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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 16:49

5 Février 2016
Tesla a incontestablement frappé un grand coup.
Sortir un "Supercar" électrique, et réussir à l'imposer sur un marché à priori bien verrouillé par quelques marques prestigieuses, cela dénote une très fine connaissance des motivations, des attentes et des exigences d'une clientèle peu disposée à accepter la médiocrité.
Les commentaires dithyrambiques de la presse spécialisée ou généraliste confirment que la démarche a frappé les esprits.
Il est vrai que cette voiture présente dans son jeu quatre atouts qui ont tout pour susciter l'enthousiasme:
Puissance de 700 CV (515 KW),
Vitesse de 250 km/h,
Autonomie de 500 km,
Accélérations 3,3 secondes de 0 à 100 km/h (modèle P 85 D).
De quoi flatter l'égo le plus pointilleux, et pour le prix "raisonnable" de 100 000 euros environ (Bonus déduit, car il y a bonus).
Les divers essais confirment que "le ramage se rapporte au plumage", et que cette voiture est bien le phœnix de la route. Les performances sont au rendez-vous, et même au-delà.
Au point que l'on a pu croire au miracle: Une pareille débauche de performances alliée à une autonomie quatre fois supérieure à celle des autres électriques du marché, on nous aurait donc caché une découverte majeure ?
Mais non, tout est normal.
La puissance, la vitesse, les accélérations, sont bien là. L'autonomie aussi.
Mais pas ensemble.
Si l'heureux propriétaire d'une Tesla P85D est autorisé à procéder à un essai de son bolide sur un circuit fermé ( Il n'existe aucun autre endroit dans le monde civilisé où une vitesse supérieure à 130 km/h est permise) il pourra jouir de sensations peu communes, mais seulement sur quelques dizaines de kilomètres, c'est ce que lui permet sa batterie de 85 KWh.
En effet, la capacité effective de cette batterie est de 77 KWh (Elle ne doit JAMAIS être vidée complètement). Une telle capacité permet donc d'alimenter un moteur de 500 KW pendant 554 secondes (petite règle de trois), ce qui correspond à 30 km environ à une moyenne de 200 km/h.
Soit un peu plus de deux tours du circuit des 24h du Mans, et sans battre le record du tour, qui est de 249 km/h environ (Team Porsche, en 2015).
Par contre, si notre homme souhaite se déplacer "normalement" sur une longue distance, il empruntera une autoroute à 130 km/h et verra son autonomie considérablement augmentée. Il lui faudra cependant modérer sa façon de conduire car la Tesla P85D pèse 2,6 tonnes avec quatre personnes à bord, et les accélérations consomment beaucoup d'énergie malgré la récupération. Dans ces conditions il pourra espérer parcourir 350 km avant le signal de panne sèche.
Les 500 km annoncés dans la brochure correspondent aux conditions du cycle NEDC et sont donc fantaisistes. Rappelons que ce cycle vient d'être abandonné et remplacé par le cycle WLTP plus représentatif de la conduite normale.
En conclusion, la Tesla nous enseigne que si nous remplaçons la batterie de 22 KWh de la ZOE par une autre de 85 KWh, son autonomie sur autoroute passera de 110 km à 350 km voire plus.
Où est le miracle ?
Reconnaissons cependant à Tesla le mérite d'avoir réalisé l'exercice sur une voiture de série, qui constitue un formidable banc d'essai.
Il paraît que Renault projette pour 2017 d'équiper la ZOE d'une nouvelle batterie de 48 KWh fabriquée par LG Chem.
Effet Tesla ?
Tesla a donc peut-être lancé la course à la capacité des batteries. Dans ce cas il faudra revoir le cahier des charges des bornes de charge rapide.
Pour charger à 80% en 30 minutes une batterie de 48 KWh, il faut une puissance de 80 KW et non 43 KW comme prévu aujourd'hui.
Tesla a donc eu raison de prendre les devants avec ses bornes de 135 KW.
Toujours la course à l'échalote…

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