Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 11:41

15 Avril 2014

Ce fut d’abord une rumeur, vite écrasée sous les sarcasmes de ceux à qui « on ne la fait pas ». Vous savez, les mêmes qui affirmaient avec James Ussher que la Terre avait été créée le 23 Octobre 4004 avant JC, et plus tard que les plus lourds que l’air ne voleraient jamais, ou que les météorites ne pouvaient pas tomber du ciel car il est « bien connu » qu’il n’y a pas de pierres dans le ciel.

C’est ainsi que fut établi le dogme de l’origine exclusivement biotique des hydrocarbures, avec comme conséquence l’excommunication de tout scientifique qui oserait ne serait-ce qu’évoquer la possibilité d’une origine abiotique.

Biotique ou abiotique, la belle affaire, on pourrait croire qu’il s’agit d’une querelle byzantine ou d’une controverse sur le sexe des anges; en fait si, la différence est primordiale.

Les hydrocarbures biotiques, plus connus sous le nom de combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), sont un stock limité d’énergie solaire emmagasinée dans le sous-sol en des temps reculés. Ce stock n’est pas renouvelable, son épuisement prochain est certain; la seule incertitude réside dans la date de l’échéance, estimée à moins d’un siècle selon le produit, l’évolution de la consommation mondiale, et l’institut de prévision…

L’inéluctabilité de la pénurie crée la nécessité de chercher des solutions de remplacement et, par la même occasion, des solutions non émettrices de CO2. Il s’agit en fait de revenir à l’énergie solaire, mais utilisée autrement qu’avec les résidus carbonés issus de la fossilisation des matières organiques anciennes. Il s’agit alors d’exploiter les vents, le rayonnement solaire, la biomasse, l’hydraulique, qui sont les manifestations actuelles de l’énergie solaire. Ce sont par définition des énergies durables, dont nous devrons nous contenter dans l’avenir.

La transition énergétique consiste précisément à basculer des énergies fossiles vers ces énergies propres et renouvelables.

La découverte de produits énergétiques abiotiques, issus de l’intérieur de la Terre et produits selon un processus continu, changerait complètement la donne énergétique pour peu qu’ils soient disponibles en quantité suffisante.

Production continue signifie en effet réserve inépuisable, la fête pourrait continuer.

La « rumeur » dont nous parlions plus haut reposait sur la possibilité, d’abord théorique, d’obtenir de l’Hydrogène, puis des hydrocarbures simple comme le Méthane, puis plus complexes comme les pétroles, à partir de différents minéraux de la croute terrestre et dans des conditions de température et de pression particulières. ( les réactions chimiques sont abondamment décrites dans la littérature).

Cette théorie a reçu confirmation au cours des campagnes de mesures le long des dorsales océaniques, puis en différents endroits sur les continents. Aujourd’hui la présence d’émanations de gaz énergétiques d’origine abiotique en de nombreux endroits du Globe ne fait plus débat.

Les sites « producteurs » sont répertoriés et les sites potentiels sont en cours d’exploration.

Les acteurs de l’énergie, en liaison avec les grands laboratoires de physique du Globe, ont entrepris de caractériser ces nouvelles sources d’énergie afin d’en déterminer l’importance, d’imaginer les procédés de captage, et d’évaluer son potentiel économique.

L’Institut Français du Pétrole ( Ifp-Energies nouvelles) est l’un des acteurs principaux de cette phase exploratoire qui a d’abord porté sur les émanations des dorsales océaniques. Plus récemment les travaux ont concerné les sources terrestres plus facilement accessibles.

Les gaz émis par ces sources sont un mélange en proportions variables de Méthane abiotique, d’Hydrogène, et d’Azote, avec un pourcentage intéressant d’Hélium. (Intéressant car l’hélium est un gaz rare dont la production est onéreuse).

L’Hydrogène est évidemment le produit recherché en raison de ses multiples qualités: Aujourd’hui l’Industrie consomme une grande quantité d’Hydrogène pour le secteur de la chimie. Ce gaz doit être fabriqué en dépensant une énergie importante. C’est un vecteur d’énergie et non une source. Il n’est donc pas question de l’utiliser pour faire marcher des moteurs en remplacement du pétrole.

La voiture à Hydrogène dont on parle beaucoup fonctionnera avec l’Hydrogène obtenu par l’électrolyse de l’eau grâce à l’électricité produite par l’éolien et/ou le solaire. Aujourd’hui la voiture électrique fonctionne en France avec de l’électricité nucléaire, ce qui représente un extraordinaire accouplement contre nature entre une application écologique et une énergie par définition anti-écologique.

Mais si demain l’Hydrogène devient disponible à l’état naturel et produit en continu dans le sous-sol, il constituera une nouvelle source pouvant être utilisée directement sans faire appel aux énergies fossiles.

L’hydrogène est par ailleurs (!) une source d’énergie propre, sa combustion ne dégage que de la vapeur d’eau.

Les prochains travaux portent sur le recensement des sites producteurs d’Hydrogène naturel, sur les mesures de débits et leur évolution dans le temps, sur les méthodes de captation et de transport.

En cas de confirmation ( dans dix ou vingt ans ?) l’intérêt de la filière Hydrogène se trouverait fortement renforcé avec l’appoint de cette nouvelle source d’énergie renouvelable et propre, qui viendrait s’ajouter à l’énergie solaire à laquelle on ne pourra pas demander plus qu’elle ne peut fournir.

Référence:

http://www.ifp-school.com/upload/docs/application/pdf/2014-12/presentation-e-deville-12mai2014.pdf

Partager cet article

Repost 0

commentaires