Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 18:54

28 Novembre 2015

Les retombées de l’affaire Volkswagen n’en finissent pas de nous révéler les combines et les artifices auxquels les constructeurs et le lobby pétrolier ont recours pour continuer à nous vendre des automobiles prétendument conformes aux normes européennes anti-pollution.

Les diesels font figure d’accusés mais les modèles à essence ne sont pas innocents.

Les contorsions auxquelles se livrent les constructeurs pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes sont pathétiques car elles sont manifestement un combat d’arrière-garde.

La norme Euro 6c est le coup de grâce asséné à une technologie qui a atteint ses limites dès lors qu’elle est confrontée à des exigences environnementales de plus en plus sévères, assorties de procédures d’homologation enfin réalistes, que la réglementation ne permettra pas de contourner par des « dispositifs de manipulation » mal intentionnés.

A nous de veiller à ce qu’il en soit bien ainsi …

Contrairement à ce que l’on a pu croire un moment, nos moteurs à pétrole ne sont donc pas menacés par une pénurie de la sainte huile, mais plutôt par les impératifs de protection de l’environnement et de la santé publique. Les constructeurs sont au pied du mur, il va leur falloir sérieusement songer à un ou des carburants de remplacement.

Les biocarburants ne sont pas à priori à l’abri des émissions polluantes. Voir à ce sujet la thèse de Anne-Flore Cosseron:

« Evaluation et traitement des polluants émis par un moteur thermique fonctionnant avec des biocarburants. »

Université de Haute Alsace - Mulhouse, 2012. <NNT : 2012MULH4077>.

Il vaut donc mieux chercher autre chose.

L’électricité semble le vecteur énergétique idéal puisqu’un moteur électrique n’émet aucun gaz d’échappement et donc aucune pollution atmosphérique. Mais deux problèmes se posent car en effet on a le vecteur, mais comment est-il lancé ?

- Comment produire cette électricité sans recréer une pollution ?

- Comment la stocker pour assurer au véhicule une autonomie suffisante ?

Aujourd’hui la production « propre » d’électricité est acquise grâce à l’éolien, au solaire, à l’hydraulique et à la biomasse. Certains ajouterons le nucléaire, avec les réserves d’usage.

Mais le stockage pour les applications mobiles reste un problème seulement partiellement résolu par la batterie Lithium-ion, ou par la pile à Hydrogène.

Les batteries actuelles n’offrent qu’une autonomie réduite, voire très réduite, et le réseau de rechargement rapide est inexistant.

La pile à Hydrogène est encore une technologie débutante, et la production d’Hydrogène « propre » confidentielle, de même que le réseau de distribution associé.

La voiture électrique n’est donc pas en état de remplacer rapidement et facilement les modèles à essence ou au gazole.

Entre les carburants pétroliers ( essence et gazole) condamnés à court terme par Euro 6c, et l’électricité irréprochable mais pas encore vraiment utilisable pratiquement, il existe heureusement une solution intermédiaire qui devrait pouvoir assurer la transition pour les dix ou vingt prochaines années, c’est le GNV ( Gaz Naturel pour Véhicules), encore appelé GNC (Gaz Naturel Comprimé) et GNL ( Gaz naturel Liquéfié).

L’intérêt pour cette filière n’est évidemment pas nouveau, on pourra lire à ce sujet le document suivant:

Rapport n° 125 (2005-2006) de MM. Christian CABAL, député et Claude GATIGNOL, député, fait au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, déposé le 14 décembre 2005.

Jusqu’à aujourd’hui le GNV s’est surtout répandu dans les véhicules de transport en commun, les flottes d’entreprises, les véhicules de sociétés. Son extension aux véhicules particuliers n’était pas envisagée alors, eu égard aux « progrès » affichés par les petits moteurs diesel.

Maintenant qu’on a vu en quoi consistent les fameux « progrès », il est clair que le contexte a changé et que le GNV devient un substitut très sérieux du pétrole, même pour les petites voitures.

Précisons que le GNV n’est pas du GPL. Le GPL ( Gaz de Pétrole Liquéfié) est un mélange de Butane et de Propane, avec les inconvénients connus qui ont entraîné son bannissement des parkings souterrains. Oublions-le.

Le GNV est du méthane, celui-là même qui est distribué sur le réseau domestique, et qui est également produit par méthanisation des déchets et de la biomasse.

Le Méthane ( CH4 ) est plus léger que l’air, et donc ne s’accumule pas dans les parties basses en cas de fuite; pour cette raison un véhicule GNV est admis en parking souterrain, contrairement au GPL. Il est stocké à une pression de 200 Bar dans des bouteilles placées sous le plancher du véhicule.

La combustion du CH4 dégage du CO2 et de l’eau. A puissance égale sa combustion dégage moins de CO2 que l’essence (environ - 25%), et un peu moins que le gazole.

Les dégagements de CO, de NOx et de particules fines sont également très inférieurs à ceux des carburants pétroliers ( - 80% ).

Les modifications a apporter au moteur sont minimes, il existe des kits de conversion.

Du point de vue énergétique le Méthane offre un PCI de 50 000 KJ/ Kg, ce qui correspond à 2,77 KWh/Kg.

Une mole de CH4 pèse 16 g et occupe un volume de 24 L @ 20°C et pression de une atmosphère. 1 Kg de CH4 occupe donc un volume de 1 500 L /CNTP ( Conditions Normales de Température et de Pression).

A une pression de 200 Kg ce volume n’est plus que de 7,5 L , ce qui permet de placer 13,3 Kg de Méthane dans une bouteille de 100L, représentant une énergie de près de 37 KWh, soit l’équivalent d’une grosse batterie Lithium-ion.

Compte tenu du rendement du moteur thermique, inférieur à celui d’un moteur électrique, l’autonomie sera de l’ordre de 200 Km.

Un grand nombre de véhicules fonctionnent déjà au GNV, la très grande majorité est constituée de véhicules professionnels de flottes d’entreprises équipés de stations de remplissage dont certaines sont ouvertes au public.

Cette solution souffre donc du même « défaut » que la voiture électrique. Sauf que, dans le cas du Méthane, il est aisé de prévoir un second réservoir qui contient de l’essence pour prolonger l’autonomie de plusieurs centaines de kilomètres, avec le même moteur. ( L’hybride électrique nécessite deux moteurs et un système de couplage compliqué ).

Le remplacement des carburants pétroliers par du GNV n’est donc pas un problème technologique, c’est un problème de stratégie industrielle, énergétique, et fiscale.

La Commission Européenne manifeste une certaine volonté de promouvoir le GNV:

« En Europe, le développement de la filière devrait s’intensifier grâce à la directive européenne AFI qui contraint chaque état membre à définir un plan d’actions précis sur leurs projets de déploiement de stations GNV. Afin d’assurer un maillage correct du territoire, les ambitions européennes tablent sur une station GNC tous les 150 km et une station GNL tous les 400 km. De quoi rassurer les utilisateurs sur les possibilités de ravitaillement et permettre un bon essor de la filière. » ( Extrait de gaz-mobilite.fr )

L’Europe compte 1,2 Millions de véhicules au GNV, dont 900 000 en Italie, 100 000 en Allemagne, et 13 000 en France.

Si la voiture électrique bénéficie d’une possibilité de recharge à domicile, il n’en est pas de même pour la voiture au GNV, du moins en France. En effet, l’arrêté du 2 Août 1977 limite à 4 bar la pression pour une installation domestique située au domicile ou dans une dépendance, même située à l’extérieur, dès lors qu’elle est branchée après la vanne de coupure générale ( après le compteur). Il n’est donc pas question de gonfler un réservoir de gaz à 200 Kg dans son garage.

Une dérogation, obtenue en 2006, avait cependant permis à GDF de réaliser une expérimentation en vraie grandeur d’un système de remplissage à domicile pour les particuliers possesseurs d’un véhicule au GNV. Malgré des résultats très satisfaisants l’expérience a été interrompue et la dérogation non renouvelée.

Les malheureux particuliers qui avaient investi dans un véhicule au GNV se sont vus privés de leur mini station de remplissage. Ceux-là au moins ne sont pas prêts à renouveler ce genre d’expérience.

Certains y ont vu un missile tiré par le lobby pétrolier. Chacun se fera son opinion…

Aujourd’hui, vu la rareté des stations de remplissage GNV ouvertes au public, et vu l’arrêté du 2 Août 1977, le développement en France du véhicule particulier fonctionnant au GNV se trouve bloqué.

Mais, rassurez-vous, le pétrole est toujours en vente au coin de la rue….

Vous avez dit COP 21 ?

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de doc zaius
  • : Suivi des problèmes environnementaux du moment. Analyses techniques . Comptes rendus avancements projets.
  • Contact

Recherche

Liens