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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 16:14

20 Septembre 2015.

Comme prévu, la désormais imminente COP 21 n'a pas manqué de déclencher un branle-bas au sein des équipes gouvernementales intéressées de près ou de loin à la lutte contre le CO2 et la pollution, et/ou impliquées dans la définition et la mise en œuvre de la transition énergétique.

Sa qualité de puissance invitante fait à la France obligation de donner l'exemple et donc de présenter un état des lieux et un plan d'action crédible et à la hauteur de l'enjeu, il s'agit tout de même de sauver la Planète.

L'exercice sera délicat, eu égard à notre retard dans la mise en œuvre des énergies renouvelables.

Une électricité nucléarisée à 75% n'est pas précisément une réalisation aisément vendable comme un progrès vertueux, sauf à glisser Tchernobyl et Fukushima sous le tapis et regarder ailleurs quand on parle de stockage des déchets et de risques de dissémination…

Ce n'est pas non plus une hydraulique performante mais vieillissante et dont la production plafonne faute d'espace disponible, qui peut faire de nous des champions de l'énergie propre.

Le Solaire peine à faire son trou, englué dans une règlementation absconse et pris dans un modèle économique basé sur l'effet d'aubaine et de plus offrant une grande vulnérabilité à la concurrence asiatique.

Quant à l'exploitation de notre littoral, vanté comme privilégié pour l'éolien, on n'y trouve encore pas une seule éolienne offshore opérationnelle.

Difficile donc, avec un tel bilan, de faire une forte impression sur des participants à qui l'on pense demander des engagements concrets éventuellement contraignants sur des projets que nous-mêmes ne sommes pas capables de soutenir.

Le fer de lance de notre transition énergétique reste alors pour le moment l’engagement de réduire à 50% la part de l'électronucléaire dans notre production nationale d'électricité ( in « Loi sur la transition énergétique et pour la croissance verte » signée le 18 Août 2015).

Mais dans le même temps ce même Gouvernement décide de maintenir la puissance électronucléaire à sa valeur actuelle de 63,2 GW.

Je ne voudrais pas être à la place du porte-parole chargé de démontrer à l’assemblée de la COP21 que ces deux propositions, à l’évidence parfaitement contradictoires, sont en fait cohérentes et témoignent de la volonté de la France d’aller vers les énergies renouvelables décarbonées.

Certes, du strict point de vue du réchauffement climatique, donc des émissions de CO2, l’électronucléaire se présente comme monsieur propre. Quant à son caractère renouvelable, il est soutenu par les tenants de la surgénération. Reste à considérer les points de vue de la sécurité et de la protection de l’environnement et de la biodiversité, domaines qu’il sera très difficile de glisser sous le tapis. Le stockage long terme des déchets HALV et les risques de dissémination sont des pierres d’achoppement qui seront difficiles à contourner.

Le programme électronucléaire de la France, que l’on peut résumer par la formule lapidaire « Business as usual », ne soulèvera peut-être pas l’enthousiasme espéré.

Nous avons hâte de connaître la méthode qui sera employée par nos représentants pour convaincre l’assemblée de la pureté de nos mœurs énergétiques…

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