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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 19:12

4 Mars 2015

La transition énergétique est le fil rouge de l’actuel quinquennat.

Comme dans une « Via ferrata », c’est la main courante qui doit servir de guide et de tuteur à tout programme énergétique concret. ( Nous ne parlons pas des programmes énergétiques électoraux qui ont pour seul but la séduction des gogos).

Notre « Via ferrata », c’est cette fameuse « Loi sur la transition énergétique pour une croissance verte » sans laquelle rien de sérieux ne peut être entrepris.

Un projet de Loi a été adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale le 14 Octobre 2014. Le texte a été transmis au Sénat qui l’a adopté le 3 Mars 2015 après certaines modifications.

Concernant la politique nucléaire, ces modifications portent sur deux points:

- Suppression de la date butoir de 2025 pour la réduction à 50% de la part du Nucléaire dans le mix électrique. L’échéance est reportée « à terme » c’est-à-dire sine-die.

- Augmentation de la puissance max du parc nucléaire, la limite passe de 63,2 GW à 64,85 GW.

Le premier amendement tient compte de l’impossibilité d’arrêter vingt réacteurs d’ici 2025, sans s’être au préalable assuré des moyens de production de remplacement.

Le second amendement doit permettre la mise en service de l’EPR de Flamanville en 2017 (1650 MW) sans avoir à arrêter dans le même temps deux réacteurs du parc actuel.

Ces amendements doivent être examinés en CMP ( Commission Mixte Paritaire) dont la première réunion est prévue le 10 Mars. En cas de désaccord l’Assemblée Nationale aura le dernier mot.

Ces amendements proposés par le Sénat mettent le doigt sur le cœur du problème, qui est la politique nucléaire, pierre angulaire de la politique énergétique. Un compromis crédible devra être trouvé avant l’ouverture de la 21è Conférence sur le climat, prévue à Paris en Décembre 2015, la France étant le pays organisateur. 195 pays participeront.

Chaque pays devra présenter son programme national de préservation du climat, la France ayant la volonté d’être exemplaire et donc de montrer une cohérence sans faille dans sa propre stratégie.

La réduction des émissions de CO2 est le facteur clé dans la lutte contre le réchauffement. Une réduction de la production électronucléaire actée avant de disposer d’une production de remplacement à partir d’énergies renouvelables rendrait obligatoire le recours à une production de relève basée sur les énergies fossiles, fortement génératrices de CO2.

Programme tout à fait inacceptable dans le cadre d’une conférence dont l’objectif est précisément de réduire les émissions de CO2! On ne voit pas très bien comment le Président pourrait convaincre ses pairs que la meilleure façon de réduire les émissions de CO2 est de remplacer des centrales nucléaires par des centrales thermiques !!!

Même la meilleure et la plus sexy des actrices à la mode ne pourrait pas faire avaler une telle couleuvre à un auditoire, fut-il affaibli par un bon déjeuner.

L’électronucléaire constitue donc une patate chaude qu’il sera bien difficile de neutraliser.

Le conserver, c’est accepter le risque d’un accident nucléaire aux conséquences incalculables.

En sortir à court terme, c’est s’obliger à recourir aux énergies fossiles en attendant que les énergies renouvelables soient prêtes à assurer la relève.

Le chemin vers un compromis acceptable sera semé d’embûches tant sont rigides les positions des deux camps. Et de plus ce compromis devra rester cohérent avec les positions officielles défendues par le Gouvernement à la 21è conférence sur le climat.

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commentaires

electricien paris 09/03/2015 06:40

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement