWh.

Une chaudière à bois avec générateur électrique peut fournir tous les besoins de chaleur de la saison hivernale, y compris l’ECS, et une puissance électrique continue d’environ 500 W, soit 12 KWh par période de 24 H, ce qui convient pour les applications électriques spécifiques et même au-delà.
Une batterie tampon de quelques KWh permet de fournir la puissance de pointe nécessaire pour alimenter le gros électroménager.
Durant la saison estivale, l’ECS est fournie par des panneaux solaires thermiques, et l’électricité spécifique est fournie par des panneaux photovoltaïques.
Cette électricité est stockée dans la batterie tampon évoquée ci-dessus.
L’excédent électrique peut servir à chauffer une piscine, ou être stocké sous forme d’eau chaude dans une citerne calorifugée de quelques mètres cubes, ou encore revendue au gestionnaire de réseau.
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Les moyens technologiques à mettre en œuvre pour obtenir un bon niveau d’autosuffisance énergétique existent donc dès aujourd’hui à la portée du particulier ou de la petite collectivité.
Certes, le coût de production de l’énergie ainsi obtenue ne prétend pas être inférieur au coût actuel du réseau ERDF. Mais l’objectif principal, l’autosuffisance, est réalisable.
Cependant ce coût peut devenir compétitif dans l’hypothèse (très vraisemblable) d’une augmentation significative du prix de l’énergie de réseau. On parle d’un triplement du prix actuel à l’horizon 2025.
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