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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 10:04

30 Janvier 2016

La citadelle pétrole est assiégée. Sous la bannière de la ligue contre le CO2 sont regroupées des cohortes qui se sont donné mission de remplacer la sainte huile par des produits plus conformes aux canons modernes de l’orthodoxie énergétique.

Mais, à l’instar des casques bleus dont les troupes ne parlent pas toutes la même langue, les modernes croisés arrivent en ordre dispersé et avec des armements disparates, en sorte que la lecture d’une stratégie commune apparaît problématique.

La décision d’attaquer le bastion « Automobile » , qui porte haut le pavillon du pétrole et compte bien se défendre, a fédéré divers bataillons forts compétents mais dont les propositions ne convergent pas vers une tactique commune.

En l’occurrence, voici quelques-unes des « machines de guerre » proposées pour remplacer le pétrole dans nos voitures:

- Remplacer purement et simplement le super et le gazole par des biocarburants liquides.

- Idem, mais avec du Biogaz.

- Utiliser des moteurs électriques, l'électricité étant fournie par (au choix):

- Des batteries.

- Des supercondensateurs.

Les deux types étant rechargés au choix par des bornes disposées le long des voies et au domicile, par un système "au fil de l'eau" à induction noyé dans la chaussée, ou par échange de batterie.

- Des piles à Hydrogène.

L'Hydrogène étant obtenu à partir de l'électrolyse de l'eau grâce à l'électricité éolienne ou photovoltaïque.

- Des piles à solutions ioniques liquides.

- Utiliser en association un moteur électrique et un moteur thermique.

- Utiliser l'air comprimé.

- Etc.

Chacune des ces solutions ayant un certain degré de crédibilité.

Mais leur extrême diversité, qui fait leur richesse, ne permet pas aujourd'hui de faire un choix autre que de circonstance.

Ces différentes technologies sont nouvelles, donc en phase d'évolution rapide, que l'on peut même qualifier d'explosive.

Tous les mois on nous annonce un progrès "décisif" dans les batteries, une avancée marquante dans les piles à combustible, une percée "imminente" de la filière Hydrogène, ou une nouvelle méthode de production d'Algocarburants.

Et que dire des autres technologies, encore inconnues, qui arriveront sur le marché et rendront caduques des choix que l'on croyait définitifs deux ans plus tôt.

Il faut cinq ans pour développer un nouveau modèle de voiture, qui sera obsolète à peine mis sur le marché, compte tenu des progrès réalisés entre-temps dans les domaines de l'électrotechnique, de l'électrochimie des batteries et des piles à combustibles, ou du stockage solide de l'Hydrogène.

Cette richesse technologique prometteuse est également source d'incertitude. Impossible de dire aujourd'hui si la voiture de demain fonctionnera à l'électricité, au gaz, aux Algocarburants, ou à tout autre produit non encore identifié.

Les voitures de demain auront donc des motorisations variées et utiliseront des sources d'énergie diverses: Electricité, Biocarburants de seconde génération, Algocarburants, Hydrogène, Biogaz, qui seront eux-mêmes distribués sous des formes variables selon la puissance (pour l'électricité), ou la pression ( pour l'Hydrogène), ce qui ne manquera pas d'entraîner une certaine confusion pour les usagers.

Il est probable que toutes ces solutions cohabiteront dans un joyeux désordre plus ou moins organisé, il faudra bien prendre l'énergie là ou elle est lorsque la monoculture pétrolière aura disparu.

( Quelle est la source d'énergie renouvelable qui pourra remplacer à elle seule les 29 Milliards de litres/an de super et de gazole de nos voitures ?).

Il faudra probablement attendre deux ou trois décennies pour atteindre une sorte de maturité technologique, sans qu'on puisse dire aujourd'hui à quoi ressemblera la bagnole de 2 050.

D'ici là, l'achat d'une voiture neuve deviendra un placement à risque. Déjà aujourd'hui la valeur de revente d'un véhicule chute fortement au-delà de cinq ans; qu'en sera-t-il quand, en plus, il faudra trouver un acheteur pour un objet dont les performances seront dépassées par l'évolution technologique ?

En attendant, et face à ce foisonnement de solutions en danger permanent d'obsolescence, peut-être l'usager aura-t-il intérêt à choisir la location plutôt que l'achat-investissement.

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